Les 10 surprises et déceptions du début de saison de hockey
Les plus grosses surprises
10 Mika Henauer
Défenseur, Genève-Servette
Au printemps 2022, tous les voyants étaient au vert pour lui: à seulement 22 ans, il avait inscrit 18 points avec le CP Berne et s’imposait comme l’un des jeunes défenseurs les plus prometteurs de la ligue. Mais les blessures ont depuis freiné sa progression. En quatre ans, il n’a disputé que 116 des 208 matchs possibles en saison régulière.
Aujourd’hui, il semble avoir trouvé sa place à Genève, où il s’impose comme l’un des piliers de la défense de Servette, avec plus de 20 minutes de temps de jeu par match. Après Berne, Kloten et les Lakers, le club genevois est déjà son quatrième employeur en National League. Il n’a pourtant fêté ses 25 ans qu’en mars et ses meilleures années sont encore devant lui. En ne prolongeant pas son contrat, les Lakers ont commis une erreur monumentale.
9 Nando Eggenberger
Attaquant, SCL Tigers
Pendant des années, il a dû composer avec les immenses attentes suscitées par ses 95 sélections en équipe nationale junior et ses cinq participations aux Mondiaux juniors. Les plus optimistes voyaient déjà en lui le successeur de Nino Niederreiter. Mais que ce soit à Davos, Rapperswil, Ambri ou Zoug, il n’a jamais dépassé la barre des 21 points en une saison.
Aujourd’hui, à 27 ans, il semble avoir trouvé sa place à Langnau dans un rôle de joueur de complément de grande qualité. Grâce à son gabarit et à son impact physique, il apporte du répondant à l’une des équipes les plus légères de la ligue. Avec 9 points en 19 matchs, il est bien parti pour battre son record personnel de 21 points.
8 Simon Knak
Attaquant, ZSC Lions
Son talent n’a jamais fait débat. Sélectionné à quatre reprises pour des compétitions internationales juniors, il a également été repêché par Nashville lors de la draft NHL de 2021. Mais une question subsistait: l’ancien junior de Kloten allait-il réussir à s’imposer chez les ZSC Lions, au sein d’un effectif offensif particulièrement fourni, comme il l’avait fait à Davos, où il était l’un des leaders?
Avec 19 points en seulement 18 matchs, il a déjà battu ses records personnels de buts et de points sur une saison (17 points). Il pourrait même franchir la barre des 40 points.
7 Dario Allenspach
Attaquant, SCL Tigers
Longtemps sous-estimé à Zoug, il s’est imposé à 24 ans comme l’un des leaders offensifs de Langnau, où il dispute sa troisième saison. Il est même en passe de doubler son record personnel de 18 points. Par sa vitesse, son agilité, son imprévisibilité, son audace et la qualité de son tir, il rappelle Dario Rohrbach, qu’il surpasse désormais au même âge.
Son excellent automne lui a valu une première convocation en équipe de Suisse et un contrat de deux ans à Lugano. Reste à savoir s’il parviendra à s’imposer dans un club plus ambitieux la saison prochaine. S’il réussit, il rejoindra l’élite de la ligue. Dans le cas contraire, il risque de se retrouver relégué à un rôle secondaire d’ici deux ans.
6 Davide Fadani
Gardien, HC Kloten
Arrivé dans les équipes juniors de Lugano en 2015, ce qui lui a permis d’obtenir une licence suisse malgré sa nationalité italienne, il a rejoint Ambri en 2023. Pendant des années, ses qualités ont été vantées au Tessin: un gardien agile, doté de réflexes exceptionnels et d’un excellent sens du placement. Pourtant, ni Lugano ni Ambri ne lui ont véritablement donné sa chance.
Seule l’équipe nationale italienne a su reconnaître son potentiel, en le sélectionnant pour quatre Championnats du monde et les Jeux olympiques de 2026. Dès sa première saison à Kloten, il s’est imposé comme une solide doublure de Ludovic Waeber. Puis, à l’automne 2026, il a franchi un cap: lors du dernier derby contre les ZSC Lions, c’est lui qui a été titularisé, au détriment de Reto Berra. Désormais numéro un dans les statistiques comme dans les faits, il a été récompensé par une prolongation de contrat jusqu’en 2030.
5 Jérôme Bachofner
Attaquant, SCL Tigers
À l’été 2025, le directeur sportif de Langnau, Pascal Müller, lui a offert une dernière chance. Après des débuts tonitruants avec les ZSC Lions, dont il avait brièvement été le meilleur compteur à l’automne 2018, ce joueur aussi talentueux qu’attachant n’avait jamais réussi à confirmer les attentes placées en lui, que ce soit à Zurich, Zoug ou Bienne. Au printemps 2025, après une saison limitée à quatre buts en 51 matchs, sa carrière semblait même toucher à sa fin.
Mais à 30 ans, il connaît une véritable renaissance pour sa deuxième saison à Langnau. À l’automne 2026, il affiche déjà 10 buts et 17 points en seulement 19 matchs, soit davantage que lors de n’importe laquelle de ses saisons précédentes.
4 Stefan Rüegsegger
Attaquant, Lausanne HC
International junior prometteur, sélectionné pour les Mondiaux M18, il avait pourtant été jugé trop juste pour la National League à Langnau, avant d’être envoyé à Langenthal il y a cinq ans. Depuis, il a patiemment reconstruit sa carrière grâce à d’excellentes performances en deuxième division, à Langenthal puis à La Chaux-de-Fonds.
Après avoir prêté main-forte à Lausanne lors des play-off, ce puissant ailier, courageux et combatif, a finalement décroché une place de titulaire et un contrat jusqu’en 2028. Rares sont les joueurs à avoir réussi un tel parcours pour se faire une place en National League après un long détour par l’échelon inférieur.
3 Christof von Burg
Gardien, CP Berne
Il aura fallu que le directeur sportif de Bienne, Martin Steinegger, lui offre la perspective de devenir le gardien numéro un du club la saison prochaine pour que les dirigeants sportifs du CP Berne prennent enfin conscience de son potentiel. Alors qu’ils ne l’avaient pas aligné une seule fois durant toute la saison précédente, ils se sont empressés de prolonger son contrat jusqu’en 2030, lui donnant enfin l’occasion de faire ses preuves. À 25 ans, il a ainsi disputé ses premiers matchs de National League à l’automne 2026 et s’est immédiatement imposé, tant par ses statistiques que par ses performances, comme le nouveau gardien numéro un du CP Berne.
2 Rodwin Dionicio
Défenseur, CP Berne
À Bienne, le directeur sportif Martin Steinegger et l’entraîneur Christian Dubé avaient perdu patience, au point de laisser partir gratuitement au CP Berne ce défenseur pourtant encore sous contrat. À seulement 22 ans, le binational américano-suisse possède un immense talent, mais son caractère difficile et son jeu imprévisible le rendent peu enclin à se plier à un système tactique rigide.
À Berne, il s’est pourtant rapidement imposé comme le défenseur suisse le plus influent dans le jeu. Lors du premier match de l’Euro Hockey Tour, face à la Finlande, il a inscrit son premier but en équipe nationale, réduisant le score à 1-2. Une progression fulgurante qui pourrait lui ouvrir les portes des prochains Championnats du monde.
1 Vinzenz Rohrer
Attaquant, EV Zoug
Le directeur sportif des ZSC Lions, Sven Leuenberger, ne pouvait lui offrir le rôle qu’il réclamait au sein d’un effectif déjà riche en stars. Vinzenz Rohrer a donc accepté l’offre financièrement très attractive de Zoug. Un pari risqué pour le club, qui a bouleversé sa hiérarchie salariale en accordant un salaire de leader à un joueur de seulement 22 ans, qui n’avait encore jamais assumé ce statut chez les professionnels.
Mais le pari est réussi. L’Autrichien, titulaire d’une licence suisse, porte désormais le maillot de meilleur compteur de Zoug. Avec 16 points en 13 matchs, il s’est imposé comme l’un des leaders de l’équipe, tant par ses statistiques que par son jeu dynamique et audacieux. Au vu de ses dernières performances, un avenir en NHL redevient une perspective tout à fait crédible.
Les plus grosses déceptions
10 Marco Lehmann
Attaquant, CP Berne
Lorsqu’il est absent, le CP Berne perd une bonne partie de son potentiel offensif. Il fait partie des rares joueurs suisses capables d’allier vitesse de patinage, habileté technique et rapidité de lecture du jeu. Dans un grand soir, il peut être l’équivalent bernois de Denis Malgin. Mais il est devenu un joueur aussi talentueux que fragile.
La saison dernière, il a disputé 44 matchs, mais n’a inscrit que 15 points, son plus faible total depuis qu’il s’est imposé en National League avec Kloten, il y a sept ans. Lors de ses quatre premières saisons à Berne, les maladies et les blessures l’ont limité à 128 matchs sur 208 possibles. Cet automne 2026, il n’a disputé que 11 des 17 premières rencontres, pour seulement quatre points. Il est donc bien loin de son record personnel de 32 points, établi en 2023/24. Sous contrat jusqu’en 2028, il pourrait désormais servir de monnaie d’échange dans un transfert.
9 Joel Vermin
Attaquant, HC Bienne
La saison dernière, Joel Vermin n’a inscrit que 12 points avec le CP Berne. Une baisse de rendement qui s’explique en partie par son repositionnement occasionnel en défense au cours des deux dernières années. Sa carrière a ensuite été menacée par une grave blessure au genou, contractée le 7 mars lors d’une défaite à Ambri (1-4). Le club bernois a finalement résilié son contrat à fin août 2026.
Relancé par Bienne, l’attaquant n’a toutefois pas encore saisi sa chance cet automne. Cantonné à un rôle de centre de quatrième ligne, il tourne autour de 12 minutes de jeu par match et n’a inscrit que quatre points. Un rendement bien éloigné du potentiel du vice-champion du monde 2018, qui avait encore récolté 26 points avec Berne lors de la saison 2023/24.
8 Melvin Nyffeler
Gardien, SCRJ Lakers
Les Lakers ont besoin de Melvin Nyffeler, et lui a besoin des Lakers, car c’est dans ce club qu’il peut pleinement s’épanouir. Avec son gabarit modeste (1,78 m), il peine à prétendre à une place dans un grand club ou en équipe nationale.
Les difficultés de Rapperswil sont aussi liées à ses performances. Mais est-il victime des lacunes de ses coéquipiers ou contribue-t-il lui-même aux problèmes de l’équipe? À l’automne 2026, son pourcentage d’arrêts est tombé à 87,69%, passant pour la première fois sous la barre des 90% depuis qu’il est devenu titulaire en deuxième division en 2015. Un rendement insuffisant pour maintenir les Lakers dans la première moitié du classement. Car Rapperswil a besoin d’un Nyffeler au sommet de sa forme. En somme, pour connaître l’état de santé des Lakers, il suffit de regarder celui de leur gardien.
7 Yanik Burren
Défenseur, HC Bienne
Il faut remonter à la saison 2024/25 pour retrouver le véritable Yannick Burren. Depuis, sa carrière stagne, alors que l’ancien junior du CP Berne, âgé de 29 ans, est pourtant dans la force de l’âge pour un défenseur. La saison dernière, il n’a inscrit aucun but et son différentiel est passé de +18, le meilleur de son équipe, à -11.
L’automne 2026 n’a guère été plus réjouissant: aucun but, seulement quatre assists en 17 matchs et moins de 12 minutes de temps de jeu par rencontre. Sa renaissance devra donc attendre. Heureusement, son contrat court jusqu’en 2028, ce qui lui enlève une partie de la pression. De quoi espérer retrouver le défenseur fiable, régulier et intelligent qu’il a déjà été.
6 Joren van Pottelberghe
Gardien, Genève-Servette
Depuis qu’il avait porté la Suisse jusqu’en demi-finale des Mondiaux M18 en 2015, notamment grâce à un blanchissage face à la Russie (5-0), le gardien belgo-suisse est considéré comme l’un des plus grands talents de sa génération. Grand comme Reto Berra, calme comme Reto Pavoni et agile comme Niklas Schlegel, l’ancien junior de Zoug avait confirmé son potentiel à Bienne, où il avait disputé 84 des 104 matchs possibles entre 2020 et 2022.
Mais les blessures ont brisé son élan: au cours des quatre dernières années, il n’a joué que 32 matchs sur 208 possibles en saison régulière. Cette saison devait marquer sa renaissance. Pourtant, le 8 octobre, après une seule apparition avec Lugano, il a été échangé à Genève contre Robert Mayer, 37 ans, un transfert présenté comme un renforcement par les dirigeants luganais. Désormais cantonné au rôle de doublure de Stéphane Charlin, sans réelle perspective de jouer, il voit son avenir s'assombrir. Son contrat arrive à échéance et sa carrière en National League est menacée.
5 Kevin Pasche
Gardien, Lausanne HC
En l’absence de Connor Hughes, parti un an en Amérique du Nord, Kevin Pasche avait largement contribué à la première place de Lausanne en saison régulière et à sa qualification pour la finale en 2025. Il avait ensuite conservé son statut de numéro un malgré le retour de Hughes. Son agent, Gaëtan Voisard, aurait alors fait pression sur le club en menaçant de ne pas prolonger son contrat si Hughes restait. Résultat: un échange entre Hughes et Romain Loeffel, et une place de titulaire incontesté garantie à Pasche jusqu’en 2030.
Mais à l’automne 2026, le pari ne porte pas ses fruits. Kevin Pasche affiche le plus mauvais pourcentage d’arrêts de sa carrière. Ses détracteurs voient ainsi leurs critiques confirmées: avec son 1,78 m, le gardien manquerait de taille pour dominer au plus haut niveau. Il encaisse notamment trop de buts dans la partie supérieure de sa cage.
4 Reto Schäppi
Attaquant, HC Kloten
Lors de ses deux premières saisons à Kloten, ce solide défenseur n’a guère brillé offensivement. Mais personne ne l’attendait dans ce registre. Grâce à son gabarit, sa régularité, sa fiabilité et son immense expérience, il a joué un rôle essentiel dans la stabilité de l’équipe, sur la glace comme dans le vestiaire. Son CV parle pour lui: plus de 800 matchs avec les ZSC Lions, quatre titres de champion, plus de 80 sélections, cinq Mondiaux et des Jeux olympiques.
Mais alors qu’il fêtera ses 35 ans en janvier, une question se pose: n’est-ce pas la saison de trop? Après 19 matchs, il n’a toujours pas inscrit le moindre point. Et défensivement, le bilan est encore plus inquiétant: avec un différentiel de -14, il affiche la pire statistique des 369 joueurs alignés cette saison en National League.
3 Fabian Ritzmann
Attaquant, CP Berne
Lorsque Raëto Raffainer, alors considéré comme le futur patron du CP Berne, l’avait fait venir de Davos en 2022, beaucoup avaient dénoncé un recrutement entre amis. Les critiques s’étaient tues au printemps 2025, après une saison à 17 points en 50 matchs et dix sélections en équipe nationale. Mais elles refont aujourd’hui surface: après 18 rencontres, il ne compte qu’un seul assist et joue à peine plus de neuf minutes par match.
Pourtant, ce joueur robuste et combatif peut faire des dégâts grâce à sa puissance, son intensité et sa vitesse, notamment devant le but adverse en supériorité numérique. Encore faut-il que son entraîneur lui fasse confiance, ce qui n’est plus le cas à Berne. Avec un contrat jugé beaucoup trop coûteux qui court jusqu’en 2028, il pourrait désormais servir de monnaie d’échange dans un transfert.
2 Reto Berra
Gardien, HC Kloten
C’était le transfert royal de Kloten, avec une belle histoire à la clé: l’un des gardiens les plus charismatiques de sa génération retrouvait sa région zurichoise avec un contrat de deux ans. Malgré ses 39 ans, fêtés en janvier, son âge ne semblait pas poser problème. Il arrivait même au sommet de sa carrière, après avoir offert à Gottéron son premier titre de champion au printemps 2026 et décroché une quatrième médaille d’argent aux Mondiaux, après celles de 2013, 2018 et 2024.
Tout laissait penser qu’il pourrait tirer Kloten vers le milieu du classement. Mais les attentes sont loin d’être satisfaites. Avec seulement 84,62% d’arrêts en dix matchs, soit le pire taux de sa carrière, il a dû céder, au moins provisoirement, sa place de numéro un à Davide Fadani. Lors du derby contre les ZSC Lions, il est même resté sur le banc.
1 Fabrice Herzog
Attaquant, SCRJ Lakers
Fabrice Herzog espérait relancer sa carrière chez les Lakers, et les raisons d’y croire ne manquaient pas. Autrefois considéré comme l’un des ailiers suisses les plus puissants et les plus redoutables de la ligue, il a participé à cinq Mondiaux (le dernier en 2024) et à deux Jeux olympiques. En 2023/24, il avait encore inscrit 18 buts et 34 points en 52 matchs avec Zoug.
Mais la saison dernière, son rendement s’est effondré: seulement 3 buts et 8 points en 48 rencontres, le poussant à chercher un nouveau club. À bientôt 32 ans, un nouveau départ à Rapperswil semblait prometteur. Pourtant, la déception est immense: après 18 matchs, il ne compte qu’un seul assist et affiche le pire différentiel de son équipe. Inefficace offensivement et fragile défensivement, il inquiète alors que son contrat arrive à échéance au printemps.
