Jugé pour des millions évaporés, ce Romand aurait voulu retarder son procès
Long de 46 pages, l'acte d'accusation visant Pascal Jaussi retient une impressionnante liste d'infractions. On compte parmi elles l'incendie intentionnel, l'escroquerie ou encore l'induction de la justice en erreur.
Alors que son procès s'ouvre ce mardi à Granges-Paccot (FR), la RTS révèle que l'ancien patron de Swiss Space Systems (S3), aurait essayé à plusieurs reprises d'obtenir le report de son jugement.
Le média public a eu accès à plusieurs courriers allant dans ce sens. Le dernier en date, remontant au 27 avril dernier, consiste en une demande de suspension ou d'ajournement émise par l'avocate de l'ingénieur en raison d'irrégularités relevées dans le dossier.
Des faits menacés de prescription
Selon la RTS, il s'agit principalement de la présence au procès du procureur général Raphael Bourquin qui avait ouvert la procédure pénale contre Pascal Jaussi en 2017. Dans sa missive, l'avocate reprocherait au magistrat une enquête exclusivement à charge et rappelle qu'une plainte pour violation du secret de fonction ainsi que des demandes de récusation sont toujours ouvertes à son encontre.
Le média public rappelle que certains faits reprochés à l'ingénieur romand sont vieux de dix ans et donc menacés de prescription. La mise en scène présumée de son agression en août 2016 est notamment concernée.
Le Tribunal pénal économique (TPE) du canton de Fribourg n'a toutefois pas été sensible aux sollicitations de Pascal Jaussi, rejetant ses demandes d'ajournement.
Retarder la faillite de S3
Pour rappel, l'homme de 49 ans avait attiré à lui de l'argent pour le dilapider en quelques années dans un projet jugé «irréaliste». Il avait été retrouvé gravement brûlé en 2016 dans une forêt de la Broye.
L'acte d'accusation démonte ce qu'il présente comme une agression, qui aurait servi à retarder la faillite de sa start-up. La chute de celle-ci avait laissé un trou béant de 31,6 millions de francs. (jzs)
