Retrouver Steve Carell dans une série comique, c'est un grand oui
Dans le petit monde des séries, Bill Lawrence est un nom familier, notamment chez les fans de comédies. Passé maître dans l'art du rire et des bons sentiments, puisqu’on lui doit notamment le célèbre Ted Lasso, la cultissime Scrubs qui revient cette année sur Disney+, et l'excellente Shrinking, dont la troisième saison est actuellement en cours de diffusion chez Apple. L'homme jongle de plateforme en plateforme cette année, puisque sa nouvelle série Rooster sort le 9 mars sur HBO Max.
Il s'agit sans surprise d'une comédie dans laquelle on retrouve Steve Carell, 63 ans, qui, bien qu'il ait été révélé pour son rôle drôlissime dans The Office, n'a pas son pareil pour incarner des rôles à la fois drôles et touchants.
Steve Carell incarne Greg Russo, un auteur à succès divorcé qui accepte un poste de conférencier temporaire au sein de l'université où enseigne sa fille Katie (Charly Clive) afin de se rapprocher d'elle. Cette dernière, après avoir découvert que son mari, Archie (Phil Dunster), avait eu une aventure avec une étudiante, a mis le feu à sa maison située sur le campus et pourrait bien perdre son emploi.
Avec pour cadre le monde académique, Rooster explore les dynamiques relationnelles dysfonctionnelles, que ce soit à travers le lien de filiation entre un père maladroit et sa fille malchanceuse, ou lorsque les liens du mariage sont brisés. On retrouve donc la patte de Bill Lawrence, avec son sens du rythme et des répliques qui font mouche, dans un univers où l'émotion et les sentiments occupent une place importante.
À creuser dans les mécanismes de personnages dévastés, on pense évidemment à Shrinking, qui faisait de même avec son personnage de psychologue veuf en deuil, brisant les barrières éthiques de sa profession en disant à ses patients ce qu'il pensait complètement.
Au-delà des rapports humains et sentimentaux, Rooster explore également une thématique générationnelle, puisque Greg Russo, qui n'a jamais fait d'études et qui est un écrivain célèbre pour ses romans de plage destinés aux boomers, se voit confronté à ses lecteurs, dont les biais sont bien différents des siens.
La série aborde avec subtilité le concept de «wokisme», notamment lié aux débats sur l'inclusivité et la représentation, qui impactent la manière dont les jeunes générations perçoivent les œuvres jugées ringardes. Et la vie universitaire, Greg Russo va la découvrir comme un sexagénaire qui retourne à la fac, avec tout le décalage comique que cela implique.
À l'image d'un amphithéâtre universitaire, Rooster est une comédie un peu sage, dont l'humour subtil relève davantage du sourire que de l'hilarité. Elle reste néanmoins hautement recommandable, portée par un casting impeccable, avec des acteurs qui se démarquent particulièrement, à l'image de John C. McGinley, le célèbre Dr Cox de Scrubs, qui incarne ici un directeur d'université pas si éloigné de son rôle de médecin aigri.
Rooster est à savourer comme une comédie existentielle à la bienveillance communicative, parfaitement taillée pour Steve Carell, qui apporte à ce rôle le même embarras teinté d'innocence que son personnage de Michael Scott dans The Office.
La série «Rooster» à voir dès le 9 mars sur HBO Max. De nouveaux épisodes seront diffusés chaque semaine jusqu'au final, le 10 avril.
