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Roger Federer: «Je ne sais pas du tout à quoi j'en suis»

Depuis Genève où il prépare son grand retour, le Maître a répondu aux questions de la presse spécialisée. Une grande interrogation surtout: Aura-t-il encore le niveau?
17.05.2021, 13:0817.05.2021, 16:48

Sous-pull, casquette, tour de cou. Et quelques frémissements malgré tout: «Je n'ai pas regardé beaucoup de matchs à la télé, mais quand je l'ai fait, j'ai été impressionné. Le tennis a progressé. Les jeunes, aussi, ont pris de l'assurance. Aujourd'hui, franchement, je ne sais pas si je suis capable d'évoluer à ce niveau-là».

Après avoir devisé galamment avec la presse genevoise sur le thème de sa grandeur éternelle, Roger Federer avait rendez-vous ce lundi, de bon matin, avec 30 journalistes du monde entier, dont les préoccupations plus actuelles et terre-à-terre (c'est de saison) l'ont ramené à sa funeste condition de revenant: Eloigné des courts depuis plus d'un an, peut-il redescendre parmi les siens et gagner à nouveau, comme avant? Question d'autant plus actuelle depuis la finale de Rome, dimanche soir, où Nadal a sauvagement battu Djokovic 7-5 1-6 6-3...

Même en visioconférence, même sous plusieurs couches de protection, Roger Federer n'est pas parvenu à cacher quelque appréhension. Mais était-ce vraiment son intention? Avec une sincérité touchante, le Maître a rappelé combien ce retour à la compétition, à son âge vénérable, représentait un défi. Presque un pêché d'orgueil.

La comparaison avec 2016

«Je reviens de beaucoup plus loin, avec énormément d'interrogations. En 2016, j'avais lutté avec des douleurs à un genou, puis au dos, jusqu'à Wimbledon. Râââââ (sic), ce n'était franchement pas marrant. Mais ma convalescence n'avait duré que quelques mois et, à la fin de l'année, j'étais déjà prêt. Je le savais avec certitude. J'avais aligné 20 sets d'entraînement avec Lucas Pouille à Dubaï et j'étais en méga-forme. Aujourd'hui, la situation est très différente. Je n'ai quasiment aucun repère. Je termine tout juste la phase de préparation physique. Je suis ici, à Genève, pour renouer avec le tennis, avec les vrais matchs. Disons que je le prends comme un entraînement privilégié»

Un confrère du Times s'inquiète de son niveau à Wimbledon. «Un énorme objectif pour moi», réitère Roger Federer qui poursuit:

Son niveau actuel

«On verra combien de temps j'ai besoin. Je n'ai aucune attente pour Genève ni Roland-Garros, sinon accumuler un maximum de matchs. L'important est de rejouer au tennis, sans arrière-pensée. Evidemment, il y a beaucoup d'interrogations. Je me demanderai parfois si je suis trop vieux ou si je peux encore dominer les jeunes comme Tsitsipas, Rublev, Thiem, etc. Inutile de poser la question, j'ai conscience de ne pas être au niveau de Rafa et de Djoko à Rome. Mais en réalité, ça m'est bien égal. Quand un joueur revient de blessure, il est forcément un peu largué. La seule chose qui importe est de retrouver le bon rythme, les bonnes sensations»

Roger Federer se souvient qu'à Doha, en mars, il avait repris le chemin des courts avec des fébrilités d'écolier. «Franchement, j'étais très inquiet. Je ne pensais pas avoir le niveau. Et puis, à ma grande surprise, tout s'est bien passé. Donc bon... ».

Le mot revient dans sa bouche, en trois langues: Interrogations. Federer vit avec son époque, remplie d’incertitudes et de dérèglements de toutes sortes (huit degrés lundi matin à l'entraînement). Après une année loin de tout, à soigner un genou et servir le goûter aux enfants, c’est reparti pour quelques tours (combien?) et forcément, il ne sait pas si son genou le lâchera, si sa famille le retiendra, si cette vie-là, une vraie vie de saltimbanque, vaudra encore la peine d’être vécue, sans au moins une foule pour la sublimer.

Œil rieur et blague facile, RF passe son temps à soulever des hypothèses qui ne sont pas de son ressort («Vous pensez aux Jeux de Tokyo?») et des questions qui n’appellent pas de réponse - «Vous avez bientôt 40 ans, Roger Federer... ». Le voilà donc devant les journalistes du Gonet Geneva Open, lundi 9h15, avec deux minutes d'avance - «Le Covid nous l’a changé», s’esclaffe la cantonade, habituée à ses retards - sans autre perspective qu'un premier tour ATP 250 sous le vent et le crachin mauvais. «Après, on verra...».

Le voilà dans cet endroit magnifique où il n’avait pas prévu de venir, sans savoir jusqu’où il peut aller. «Je ne sais pas du tout à quoi j'en suis», avoue-t-il, mi-amusé, mi-fataliste. Avant de conclure avec gourmandise: «J'ai juste envie de jouer au tennis. Jouer un max. Pour le reste... On saura de quoi je suis vraiment capable après Roland-Garros».

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