La partie 2 de «Bridgerton» saison 4 vaut-elle le coup?
La série Netflix La Chronique des Bridgerton saison 4, suite et fin vaut-elle le coup? Long story short: oui… mais inutile d’annuler votre apéro du jeudi soir pour ça.
Après une première partie diffusée il y a quelques semaines, cette suite revient avec ses quatre derniers épisodes, disponibles dès le 26 février. Nous avons pu les voir en avant-première.
Cette deuxième salve relève-t-elle le niveau? Pas complètement. Mais elle se laisse regarder, avec ce mélange d’élégance, de drame et de romances contrariées qui a fait le succès de la série.
La bande-annonce:
Une suite plus dense… mais inégale
Bonne nouvelle: cette seconde moitié est globalement plus consistante que la première. Les intrigues avancent, certains personnages prennent (enfin...) un peu d’épaisseur et l’univers des Bridgerton continue de s’élargir. Mauvaise nouvelle: la structure reste un peu bancale.
L’intrigue centrale, qui repose sur une histoire d’amour contrariée entre deux personnages issus de milieux sociaux opposés, avance de manière assez irrégulière. Certains épisodes prennent leur temps, parfois franchement trop, tandis que d’autres enchaînent les révélations et les décisions à une vitesse qui peut laisser perplexe. Résultat? On peine parfois à croire pleinement à l’évolution de cette romance, pourtant censée porter cette saison.
C’est dommage, car sur le papier, le mélange de classes sociales et les obstacles imposés par les conventions auraient pu donner lieu à une tension romantique beaucoup plus captivante. Ici, la mécanique semble par moments tourner à vide, avant de s’emballer dans le dernier épisode, où on nous enchaîne les révélations, comme si les scénaristes avaient soudainement réalisé que «holy crap, il n’y a pas d’épisode 9, il faut tout balancer maintenant!».
Une saison qui suit son cours, sans surprendre
Contrairement aux deux premières saisons, qui avaient marqué les esprits par leur intensité romantique et leur côté bouillonnant, cette quatrième saison se révèle plus sage. Ni particulièrement plus sombre, ni plus sexy, ni franchement plus drôle. Elle déroule son récit avec application, sans gros pic émotionnel.
Quelques moments apportent toutefois davantage de gravité et de profondeur, notamment autour de certains personnages secondaires. Des passages plus dramatiques qui injectent un peu de matière et rappellent que l’univers des Bridgerton ne se limite pas qu’aux bals et aux déclarations enflammées, mais aussi aux drames. Des «histoires dans l’histoire» qui donnent aussi parfois l’impression de détourner l’attention de l’intrigue principale, au risque de déséquilibrer l’ensemble.
Côté personnages, la série continue d’explorer les dynamiques familiales et les questionnements déjà bien installés: désir d’indépendance, pression du mariage, seconde jeunesse inattendue pour certains adultes… Autant d’éléments familiers qui contribuent au charme de la saga, mais qui commencent aussi à donner un léger sentiment de répétition.
Plus social… mais toujours très caricatural
Cette quatrième saison met davantage en avant le personnel de maison et les rapports entre classes sociales, et la deuxième salve d’épisodes ne fait pas exception. Une évolution intéressante sur le papier, qui apporte un regard un peu plus politique à la série. Dans les faits, l’approche reste parfois un peu grossière: les Bridgerton incarnent la bienveillance, tandis que d’autres familles jouent les aristocrates plus cruels. La nuance n’est pas toujours au rendez-vous.
Même constat du côté de la reine et de certaines figures récurrentes qui, même s’ils font parfois preuve d’un peu de retenue et d’équilibre, continuent d’évoluer dans des registres très caricaturaux. Certains continuent d’être insipides, d’autres d’être un condensé de tout et n’importe quoi. Un choix assumé par la série, mais qui peut donner l’impression que l’on tourne légèrement en rond, saison après saison.
Alors, on se jette dessus direct ou pas?
La réponse dépendra de votre degré d’attachement à l’univers (et de s'il pleut du côté de chez vous ou non). Cette partie 2 ne sauve pas complètement la saison 4, mais elle ne la fait pas non plus sombrer. Elle offre un divertissement élégant, confortable, parfois touchant, qui se regarde sans déplaisir… sans pour autant provoquer l’addiction des débuts.
Autrement dit, inutile d’annuler tous vos plans jeudi soir pour vous enfermer dans le noir et binge-watcher d’une traite. Cette suite de La Chronique des Bridgerton se dégustera très bien un dimanche après-midi pluvieux sous un plaid. Les fans y trouveront leur dose de romance et de drame, les autres pourront y jeter un œil sans pression.
Une saison sympathique, mais qui ne devrait pas rejoindre celles que l’on regarde en boucle en attendant désespérément la suivante.
