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France: Hausses de salaires au coeur des manifs' du 1er mai

Demonstrators hold a placard reading "Collective of unemployed people in precarious situations" during a May Day (Labour Day) rally, marking International Workers' Day, in Marseille, on ...
Des manifestants brandissent une pancarte où l'on peut lire «Collectif des chômeurs en situation précaire» lors d'un rassemblement organisé à Marseille le 1er mai 2026, à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs.Image: AFP

Hausses de salaires au coeur des manifs' du 1er mai

Partout en France, syndicats et manifestants ont défilé vendredi pour réclamer des hausses de salaires et défendre le caractère férié du 1er Mai, contesté par l’exécutif.
01.05.2026, 23:4401.05.2026, 23:44

Syndicats et manifestants ont défilé vendredi partout en France pour des hausses de salaires sur fond de guerre au Moyen-Orient et contre la remise en cause du caractère férié et chômé du 1er Mai, en ce jour où de nombreux boulangers et fleuristes ont fait travailler leurs salariés avec le soutien de l'exécutif.

Entre 158 000 et plus de 300 000 personnes – selon la police et le syndicat CGT, respectivement -, ont défilé dans le pays. Une participation conforme à celle de l'année passée pour ce 1er Mai qui tombait pendant les vacances scolaires de certaines régions.

A Paris, où des slogans dénonçaient aussi la guerre en Iran, la mobilisation a été moindre qu'en 2025: de 24 000 selon la police à 100 000 selon la CGT (contre 32'000 l'année dernière, selon les autorités).

«Ce n'est pas le vol du 1er Mai qu'il faut mettre à l'ordre du jour du Parlement. C'est un grand plan pour l'augmentation des salaires»
la numéro un de la CGT Sophie Binet, en tête du cortège parisien

Binet a demandé vendredi dans une lettre au premier ministre Sébastien Lecornu une hausse du salaire minimum de 5% et une indexation des salaires sur les prix.

Son homologue du syndicat CFDT Marylise Léon réclame, elle, une augmentation du salaire minimum en raison de l'inflation mais aussi «des négociations dans les différentes branches professionnelles».

«Travail dissimulé»

Pour montrer leur soutien aux boulangers qui veulent faire travailler leur salariés – une tolérance selon le gouvernement en ce 1er Mai, sous réserve de volontariat et de salaire doublé – Sébastien Lecornu s'est rendu dans une boulangerie en Haute-Loire (sud-est) et son prédécesseur Gabriel Attal – leader du parti macroniste Renaissance – est brièvement passé derrière le comptoir d'une autre à Vanves, commune de la banlieue parisienne où il est élu.

«C'est une provocation passible de deux amendes», a relevé l'inspectrice du travail et responsable CGT Céline Clamme. «L'une pour travail le 1er-Mai, l'autre pour travail dissimulé puisque le bénévolat n'est pas autorisé dans une entreprise à but non lucratif.»

«On a raisonné comme un 1er Mai classique, il n'y a pas de flou, le droit n'a pas changé», a affirmé cette fonctionnaire, mentionnant des contrôles dans plusieurs départements français.

Devant le rejet unanime des syndicats, le gouvernement a écarté une proposition de loi de Gabriel Attal visant à élargir le travail salarié en ce jour férié et chômé: il a recentré le débat sur les artisans boulangers et les fleuristes, sous réserve d'accords dans ces branches, à travers un nouveau projet de loi. Mais la nouvelle réglementation ne sera pas en vigueur, le cas échéant, avant l'année prochaine.

Sébastien Lecornu a confirmé qu'il y avait eu des contrôles, sans en préciser le nombre. «Les contrôles, c'est normal. Y compris parce qu'il y a des conditions, notamment le volontariat du salarié, et ça c'est pas négociable.»

Mercredi, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait appelé à «l'intelligence collective», assurant n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail.

«On n'a pas hésité»

La grande majorité des 308 cortèges se sont déroulés pacifiquement. A Nantes (ouest), où 4000 personnes ont défilé, un policier a toutefois été blessé au visage lors d'incidents, selon la police, et à Lyon (sud-est), où la préfecture a décompté 6500 manifestants (12.000 selon la CGT), quatre personnes ont été interpellées.

A Toulouse (sud-ouest), entre 5500 personnes (police) et 12'000 (CGT), ont manifesté «pour nos salaires, pour nos retraites, contre l'extrême droite et pour la paix», selon la banderole de tête. A Marseille (sud), les autorités ont décompté 3400 manifestants.

Pour Bernard Gaillard, employé chez l'avionneur Airbus croisé dans le cortège nantais, «on peut acheter son pain la veille, on devrait y arriver, une fois, une journée dans l'année, quand même!»

Vendredi, un certain flou régnait dans les rues où quelques supérettes de chaînes à Paris et dans l'agglomération bordelaise étaient ouvertes malgré l'interdiction.

«On n'a pas hésité une seule seconde à ouvrir. Il n'y a aucune logique à ce que des fast-foods puissent ouvrir et les boulangeries non», a témoigné Morgane, responsable d'une boulangerie à Mérignac, près de Bordeaux (sud-ouest), qui a n'a pas voulu donner son nom complet.

Pour Elisa Brugère, vendeuse chez un fleuriste à Bordeaux, «c'est très important de travailler» en ce jour où les Français offrent du muguet. «En plus, on est payé double, ça fait une petite compensation.»

Le président de la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française, Dominique Anract, a assuré que «70% des boulangeries» étaient ouvertes vendredi. (sda/ats/afp)

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