La Russie recruterait ses futurs soldats de drones dès l'école
Derrière les attaques répétées de la Russie contre l’Ukraine se déploie toute une industrie. L’approvisionnement doit être assuré en continu: outre le matériel militaire et les drones, il faut aussi des effectifs. Les conflits modernes se décident en effet aussi par les femmes et les hommes capables de manier ces armes.
Un constat s’impose de plus en plus clairement: la relève destinée à exploiter ces technologies ne provient pas uniquement des rangs de l’armée russe. Elle est préparée de manière systématique, loin de la ligne de front. La péninsule de Crimée, occupée depuis 2014, joue à cet égard un rôle central. Selon un rapport récent, des enfants y seraient déjà mis à contribution.
La Russie utilise la Crimée pour la formation à la guerre des drones
D’après plusieurs experts, les autorités installées par Moscou en Crimée mettent en place une infrastructure complète dédiée à la formation aux systèmes aériens sans pilote. Selon le média Euromaidan Press, qui cite des informations de Crimea.Realities, une chaîne de formation intégrale aurait été mise en place sur place.
Le chef de l’administration russe en Crimée, Sergueï Aksionov, a ainsi déclaré que la péninsule était la seule région située sur le territoire ukrainien à disposer d’un cycle complet de formation aux drones. Celui-ci irait de la sélection d’élèves et d’étudiants jusqu’à leur intégration dans la réserve de personnel de l’armée russe.
Le juriste et spécialiste de la Crimée Borys Babin décrit l’ampleur du dispositif en ces termes:
De la salle de classe à la guerre des drones
Les médias russes font également état d’un grand centre de formation d’opérateurs de drones, présenté comme le plus vaste de Russie. La formation y durerait plus de cinquante jours et plus de 1500 soldats y auraient déjà été formés en Crimée.
Parmi les organisateurs figure Maksym Daniielian, fondateur d’un centre d’entraînement aux systèmes sans pilote à Féodossia. La structure obéit à une logique claire: les jeunes talents sont identifiés tôt, reçoivent une formation technique, puis sont intégrés à l’appareil militaire. La Crimée agit ainsi de facto comme une base de recrutement pour la guerre des drones.
Selon des spécialistes, cette formation s’inscrit parallèlement dans une vaste campagne de propagande. Les autorités russes envisageraient même la création d’une académie militaire à Simferopol, destinée à former spécifiquement des officiers pour les troupes de drones.
Des défenseurs des droits humains en Crimée soulignent toutefois qu’il demeure difficile de vérifier l’ampleur et la portée réelle de ces programmes. Une grande partie des informations disponibles n’a, à ce stade, pas été confirmée de manière indépendante.
Il reste néanmoins établi que la péninsule est de plus en plus utilisée non seulement comme base militaire, mais aussi comme espace de formation à long terme pour la guerre technologique de demain. (trad. hun)
