Polémique raciste, grands gagnants: le récap des Bafta
Une bataille après l’autre du cinéaste américain Paul Thomas Anderson est sortie dimanche grande gagnante des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, avec six prix dont meilleur film et meilleur réalisateur. Le triomphe de cette tragicomédie sur la traque d’ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs, qui était nommée 14 fois, cimente son statut de favori aux Oscars, qui auront lieu le 15 mars à Los Angeles.
Interrogé lors d’une conférence de presse après sa victoire, Paul Thomas Anderson, dont le film fait écho aux récentes actions de la police de l’immigration (ICE) aux Etats-Unis, a souligné le besoin de «mener la révolution, sans violence si possible», et appelé les spectateurs à «garder espoir».
Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique I Swear. Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l’ambition insatiable dans Marty Supreme, grâce à son interprétation d’un jeune homme atteint du syndrome de Tourette, inspiré de l’Ecossais John Davidson, présent dans la salle.
L'incendie en question👇
calling michael b jordan and delroy lindo the n-word during black history month?! https://t.co/nNjdMPfmVX pic.twitter.com/UQ4I5Ow0Kg
— chu (@THEHORRORGOTH) February 22, 2026
Un extrait de la cérémonie, pendant lequel une insulte raciste, attribuée à John Davidson, est lancée aux acteurs de Sinners, Michael B. Jordan et Delroy Lindo, lorsqu’ils remettent un prix sur scène, est devenu viral dimanche soir sur les réseaux sociaux.
Sans se laisser perturber, les deux hommes ont poursuivi leur allocution. Le présentateur Alan Cumming a remercié le public pour sa compréhension, s’excusant si des spectateurs avaient été «offensés» par le «langage grossier» qu’ils avaient pu entendre, un phénomène qui «fait partie de la manière dont le syndrome de la Tourette se manifeste chez certaines personnes».
William et Kate
La soirée des Bafta est l’une des plus glamour du calendrier londonien, et Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Emma Stone, Timothée Chalamet ou Paul Mescal ont foulé le tapis rouge du centre culturel Southbank, sur les rives de la Tamise. Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l’interpellation d’Andrew, le frère du roi Charles III, dans l’affaire Epstein.
Il s’agissait de la première sortie officielle du prince depuis lors. Il a confié à des organisateurs de la soirée ne pas avoir vu le drame shakespearien Hamnet, qui concourait dans 11 catégories:
Ce drame-fiction de Chloé Zhao, qui explore le deuil du couple Shakespeare après la mort de leur fils, est reparti avec seulement deux récompenses: meilleur film britannique et meilleure actrice pour l’Irlandaise Jessie Buckley.
Cette actrice de 36 ans est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars. A la croisée des genres entre horreur, film sur le blues et drame d’époque, Sinners de l’Américain Ryan Coogler (Black Panther), qui a remporté un record de 16 nominations aux Oscars, repart lui avec trois récompenses.
L’actrice britannico-nigériane Wunmi Mosaku a remporté le prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film d’époque teinté de fantastique dans l’Amérique ségrégationniste des années 1930. «J’ai retrouvé une partie de moi-même en Annie, une partie de mes espoirs, de mon pouvoir ancestral et de mes liens, des aspects que je croyais avoir perdus (…) en tant qu’immigrante cherchant à m’intégrer», a déclaré l’interprète de 39 ans.
Depuis 2022, aucun acteur ou actrice britannique n’avait été sacré aux Bafta qui, depuis une réforme de son académie datant de 2020, fait élire ses gagnants par des votants au profil plus international. Un changement qui s’est ressenti sur le palmarès, là où des cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne valorisent davantage leur cinéma national.
Valeur sentimentale, le film de Joachim Trier sur la relation douloureuse d’un père cinéaste avec ses filles, a remporté le prix du meilleur film non anglophone, une première pour un Norvégien. Le plus célèbre des ours, Paddington, a lui aussi fait une apparition pour remettre la récompense du meilleur film pour les enfants et la famille, décrochée par l’Indien Boong.
Meilleur réalisateur: Paul Thomas Anderson, Une bataille après l'autre
Meilleure actrice: Jessie Buckley, Hamnet
Meilleur acteur: Robert Aramayo, I Swear
Meilleure actrice dans un second rôle: Wunmi Mosaku, Sinners
Meilleur acteur dans un second rôle: Sean Penn, Une bataille après l'autre
Meilleur film britannique: Hamnet
Meilleur film en langue non-anglaise: Valeur Sentimentale (Norvège)
Meilleur film d'animation: Zootopie 2
(mbr avec afp)
