Le Parlement valide le plan d'économies 2027-2029
Le Parlement est tombé d'accord sur le plan d'économies 2027-2029. Le National a validé la mouture du Conseil des Etats mardi. Le montant des coupes s'élève à environ 5,2 milliards de francs.
Le Parlement réduit ainsi de plus d'un tiers le plan d'allègement concocté par le gouvernement. Celui-ci prévoyait une coupe de 8,5 milliards entre 2027 et 2029.
Les économies touchent pratiquement tous les secteurs. Elles doivent permettre de compenser les frais engagés pour la 13e rente AVS et l'armée dont le budget a été augmenté.
La politique climatique fortement touchée
L'agriculture sort grande gagnante des débats. Le Parlement a décidé de l'épargner de pratiquement toutes les coupes prévues par le Conseil fédéral. Les aéroports régionaux, le transport régional et la contribution fédérale à l'offre de la SSR pour les Suisses de l'étranger ont aussi été sauvés de coupes.
Le Parlement a également légèrement réduit les économies prévues dans la politique climatique et la formation, sous la pression de la gauche. Ces postes sont toutefois parmi les plus touchés avec la recherche et la coopération internationale. Les coupes se comptent en plusieurs centaines de millions de francs.
Ces économies, la gauche ne les comprend simplement pas. PS et Vert-e-s l'ont répété à plusieurs reprises: le frein à l'endettement, parmi les plus stricts du monde, force à couper là où il faudrait plutôt investir. Ils voient dans le plan d'allègement une atteinte à l'investissement pour la génération future.
Le camp bourgeois est lui sûr de la nécessité d'un plan d'économies. Les élus de droite ont plusieurs fois appelé au réalisme dans le contexte actuel. Ils craignent sinon que cette même génération future se retrouve avec une dette sur le dos et une hausse d'impôts.
Le scénario d'un référendum s'éloigne
La ministre des finances Karin Keller-Sutter voit d'un mauvais oeil la réduction du paquet d'allègement. Elle n'a eu de cesse ces dernières semaines de le dire: la baisse des économies implique inévitablement un trou dans les caisses.
«La décision du Parlement engendre un déficit structurel de 600 millions de francs pour 2027», a-t-elle encore annoncé mardi. Ce plan est donc intermédiaire, mais «je suis heureuse qu'on ait trouvé un terrain d'entente», a-t-elle déclaré.
Le scénario d'un référendum devient de plus en plus lointain. Les Vert-e-s, qui étaient les plus susceptibles d'en lancer un, ont annoncé lundi renoncer à cette possibilité. Si référendum il devait y avoir, il ne concernerait que 14 mesures sur la soixantaine que comprend le paquet. Cela représente 639 millions de francs, a expliqué la ministre des finances. (jzs/ats)
