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Démolition des bidonvilles à Katmandou

Démolition des bidonvilles à Katmandou

Les autorités népalaises ont entamé la démolition des bidonvilles le long des rives de la rivière Bagmati à Katmandou, un projet soutenu par le Premier ministre, mais vivement critiqué par les organisations de défense des droits humains.
25.04.2026, 15:4225.04.2026, 15:42
Népal Katmandou séisme
KatmandouImage: x

Les autorités népalaises ont entamé samedi la démolition des bidonvilles abritant des milliers de personnes le long des berges de la capitale Katmandou. Cela a suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits humains.

Des milliers de personnes vivent depuis des décennies sur les rives de la Bagmati et de ses affluents qui sillonnent la vallée de Katmandou, beaucoup dans des abris de fortune constitués de cabanes en bois et en tôles.

Des bulldozers sont arrivés tôt samedi, accompagnés d'un important dispositif policier, sur ordre du Premier ministre nouvellement élu Balendra Shah.

«Nous procédons aujourd'hui à l'évacuation des habitations de ce quartier», a rapporté à l'AFP Bishnu Prasad Joshi, chef de la police de Katmandou.

«Nulle part où aller»

Joshi a précisé que des avis d'évacuation avaient été diffusés plus tôt afin que les habitants puissent quitter les lieux avant vendredi soir, pour permettre le début des travaux de démolition.

«Nous sommes là pour les aider s'ils n'ont nulle part où aller»

L'expulsion s'est déroulée dans le calme et les habitants ont chargé leurs meubles et leurs effets personnels dans de petits camions, emportant leurs sacs.

«Je ne sais pas si je dois vivre ou mourir, car je n'ai nulle part où aller pour le moment», se désole Puspa Kaasai, une femme de 65 ans, qui considérait ce quartier comme son foyer depuis trois décennies.

Le nouveau premier ministre a défendu le projet, arguant sur les réseaux sociaux vendredi qu'il était important de d'éviter au citoyens de vivre dans zones «désorganisées et exposées aux inondations» et que cela permettrait de remédier à la situation des rivières encombrées de déchets.

Katamandou et sa région avaient été touchés par des inondations meurtrières en septembre 2024.

«Ce gouvernement apportera une solution définitive à ce problème qui perdure depuis des années», a-t-il déclaré, en précisant que les véritables occupants illégaux se verraient attribuer des terres.

«Approche autoritaire»

Mais pour Amnesty International, ces expulsions forcées constituent «un dangereux recul de la gouvernance légale» et témoignent:

«D'une approche de plus en plus autoritaire»

«Expulser des familles sans vérification préalable, sans consultation sérieuse ni garantie d'un logement de remplacement sape cet engagement et risque de transformer un défi de gouvernance en une crise des droits humains qui aurait pu être évitée», a déclaré vendredi dans un communiqué Nirajan Thapaliya, directeur d'Amnesty International Népal. (dal/ats/afp)

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