Pourquoi la coqueluche du cinéma s’est pris un râteau
C’est une sacrée douche froide pour Timothée Chalamet. Marty Supreme, film pour lequel il officiait à la fois comme acteur et producteur, cumulait pas moins de neuf nominations, dont celle du meilleur acteur. Deux occasions pour lui de remporter la statuette dorée. Mais l’Académie des Oscars en a décidé autrement: Marty Supreme s’est fait snober au profit de Sinners et de Une bataille après l’autre.
Favori depuis janvier pour l’Oscar du meilleur acteur grâce à son rôle de joueur de ping-pong à l’ambition démesurée, l’acteur franco-américain a finalement été devancé: c’est Michael B. Jordan qui a remporté la précieuse statuette pour Sinners, où il incarne deux frères jumeaux.
L'opéra et le ballet n'y sont pour rien
Il y a une semaine, les réseaux sociaux se sont emballés autour d’un extrait de podcast enregistré en février dernier, dans lequel Timothée Chalamet confiait à son homologue Matthew McConaughey qu’à ses yeux, l’opéra et le ballet sont «des trucs dont plus personne n’a rien à faire».
Dans les grandes institutions classiques, la remarque est mal passée: chacun y est allé de sa réponse et de son florilège de mèmes, certaines allant jusqu’à proposer des réductions sur des billets de spectacle avec le code «Chalamet». Plusieurs personnalités, comme la chanteuse Doja Cat ou l’actrice Jamie Lee Curtis, ont également fustigé le comédien de 30 ans pour son avis jugé puéril.
Pour beaucoup d’internautes, la polémique semblait devoir coûter son trophée à l’acteur. Mais les votes des membres de l’Académie des Oscars étaient déjà clos lorsque la tempête médiatique a éclaté autour de Timothée Chalamet.
Un célèbre mème montrant la chute d’un homme qui s’était introduit au Festival de Cannes 2011 pour réaliser une cascade, avant d’être arrêté par la sécurité, a d’ailleurs refait surface sur les réseaux sociaux pour se moquer de l’acteur, en l'associant à lui.
Anatomie d'une chute:
BREAKING: Timothée Chalamet falls down stairs on #Oscar Red Carpet https://t.co/cO03e9Szko pic.twitter.com/qFAXcOhdPM
— luca (@_lucasimeone) March 15, 2026
Cette polémique aura également alimenté les moqueries durant la cérémonie. L’animateur Conan O’Brien ne s’en est d’ailleurs pas privé lors de son discours d’ouverture.
Les paris étaient simplement faussés
Coqueluche de toute une génération qui l’a vu éclore dans Interstellar (2014) de Christopher Nolan, Timothée Chalamet s’est forgé en une décennie une filmographie solide. Une trajectoire qui lui a valu deux nominations aux Oscars: en 2017 pour Call Me by Your Name, puis en 2024 pour Un parfait inconnu. De quoi en faire un favori naturel pour la statuette.
Mais, comme dans les courses hippiques, le cheval sur lequel on mise le plus n’est pas toujours le meilleur. La victoire de l’acteur new-yorkais aux Golden Globes — qui récompensent le meilleur du cinéma et de la télévision américains — avait pourtant laissé penser qu’il ferait partie des favoris. Cette première cérémonie de «la saison des prix», souvent considérée comme un bon indicateur, l’avait propulsé en tête des pronostics.
Or, lors des BAFTA Film Awards, l’équivalent britannique des Oscars, Marty Supreme avait déjà été complètement oublié par les votants, malgré six nominations. C’est Une bataille après l’autre, de Paul Thomas Anderson, qui, lui, a raflé tous les prix, avant de s’imposer également aux Oscars.
Peut-être que le problème vient simplement de l’idéalisation dont Timothée Chalamet faisait l’objet, autant comme acteur que comme personnalité. À 30 ans, il est encore promis à une longue carrière. On ne peut que lui souhaiter de suivre l’exemple de Leonardo DiCaprio, qui n’a remporté son premier Oscar du meilleur acteur qu’à 41 ans, en 2016, lors de la 88e cérémonie, pour son rôle dans The Revenant, après quatre nominations infructueuses.
