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La FIFA augmente ses primes, mais la Nati reste désavantagée

La Fifa augmente ses primes, mais l’injustice persiste pour la Nati

La Fifa croule sous l’argent et vient encore d’augmenter les primes du Mondial 2026. Cela allège certes le budget de l’Association suisse de football, mais ne résout pas l’injustice financière à laquelle l’ASF est confrontée.
18.05.2026, 05:3318.05.2026, 05:33
Sebastian Wendel

Lors de la Coupe du monde 2026, l'équipe de Suisse de football disputera deux de ses trois matchs de groupe en Californie (San Francisco et Los Angeles). Elle installera aussi son camp de base dans cet Etat américain surnommé le «Golden State» en raison de la douceur de son climat. A cela s'ajoutent des adversaires tout à fait abordables dans la poule: le Qatar, la Bosnie-Herzégovine et le Canada. Mais aussi séduisante que soit la perspective de cette aventure, elle comporte également certains inconvénients.

La tradition veut que les participants à la Coupe du monde ne soient pas imposés sur leurs primes dans le pays hôte. Le Canada et le Mexique ont accepté cette exonération fiscale à la demande de la Fifa, mais ce n’est pas le cas du troisième du pays hôte.

Les Etats-Unis souhaitent non seulement imposer les primes versées aux fédérations, mais aussi celles des joueurs et les salaires des membres du staff pendant la durée de la compétition. A cela s’ajoute le fait que le taux d’imposition varie fortement d’un Etat à l’autre. En Californie, «lieu de travail principal» de l'équipe, il atteint 13,3%, soit le niveau le plus élevé du pays.

Selon le lieu de compétition, les fédérations participantes sont donc confrontées à des réalités financières différentes. Les équipes basées dans des Etats où le taux d’imposition est plus faible, ou en dehors des Etats-Unis, bénéficient d’un avantage.

Breel Embolo ne s’en réjouira pas. Ses revenus (primes, droits à l’image) seront imposables pendant la Coupe du monde 2026 aux Etats-Unis.
Breel Embolo ne s’en réjouira pas. Ses revenus (primes, droits à l’image) seront imposables pendant la Coupe du monde 2026 aux Etats-Unis.image: keystone

Cette injustice a des conséquences désastreuses. La participation à la Coupe du monde, une source de revenus importante pour l'Association suisse de football (ASF), risque de se transformer en une opération déficitaire. L’ASF a indiqué en début d’année que la Nati devrait atteindre les quarts de finale pour que la prime de participation de 8,1 millions de francs et les primes de performance génèrent un bénéfice. En collaboration avec d’autres fédérations, la question fiscale a été portée à l’attention de la Fifa. Une solution était attendue lors du Congrès de l’instance, le 30 avril.

La réaction de la Fifa: elle verse désormais à chaque participant une prime de participation supplémentaire de 1,5 million de francs. Les indemnités journalières par personne sont également portées à 665 francs (contre 470 francs au Qatar en 2022).

L’augmentation des fonds versés par la Fifa allège certes le budget de l’ASF, qui doit également faire face à des frais de déplacement, d'hébergement et de restauration particulièrement élevés aux Etats-Unis. Le véritable problème, à savoir la disparité de la charge fiscale selon le lieu de compétition, n’est toutefois pas résolu. L’ASF a déclaré à CH Media, groupe auquel watson appartient:

«Pour l’instant, rien n’a changé et nous devons partir du principe que cette pratique fiscale inégale va persister. La Fifa continue toutefois de s’efforcer d’obtenir une exonération fiscale pour les fédérations participantes (mais pas pour les joueurs, les officiels et les membres du staff).»
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, n'a toujours pas réussi à faire céder son ami Donald Trump sur la question fiscale.
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, n'a toujours pas réussi à faire céder son ami Donald Trump sur la question fiscale.image: keystone

Grâce à ces ajustements, l’ASF évitera quoi qu'il en soit une perte financière même en cas d’élimination de la Nati dès la phase de groupes. Le bénéfice garanti indépendamment des résultats sportifs, qui constituait la norme par le passé, ne serait toutefois pas au rendez-vous avec une sortie aussi précoce. L'ASF commente: «C'est problématique, car les recettes générées par la phase finale nous permettent d'investir dans des domaines qui ne s'autofinancent pas».

Selon le sélectionneur Murat Yakin, l’objectif sportif de la Nati est de «réaliser la meilleure Coupe du monde de l’histoire pour la Suisse». Cela passerait par une première qualification pour les demi-finales, assortie d’une prime de la Fifa de plus de 21 millions de francs. La Coupe du monde 2026 deviendrait alors, sur le plan financier, un tournoi record pour l’ASF, malgré cette inégalité fiscale.

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