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Ce qu'est la mystérieuse ligne jaune d'Israël au Liban

A destroyed settlement in southern Lebanon is seen from the village of Alamsha in northern Israel, across the border fence on April 20, 2026. Although Israeli forces and pro-Iranian Hezbollah have tem ...
Depuis le village d'Alamsha, au nord d'Israël, on aperçoit, de l'autre côté de la barrière frontalière, un village détruit dans le sud du Liban. Le 20 avril 2026.Image: Yomiuri/afp

C'est quoi cette mystérieuse «ligne jaune» au Liban? Explications

Israël dit avoir établi une «ligne jaune» dans le sud du Liban, affirmant vouloir protéger les populations israéliennes du nord des tirs provenant du mouvement pro-iranien. Voici tout ce qu'il faut savoir.
21.04.2026, 05:3421.04.2026, 07:26
Layal Abou Rahal / afp

Israël dit avoir tracé une «ligne jaune» en profondeur dans le sud du Liban, où ses troupes combattent le Hezbollah, affirmant vouloir protéger les populations israéliennes du nord des tirs provenant du mouvement pro-iranien.

Est-elle établie sur le même modèle que celle qu'Israël a créée à Gaza, et quelles sont ses implications pour le Liban?

Qu'a annoncé Israël ?

Au lendemain de l'entrée en vigueur d'une trêve de 10 jours entre Israël et le Hezbollah vendredi, l'armée israélienne a annoncé avoir établi une «ligne jaune» de démarcation dans le sud du Liban, à l'instar de celle qu'elle a mise en place dans la bande de Gaza, où un précaire cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre 2025.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait indiqué que l'armée maintiendrait une «zone de sécurité« de 10 kilomètres de profondeur à l'intérieur du Liban pour protéger les populations israéliennes vivant près de la frontière.

L'armée a publié dimanche une carte montrant sa «ligne de défense avancée» allant de la Méditerranée à l'ouest jusqu'à la frontière libano-syrienne à l'est et indiqué que cinq divisions ainsi que des forces navales opéraient dans la zone.

La zone concernée inclut des villages frontaliers qui ont été partiellement ou totalement détruits lors des combats entre Israël et le Hezbollah durant la guerre précédente en 2023. Les troupes israéliennes ont continué à détruire des bâtiments dans les villages frontaliers même après l'entrée en vigueur de la trêve.

Une grande partie des habitants de la zone, majoritairement chiites, ont fui vers le nord du Liban, à l'exception de quelques villages chrétiens. Les Casques bleus de la Finul, la mission d'observation de l'Onu, sont également stationnés dans la zone.

Lundi, l'armée israélienne a de nouveau mis en garde les civils libanais contre tout retour dans des dizaines de villages du sud du Liban, affirmant que le Hezbollah poursuivait ses activités dans la zone.

Israël a à plusieurs reprises au cours des dernières guerres tenté de créer une «zone tampon» dans le sud du Liban, dont il s'était retiré en 2000, après deux décennies d'occupation.

Quelles différences avec Gaza?

Dans la bande de Gaza, dévastée par deux ans de guerre, la «ligne jaune» établie après le cessez-le-feu d'octobre coupe le territoire du nord au sud entre une zone sous contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas et une tenue par l'armée israélienne. Cette dernière représente plus de 50% du petit territoire palestinien, l'un des plus densément peuplés au monde.

La «ligne jaune», dont les Palestiniens ont interdiction de s'approcher au risque d'être abattus, a empêché des dizaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux.

«La ligne jaune au Liban procède de la même idée et philosophie que celle de Gaza»
L'expert militaire Hassan Jouni

Mais à Gaza, elle était le résultat d'un accord avec le Hamas dans le cadre du plan Trump de cessez-le-feu, rappelle-t-il. «Au Liban, il n'y a pas d'accord... Cela a été décidé unilatéralement par Israël», souligne-t-il, évoquant «une décision agressive».

Cette ligne représente une nouvelle frontière de sécurité pour Israël, «qui sera certainement fortifiée» et constituera potentiellement une base pour «lancer de nouvelles opérations offensives», estime l'analyste.

Comme à Gaza, elle crée une zone où «toute activité est considérée comme suspecte et qui justifie l'ouverture du feu».

Quelles options pour le Liban ?

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël, entamées sous pression américaine, doivent viser à faire cesser durablement la guerre et l'occupation israélienne dans le sud du Liban.

Mais l'accord de trêve du 16 avril ne mentionne pas un retrait d'Israël du pays et lui permet de continuer à viser le Hezbollah pour empêcher des attaques.

Le précédent cessez-le feu en novembre 2024 prévoyait le retrait israélien du sud du Liban, mais l'armée avait continué à occuper cinq zones stratégiques.

Un député du Hezbollah a assuré lundi que le mouvement pro-iranien briserait la ligne jaune.

«Cette ligne jaune, nous la briserons par la résistance (...) en faisant valoir notre droit légitime de nous défendre et de défendre notre pays», a déclaré Hassan Fadlallah, ajoutant: «Nul, au Liban ou à l'étranger», ne pourra désarmer le Hezbollah.

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