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Le Milkshake

Des sextapes filmées au Capitole embarrassent Washington

Saviez-vous qu'en 2017, Trump a interrompu un briefing de la CIA à propos de l'Afghanistan pour commander des milkshakes?
Saviez-vous qu'en 2017, Trump a interrompu un briefing de la CIA à propos de l'Afghanistan pour commander des milkshakes?
Le Milkshake

Des sextapes filmées au Capitole embarrassent Washington

Le job d'assistant parlementaire n'est pas de tout repos. Mais quand il y en a un peu (du repos), ça en profite pour faire littéralement n'importe quoi. Deux affaires lubriques viennent d'exploser au grand jour, dont l'une est toujours «sous enquête».
21.12.2023, 20:4522.12.2023, 07:54
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Le Milkshake... what the hell?!
De la présidentielle 2024 aux déboires judiciaires de Donald Trump, la démocratie américaine a le feu au cul. Pour vous raconter au mieux ces petites et grandes américaneries, Marine et Fred vous serviront régulièrement un bon gros Milkshake bien frais. Un concentré de fast news comme seule l'Amérique sait nous en fourguer.

🌑 S'envoyer en l'air dans des lieux loufoques, ce n'est pas nouveau. N'importe quel sexologue vous le dira, au nom d'un certain interdit, l'excitation se retrouve fissa dans le rouge ardent. Cette fois, c'est le très respectable Capitole, poumon de la démocratie américaine, là où les lois se font et se défont, qui se retrouve malgré lui relégué à un vulgaire plateau de tournage de film pornographique. Des sextapes réalisées dans l'hémicycle ou dans les salles attenantes sont remontées à la surface cette semaine, trempant le pouvoir dans un étrange embarras.

La première vidéo dévoile deux hommes en plein ébat dans une pièce, hélas, particulièrement emblématique. Vingt-deux ans après avoir abrité la célèbre Commission du 11-Septembre, la salle Hart 216 a été le théâtre d'une joute autrement plus charnelle. Sur la bande, on y découvre un assistant parlementaire, supposément celui du sénateur démocrate Ben Cardin, dans une cascade qu'il n'a que peu l'habitude de réaliser dans le cadre de ses fonctions.

Certes, cette gymnastique n'était censée divertir qu'un petit groupe WhatsApp d'élus homosexuels. Hélas (et sans grande surprise), un média d'extrême droite ne s'est pas fait prier pour la propager plus largement, le samedi 16 décembre.

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Immédiatement reconnu et soupçonné d'être l'acteur principal de ce petit film pas vraiment institutionnel, Aidan Maese-Czeropski a été licencié par le sénateur Ben Cardin. L'assistant a nié les faits, un peu à sa manière, et sur LinkedIn:

«Même si certaines de mes actions dans le passé ont fait preuve d'un manque de jugement, j'aime mon travail et je ne manquerai jamais de respect à mon lieu de travail»
Le parlementaire soupçonné de s'être envoyé en l'air dans la salle Hart 216.

De quelles «actions dans le passé» parle-t-il? Mystère. Mais la réaction rapide de son employeur a créé un petit remous dans les dédales feutrés du Congrès. Pour toute explication, le sénateur démocrate s'est borné à dire et redire que «nous ne ferons aucun autre commentaire sur cette question de personnel». Ce qui n'a pas empêché la police du Capitole d'ouvrir une enquête et la Chambre de préciser que l'affaire est toujours «en cours d’examen en interne».

Fin de l'histoire? Of course not!

Mercredi soir, le média Semafor dévoilait une deuxième affaire de sextape qui aurait été tournée dans le ventre de la démocratie mondiale. On y découvre cette fois un homme, en solitaire, s'offrant une petite séance de masturbation dans un bureau du Capitole. Une performance réalisée en 2022 et qui s'était alors retrouvée sur Snapchat, sur un compte baptisé «Anjackson2019», avant de disparaître aussitôt. Selon Semafor, la capture d'écran fait montre d'un tapis de souris d'ordinateur flanqué du logo du Congrès, ainsi qu'une moquette similaire à celle qui amortit quotidiennement les pas des élus de la Chambre des représentants.

Une deuxième vidéo, consultée par le média américain, fait état de galipettes homosexuelles, dans ce même bureau (toujours ce satané tapis de souris corporate qui a trahi les acteurs amateurs...). A l'époque, l'affaire avait déclenché une enquête, dans le giron du sénateur Dan Newhouse (républicain cette fois, pas de jaloux).

«Oui, une enquête fut ouverte pour un prétendu comportement inconvenant»
Le sénateur républicain Dan Newhouse

L’investigation se terminera en juillet 2022, et ne révélera «aucune preuve» tangible. Si l'assistant de Dan Newhouse a démissionné deux mois plus tard, le sénateur a (évidemment) précisé qu'ils se sont quittés «en bons termes» et «pour des raisons indépendantes des accusations» concernant la sextape.

Si certains parlementaires en profitent pour critiquer la surveillance et la sécurité de l’enceinte du Capitole, d'autres se sont lâchés (anonymement, pas folle la bête) pour jurer et cracher qu'il se «passe des choses bien pires ici», que des gens «baisent dans les toilettes», «et un peu partout». Et notamment dans ce qu'ils nomment les «Cages», un discret lieu de stockage où, il y a «six ou sept ans», on filmait des cochonneries pour nourrir le «fil Snapchat» d'un petit groupe de parlementaires.

Quelle histoire…. En plus de jouir d'un certain pouvoir, on dirait bien que les employés du Capitole savent jouir... tout court.

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L'otage musicale du jour

Il y a encore quelques jours, la gouverneure du Kansas snobait élégamment les mélopées de Taylor Swift. En soi, ne jamais avoir entendu le moindre refrain de la milliardaire et personnalité de l'année relève carrément de l'exploit. Mais pour les employés de Laura Kelly, c'est un manquement intolérable. Et la raison n’est pas tant musicale: depuis qu'elle fricote durablement avec la star des Chiefs de Kansas City, Taylor est sans arrêt dans les parages.

Alors pour lui éviter de passer pour une pive, la garde rapprochée de Laura Kelly lui a offert une compilation des «meilleurs morceaux» de la chanteuse. On y trouve notamment Dear John, All Too Well, King of My Heart et You're On Your Own, Kid.

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«Mon équipe intrépide a pensé qu'il était temps que je laisse tout tomber et que j'écoute sa musique comme il se doit»
Laura Kelly, sur X.

Et comme les emmerdes volent toujours en escadrille, la pauvre gouverneure de 73 ans a été contrainte d'accepter et d'enfiler à son poignet un bracelet des Swifties (les groupies de Taylor), lors du dernier match de Travis Kelce.

Ce n'est plus de la pop, mais une secte.

***

Les «fils de pute» du jour

Depuis que Donald Trump a été jugé inéligible par la Cour suprême du Colorado, c'est la débandade chez les républicains. Le jeune candidat à la présidentielle Vivek Ramaswamy, originaire du Colorado, a annoncé «se retirer du scrutin de la primaire de l'Etat, tant que Trump n'est pas autorisé à y revenir». Dans la foulée, c'est le Grand Old Party in corpore qui menace de bouder ce scrutin jusqu'à nouvel ordre.

Et puis, dans la nuit de mercredi à jeudi, le président du Parti républicain local a fait péter les coutures de son sang-froid, si l'on en croit un article du Colorado Sun:

«Je ne vais pas laisser ces fils de putes dicter qui nous allons nommer»
Dave Williams, président du Parti républicain du Colorado.
DENVER, CO - MAY 10 : Rep. Dave Williams, center, is talking with Rep. Patrick Neville, left, and Rep. Stephanie Luck, right, at Colorado State House Chamber in Denver, Colorado on Tuesday, May 10, 20 ...
Image: Denver Post

Les «fils de pute» étant bien sûr les juges nommés par le parti démocrate et responsables de la disqualification de Donald Trump. Bien décidé à ne pas se laisser impressionner, le Département d'Etat a précisé dans le journal que «si le Parti républicain du Colorado tente de se retirer de la primaire présidentielle ou d'ignorer les résultats de l'élection, cela relèvera probablement des tribunaux».

En même temps... reste-t-il quelque chose qui ne soit pas du ressort des tribunaux, dans ce cirque qui fait office de campagne présidentielle?

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Voilà, c'est tout pour le Milkshake. Et god bless la dextérité des habitants de Floride, qui savent trier (et pas que les déchets)

Cette Américaine découvre le beurre dans les sandwiches
Video: watson
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«J'ai vu un juge suisse dormir au Tribunal»
Donald Trump qui pique du nez sur le banc des accusés? L'affaire a provoqué l'hilarité des journalistes américains. Pourtant, au tribunal, une attaque de paupières est loin d'être rarissime. Témoignages d'habitués du barreau.

Faire l'objet de 34 actes d'accusation, risquer dix ans de taule, tout en aspirant à diriger le monde libre? La perspective a de quoi causer quelques nuits blanches. Pas étonnant que Donald Trump, alors que son procès pénal historique s'ouvrait ce lundi à Manhattan, ait profité de la sélection des jurés pour rattraper quelques heures de sommeil. On précise: aurait profité. Car, en fait, nous n'en savons rien. La «rumeur» est partie d'une chroniqueuse judiciaire du New York Times, assise dans la salle d'audience.

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