Adana Demirspor a réalisé un gros coup. Le bon dernier du championnat turc a battu Besiktas lundi (2-1) et glané par la même occasion sa première victoire de la saison. Or ce n'est pas parce qu'António Simão Muanza a brillé à domicile face au célèbre club stambouliote qu'il a été honoré.
Le milieu défensif angolais a vécu un drame. Il a appris à la pause le décès de son frère. Or il n'a pas souhaité être remplacé et a repris sa place sur le terrain en deuxième mi-temps. «Maestro», de son surnom, a même joué jusqu'au coup de sifflet final, faisant ainsi preuve de courage et de résilience.
Son coach lui avait pourtant proposé le banc de touche. «Si tu te sens mal, je peux te faire sortir. Cela n’a aucune importance. Tes sentiments sont plus importants que le match», lui aurait-il dit dans le vestiaire. Mais António Simão Muanza n'a rien voulu savoir. «Il a vraiment fait preuve de caractère. Peut-être que la réaction de mes joueurs en seconde période était en partie due à lui. Par conséquent, nous dédions cette victoire, ce combat, à Maestro», a déclaré après la rencontre Mustafa Dalcı, actuel chef-entraîneur d'Adana Demirspor.
António Simão Muanza a impressionné par sa bravoure, son cœur et sa force de caractère. Ses coéquipiers ont donc logiquement tenu à l'honorer au coup de sifflet final. Un des joueurs de l'équipe, le défenseur Semih Guler, a expliqué la situation aux supporters, et eux aussi ont célébré le jeune milieu de 21 ans, dévoué pour son club.
Nul doute que face au kop, les émotions devaient se mélanger pour «Maestro». Le footballeur a toutefois esquissé un sourire, avant de se retrouver au milieu de ses coéquipiers, qui tous souhaitaient fêter cette victoire retentissante. Ce n'est sans doute pas le comportement le plus académique dans pareille situation. Or lundi, les professionnels d'Adana Demirspor ont montré à António Simão Muanza à quel point ils tenaient à lui, et l'aimaient.
(roc)