Les footballeurs musclent leur cerveau avec ce jeu inattendu
Plusieurs stars du football comme Erling Haaland, Mohamed Salah ou encore Antoine Griezmann partagent la passion des échecs, contribuant à populariser ce jeu millénaire auprès des jeunes.
C'est une association qui a priori n'est pas évidente, tant le football et les échecs semblent constituer deux mondes bien distincts, voire opposés. Mais pourtant, un bon nombre de stars du football vouent une véritable fascination à ce jeu qui trouve ses origines en Inde au 7e siècle.
Haaland, l'attaquant de Manchester City, fait partie des plus passionnés. Pour preuve, il vient récemment d'investir dans un nouveau circuit d'échecs lancé par un groupe norvégien avec le soutien de l'un des plus grands joueurs de tous les temps: Magnus Carlsen. Une initiative visant à rendre le jeu plus attractif.
Un jeu incroyable
«Les échecs sont un jeu incroyable. Il aiguise l'esprit et présente des similitudes évidentes avec le football», estime Haaland.
Soutenu par la Fédération Internationale des échecs (Fide), ce nouveau circuit proposera quatre tournois par an dans différentes villes, avec le couronnement d'un champion du monde dans trois disciplines: parties classiques rapides, parties rapides et blitz.
Chaque saison offrira une dotation minimale de 2 millions de livres sterling. «Voir un athlète de classe mondiale comme Erling Haaland rejoindre le Total World Chess Championship Tour est un signal fort de l'intérêt mondial et de l'importance culturelle dont jouissent aujourd'hui les échecs», a déclaré le président de la Fide, Arkady Dvorkovich.
Outre Haaland, l'attaquant de Liverpool Mohammed Salah et ses coéquipiers internationaux anglais Harry Kane, Trent Alexander-Arnold et Anthony Gordon, sont des joueurs invétérés. Salah est par exemple obsédé par le blitz, la version rapide des échecs, jouant régulièrement en ligne sous un profil anonyme. «Je suis accro aux échecs. Tous les jours, littéralement tous les jours», a déclaré l'Egyptien. Et il est loin d'être le seul.
Certains ont même atteint un excellent niveau, comme le milieu de terrain d'Arsenal Eberechi Eze qui a remporté un tournoi amateur en 2025. Le défenseur du Real Madrid Alexander-Arnold joue lui aussi souvent avec ses frères. Pour la petite histoire, il a même affronté Magnus Carlsen une fois: il n'a tenu que cinq minutes et 17 coups.
Christian Pulisic, l'ailier du Milan AC arbore lui un tatouage d'une reine d'échecs sur le bras en hommage à son grand-père qui lui a appris à jouer lorsqu'il était enfant.
Le champion du monde français Antoine Griezmann et Dani Carvajal du Real Madrid sont également des adeptes de ce jeu dont la pratique en ligne a explosé pendant la pandémie de Covid-19, selon la Fide. Au moins 1,5 milliard de personnes possèdent désormais une application d'échecs sur leur téléphone.
La série Netflix Le Jeu de la Dame et l'influence de plusieurs personnalités, parmi lesquelles les footballeurs, ont contribué à cet engouement, participant à dynamiser et rajeunir l'image autrefois austère des échecs.
«A quel point les deux se ressemblent»
La stratégie inhérente aux échecs séduit également les entraîneurs de football qui y voient un moyen de perfectionner leur tactique. Dans le livre Pep Confidential, l'entraîneur de Manchester City Pep Guardiola l'assure: «Vous n'imaginez pas à quel point les deux se ressemblent».
Grand fan du Real Madrid, Magnus Carlsen voit lui aussi de grandes similitudes dans les deux disciplines. «Aux échecs, comme au football, l'important est de contrôler le centre. Si vous contrôlez le centre, vous contrôlez le terrain ou l'échiquier», explique-t-il.
D'autres ne vont pas aussi loin. «Je joue aux échecs pour déconnecter», confie par exemple Harry Kane. «C'est tellement mental, il faut se concentrer à chaque moment.»
