«Un harem à la russe»? Cet homme a une solution au problème de Poutine
Un seul homme se serait-il mis en tête de repeupler toute la Russie? Le maire de la ville de Koltouchi, près de Saint-Pétersbourg, un certain Mikhaïtch, a attiré l'oeil de Komsomolskaïa Pravda. Le média d’Etat russe lui a consacré tout un portrait — aux tons plutôt flatteurs, malgré la controverse qui a attiré les caméras chez lui.
En cause? Sa situation familiale plutôt cocasse. L'homme affirme en effet être le père de pas moins de 33 enfants, écrit le rédacteur russe. Tous ces bambins seraient nés de dizaines de femmes différentes.
Loin d'être un concours de circonstances, une telle organisation familiale semble voulue et assumée. «Après avoir donné naissance à son premier enfant à l'âge de 42 ans, il a engendré 33 enfants en 18 ans d'un labeur démographique exténuant», écrit le reporter.
Le journal raconte cette réalité en oscillant entre étonnement, fascination et mise en perspective de cette «situation» à travers la crise démographique qui sévit en Russie, et la présente même comme une potentielle réponse à cette dernière.
Car ce n'est plus un secret pour personne: la natalité est l'un des grands chevaux de bataille de Poutine. Ainsi, un tel reportage s'inscrit dans un contexte bien précis: «en 2024, le taux de natalité a atteint son plus bas niveau depuis 25 ans», comme l'expliquent nos confrères du service public.
Ce qui a poussé le Kremlin à miser sur deux axes — incitatif et répressif — pour repeupler le pays: incitations financières (limitées) dès le deuxième enfant, mais aussi et surtout une politique idéologique répressive, promouvant les «valeurs traditionnelles» tout en restreignant certains droits et modes de vie, comme ceux des personnes LGBTQIA+, ou des femmes qui ont choisi de ne pas procréer.
Un cadre «structuré»
Ainsi, cet ancien boxeur devenu homme d’affaires et figure locale influente a décidé de s'emparer plutôt personnellement au Mal du siècle qui sévit dans son pays.
Mikhaïtch explique proposer à ses (nombreuses) compagnes un cadre structuré: logement, soutien financier et prise en charge des enfants. Il dit que certaines femmes viendraient à lui par elles mêmes, attirées par cette sécurité matérielle, dans une société russe que le maire décrit comme marquée par une pénurie d’hommes «responsables». Et il ne voit pas où serait le problème.
Le reportage insiste sur son rôle de «père impliqué», qui «dit se souvenir du prénom de chacun de ses enfants», et décrit un modèle présenté comme presque pragmatique face au déclin des naissances.
S'il ne se cache pas de la controverse qu'il révèle, l'article oscille entre ton critique et fasciné. On s'y demande notamment s'«il s'agit d'un harem à la russe ou du salut du pays». En filigrane, une élue russe interrogée dénonce tout de même une atteinte à la «famille traditionnelle».
(dag)
