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epa09311577 Adrian Mannarino of France reacts during his first round match against Roger Federer of Switzerland at the Wimbledon Championships tennis tournament in Wimbledon, Britain, 29 June 2021. EPA/FACUNDO ARRIZABALAGA EDITORIAL USE ONLY

Adrian Mannarino a dû abandonner dans son match du 1er tour de Wimbledon, face à Roger Federer mardi. Il souffre d'une entorse au genou, après une glissade. Image: keystone

Pourquoi glisse-t-on aussi souvent sur le gazon maudit de Wimbledon?

Les glissades sont nombreuses sur l'herbe londonienne en ce début de tournoi du Grand Chelem. Adrian Mannarino et Serena Williams se sont blessés et ont dû abandonner. Coup de projecteur sur une surface parfois délicate à maîtriser.



Roger Federer était très attendu mardi pour son grand retour à Wimbledon. Il refoulait le gazon du Centre Court deux ans après sa légendaire finale perdue contre Djokovic, lors de l'édition 2019. Le Bâlois a souffert face au Français Adrian Mannarino au 1er tour. Mais il s'en est tiré, grâce à la blessure de son adversaire.

«J'ai glissé, j'ai entendu un craquement et j'ai su tout de suite que je ne pourrais pas continuer»

Adrian Mannarino, adversaire de Roger Federer au premier tour de Wimbledon

A 4-2 contre lui dans la quatrième manche (il menait alors 2 sets à 1), le Francilien a perdu ses appuis sur un contre-pied du Maître. La glissade laissera des traces: une entorse du genou et un abandon au début de la cinquième manche décisive.

La blessure d'Adrian Mannarino

Les glissades sont nombreuses depuis le début, lundi, de ce Wimbledon 2021. Le pourtant très agile numéro 1 mondial Novak Djokovic en a aussi fait les frais, par exemple. Mardi soir toujours, juste après l'abandon de Mannarino, c'est Serena Williams qui a jeté l'éponge, elle aussi à cause d'une blessure causée par une perte d'appuis. Un pépin physique survenu à 3-3 dans le premier set de son match face à la Biélorusse Aliaksandra Sasnovich.

L'abandon de Serena Williams

L'Américaine de 39 ans, qui rêvait d'égaler sur le gazon londonien le record de titres en Grand Chelem de Margaret Court (24), a quitté le terrain en pleurs, sous les applaudissements consolateurs du public.

La pluie en trouble-fête

L'herbe de Church Road semble particulièrement glissante cette année. La raison n'est pas à chercher du côté de l'entretien des terrains, toujours impeccablement bichonnés. C'est la pluie qui joue les trouble-fête, quasi constante sur Londres depuis le début de la quinzaine. «Ce n'est vraiment pas facile, déplorait Adrian Mannarino mardi après son abandon. Le court était incontestablement glissant, le temps est très humide. Je ne sais pas s'il y a un problème avec le court, mais je peux parler de mes sensations et j'étais dans l'inconfort tout le match. À l'échauffement avant le match, je ne me sentais pas très à l'aise.»

Le fameux court numéro 2 à Wimbledon

Bild

image: keystone

Olivier Rochus a lui aussi ressenti cette peur de glisser sur le gazon de Wimbledon. Même s'il appréciait cette surface – il avait poussé Djokovic au 5e set lors du premier tour au All-England Club en 2010 –, le Belge, aujourd'hui retraité, garde de mauvais souvenirs de certains matchs qu'il a joué à Church Road:

«Je me souviens de deux parties en particulier, rembobine l'ancien numéro 24 mondial. C'était en 2002 face à Arnaud Clément et en 2006 contre Lleyton Hewitt, les deux fois sur le court numéro 2. J'ai perdu nettement ces deux duels, et je pense que j'aurais pu beaucoup mieux défendre mes chances sur un autre terrain.» La faute principalement à l'usure du gazon. Le natif de Namur enchaîne:

«A certains endroits, il n'y avait plus du tout d'herbe. Je glissais dans tous les sens. Je n'osais pas me déplacer, j'avais l'impression de marcher sur des œufs. C'était injouable!»

Olivier Rochus, ancien tennisman professionnel belge

Belgian Olivier Rochus plays a forehand during his fourth round match against German Alexander Popp at the All England Lawn Tennis Championships in Wimbledon, Monday 30 June 2003. Popp won 5-7, 6-3, 6-4, 6-2. EPA PHOTO/EPA/SRDJAN SUKI

Olivier Rochus, en 2003, à Wimbledon. Image: keystone

Au contraire d'Adrian Mannarino et Serena Williams, Olivier Rochus ne se rappelle pas avoir connu de soucis en début de tournoi, quand les terrains sont encore de «vrais bijoux».

Une surface intransigeante

Les experts du tennis s'accordent à le dire: le jeu sur gazon est spécifique, et peut dès lors expliquer le manque de repères et d'habitudes du corps sur cette surface – d'autant que les pros ne jouent que trois-quatre semaines par année dessus. «C'est en jouant la première fois sur gazon qu'on se rend compte à quoi servent les genoux», rigole Rémy Studer.

Avec des amis, ce grand passionné a construit des terrains sur gazon dans l'ancien stade de football de la Gurzelen, à Bienne. «Le rebond est bas sur l'herbe, alors le point d'impact entre la balle et la raquette se situe davantage devant et moins haut que sur les autres surfaces. Ça nécessite d'avoir une positon plus précise des jambes et du corps».

Dans la cité horlogère, tout est fait pour éviter les glissades des joueurs, qui viennent assouvir le grand fantasme de tout tennisman amateur – découvrir les joies du jeu sur gazon, d'ordinaire si inaccessible pour les non-professionnels. «Les courts sont ouverts seulement en cas de météo favorable et toujours à partir de 14 heures, pour permettre à l'herbe de sécher, surtout celle qui se trouve à l'ombre de la tribune du stade», précise Rémy Studer.

Le co-fondateur du club Tennis Champagne et ses associés ont réussi à récolter plusieurs paires de chaussures spécifiques pour le gazon, qu'ils louent aux visiteurs, une condition sine qua non pour fouler l'herbe biennoise. «Grâce à ces différentes précautions, on évite les glissades et les blessures comme celles qu'on a pu voir à Wimbledon. En cinq ans, nous n'avons eu qu'un foulage de cheville, et c'était à cause d'une balle qui traînait par terre», rassure Rémy Studer.

Les accidents d'Adrian Mannarino et Serena Williams à Church Road ne doivent pas freiner les ardeurs des joueurs et joueuses. Même s'il faut sans doute savoir lever le pied parfois, au propre comme au figuré. «Ce genre de glissade arrive aux athlètes explosifs, qui ont des chevaux dans le moteur», image Olivier Rochus, qui appartenait à cette catégorie (1m68 pour 65 kg). «Et plus tu vieillis, plus ça fait mal, parce qu'avec les années, tu perds en souplesse», prévient le vétéran belge.

On croise donc les doigts pour que pareille mésaventure n'arrive pas à Roger Federer (et ses bientôt 40 ans), en quête d'un 21e titre du Grand Chelem à Wimbledon, ces prochains jours.

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