Débattre avec Trump «n'est pas du tout dans mon intérêt», dit le pape
Le pape Léon XIV a entamé samedi la troisième étape de sa tournée africaine en Angola. Un tiers de la population de ce pays lusophone vit sous le seuil de pauvreté en dépit de décennies d'exploitation de vastes réserves pétrolières.
A bord de l'avion en route pour l'Angola, le pape a regretté que ses récents discours en Afrique soient interprétés comme une réponse aux critiques du président américain Donald Trump, assurant que «débattre de nouveau» avec lui n'était «pas dans son intérêt».
Il a pris pour exemple un discours «écrit il y a deux semaines» – bien avant les critiques du président américain – et prononcé au Cameroun «il y a deux jours», dans lequel il dénonçait un monde «en train d'être ravagé par une poignée de tyrans».
Ce discours, a déploré le pape, «a été perçu comme si j'essayais de débattre de nouveau avec le président, ce qui n'est pas du tout dans mon intérêt».
200 000 fidèles
Auparavant, le pape américain avait conclu sa visite de trois jours au Cameroun par une messe en plein air à l'aéroport de Yaoundé samedi. Selon les chiffres du Vatican, 200'000 fidèles étaient présents sur place, et plusieurs centaines de milliers dans les alentours.
Dans son homélie prononcée en français, il a remercié les Camerounais et invité la foule à avoir «le courage de changer les habitudes et les structures», dans un pays dirigé d'une main de fer par Paul Biya, 93 ans, depuis 1982.
Il a ensuite atterri dans la capitale angolaise Luanda peu avant 15h00, où il a été accueilli en fanfare et par les coups de canon réservés aux chefs d'Etat. Il prononcera dans l'après-midi un premier discours devant les autorités.
Moins de retenue
Après Jean-Paul II (1978-2005) en 1992 et Benoît XVI (2005-2013) en 2009, Léon XIV est le troisième souverain pontife à visiter ce pays, qui a tardivement accédé à l'indépendance du pouvoir colonial portugais en 1975.
Élu en mai 2025, le chef de l'Église catholique, jusqu'ici plus discret et mesuré que son prédécesseur argentin François (2013-2025), est sorti ces derniers jours de sa retenue pour endosser un style plus affirmé.
En Angola, il devrait à nouveau déplacer des foules immenses jusqu'à son départ mardi matin. Quelque 44% de la population, soit environ 15 millions d'Angolais, s'identifient comme catholiques, selon un recensement de 2024 dans ce pays d'Afrique australe, sorti exsangue en 2002 d'une guerre civile meurtrière déclenchée dans la foulée de l'indépendance. (sda/ats/afp)
