La RTS retrace une célèbre escroquerie suisse à 1 milliard
Nous sommes en 2020 quand le média Heidi.News sort un format long – dix épisodes – consacré à la rocambolesque affaire qui oppose l'oligarque russe Dmitri Rybolovlev au marchand d'art genevois Yves Bouvier.
L'histoire, digne d'un thriller, a fait de l'œil au réalisateur danois Andreas Dalsgaard et, en 2026, la série documentaire The Oligarch and the Art Dealer voit le jour. Elle a été diffusée au festival Visions du Réel à Nyon, a ouvert la compétition documentaire à Cannes Series et a été primée par la presse internationale, notamment The Hollywood Reporter et Variety. Elle sera disponible sur la RTS le 4 mai. Les trois épisodes donnent la parole à Yves Bouvier, qui souhaite «rétablir la vérité», écrit Le Temps.
Découvrez la bande-annonce:
Une marge estimée à 1 milliard d'euros
On vous rappelle l'affaire. Au début des années 2000, l'oligarque russe Dmitri Rybolovlev rencontre le marchand d'art genevois Yves Bouvier dans les ports francs de Genève. Le premier souhaite s'offrir un Chagall, retrace Le Temps, dans le but de «se constituer une collection d'art».
Ni une di deux, Yves Bouvier devient son conseiller. Par la suite, il sera accusé d'avoir acheté les œuvres avant de les revendre beaucoup plus cher à Dmitri Rybolovlev. Sa marge est estimée à 1 milliard d'euros.
Une information secrète dévoilée
C'est le 31 décembre 2014 que les choses basculent entre les deux hommes. Dmitri Rybolovlev fait la rencontre, lors d'un dîner sur l'île de Saint-Barthélemy, d'un marchand d'art américain: Sanford Heller, décrit par le Financial Times comme le «conseiller en art le plus puissant du monde».
Durant la soirée, le New Yorkais dévoilera une information qui doit, normalement, rester secrète dans le monde de l'art: le prix d'une œuvre – d'un Modigliani en l'occurence – qu'Yves Bouvier aurait payé 96 millions de dollars. Dmitri Rybolovlev l'a, quant à lui, achetée 118 millions. «Cette confortable marge lui restera en travers de la gorge», explique Heidi.News. Selon les experts consultés par le média romand: «Personne ne va révéler le prix d'un tableau par hasard. Heller avait un plan très clair en tête.» Le plan en question?
Le lendemain, Dmitri Rybolovlev convoque Sanford Heller dans un hôtel: il souhaite avoir son avis sur sa collection d'art. Verdict? A part quelques rares chefs-d'œuvre, la majorité des tableaux seraient «de qualité moyenne, moyenne supérieure», selon les dires de l'Américain.
Dans la foulée, l'oligarque dépose plainte contre Yves Bouvier et signe un contrat avec Sanford Heller. Le New-Yorkais fournira désormais des «services de conseil» et évaluera la collection constituée jusqu'à présent.
Affaire close
En janvier 2024, Dmitri Rybolovlev perd le procès contre la maison de vente Sotheby's, qu'il accusait d'avoir aidé Yves Bouvier à gonfler le prix de plusieurs œuvres.
Comme le rappelle la RTS, d'autres procès ont eu lieu aux quatre coins du monde: Monaco, Singapour, New York, Hong Kong ou encore la Suisse. Le marchand d'art genevois a toujours nié toute malversation. Les deux hommes ont néanmoins «conclus un accord à l'amiable» fin 2023 à Genève. Le ministère public genevois a, dès lors, «clos le dernier différend sur cette affaire». (ag)
