L'argent public derrière le succès de Fribourg-Gottéron
Fribourg, quatorzième ville de Suisse par la taille, peut sembler marginale en termes de rayonnement. Mais son club de hockey opère tout de même avec un budget d'environ 35 millions de francs, ce qui constitue une valeur de pointe en National League.
Les clubs ne sont pas tenus de publier leurs chiffres mais, en matière de puissance financière, les «Dragons» font vraisemblablement partie de l'élite de la plus haute ligue de hockey.
Deux sponsors majeurs
Les Fribourgeois bénéficient du soutien d'entreprises proches de l'Etat à hauteur de plusieurs millions: la société énergétique Groupe E est détenue à 80% par le canton de Fribourg et constitue l'un des deux sponsors principaux de l'équipe.
L'autre, la Banque Cantonale de Fribourg (BCF), est entièrement en mains publiques et donne en outre son nom à la patinoire (la BCF Arena). Avec une capacité de près de 9400 places, Gottéron appartient également au tiers supérieur de la National League A en matière d'infrastructure. L'engouement pour le hockey à Fribourg est immense, et la BCF Arena affiche complet depuis 101 matches.
De grosses différences entre football et hockey
Les clubs de National League se financent principalement grâce aux recettes des jours de match (billets et restauration). Certes, les stades de football accueillent au total davantage de spectateurs, mais les coûts de sécurité et d'organisation en Super League sont nettement plus élevés qu'au hockey.
Les clubs de football sont également désavantagés en matière de droits télévisés: tant Blue (football) que MySports (hockey) versent environ 30 millions par saison pour les droits exclusifs d'images des matches. Alors que cette somme est répartie dans le football entre les deux ligues professionnelles et donc 22 clubs, le contrat de hockey ne lie le diffuseur qu'à la seule National League. Une raison majeure qui explique la modestie de la «Swiss League», dont l'avenir est d'ailleurs incertain.
En examinant les budgets globaux, on constate que, dans le football, les clubs de pointe que sont le FC Bâle et YB opèrent avec bien plus d'argent que leurs homologues du hockey. Mais l'écart entre le club de hockey le plus riche et le plus pauvre est moindre que dans le football. Ce qui rend le titre de champion du FC Thoune d'autant plus remarquable.
De fortes disparités dans les recettes
Les Bernois de l'Oberland ont débuté la saison 2025/26 en tant que promus, mais, sur le plan budgétaire, ils ne sont «que» la deuxième équipe la moins bien dotée financièrement, devant le FC Winterthur, qui a dû faire face au retrait partiel de ses principaux investisseurs à l'approche de la saison en cours.
Thoune s'apprête à devenir champion de Suisse avec un budget de 12 millions, tandis que le grand argentier de la ligue (Young Boys) affiche 78 millions de recettes, hors transferts.
Sans injections financières sous forme de dons, de prêts ou de grosses sommes de transferts, seuls le FC Saint-Gall et les YB sont actuellement viables en Super League. Le recordman de titres (GC) est depuis trois ans la propriété d'Américains qui ont dû investir environ 15 millions de francs par saison.
