Le «Elon Musk suisse» est jugé à Fribourg
Pascal Jaussi, le fondateur de Swiss Space Systems Holding (S3), est jugé depuis ce mardi devant le Tribunal pénal économique (TPE) du canton de Fribourg. Le prévenu âgé de 49 ans a laissé derrière lui une faillite avec un découvert de 31,6 millions de francs.
Cette dernière a été prononcée en janvier 2017, achevant une saga entrepreneuriale à Payerne (VD) qui visait à commercialiser des vols en apesanteur à bord d’un Airbus A340-300. L'affaire a impliqué près de 10 ans d'enquête et de rebondissements pour déterminer qui devait juger le prévenu, le Tribunal pénal de la Broye étant prévu d'abord.
Le Tribunal cantonal (TC) a tranché pour le TPE, en raison de la complexité d'un dossier «volumineux» comprenant 73 classeurs. Pascal Jaussi, avant de connaître ses déboires, avait bénéficié d'une vaste médiatisation, profitant aussi du conseil de l'astronaute Claude Nicollier, qui trouvait alors le projet «formidablement ambitieux».
Un vendeur de rêve spatial
Le patron de S3 a attiré à lui de l'argent pour le dilapider en quelques années dans un projet «irréaliste». L'acte d'accusation, 46 pages, retient comme infractions commises l'induction de la justice en erreur, l'incendie intentionnel, l'obtention frauduleuse d’une constatation fausse et l'escroquerie et la tentative d’escroquerie.
Mais encore: escroquerie «au procès» et tentative d’escroquerie «au procès», abus de confiance, faux dans les titres, violation de l’obligation de tenir une comptabilité, gestion déloyale, gestion fautive, la dénonciation calomnieuse et éventuellement les faux renseignements sur des entreprises commerciales.
Au début de son aventure, Pascal Jaussi était volontiers qualifié d'«Elon Musk suisse», avec son statut de vendeur de rêve spatial. Symbolisant sa chute, il avait été retrouvé gravement brûlé, le 26 août 2016, dans la forêt d'Aumont, au-dessus de Cugy/Vesin (FR), dans la Broye, d'où le choix de la justice fribourgeoise.
L'acte d'accusation démonte, sur la base de l'enquête de police, ce que Pascal Jaussi présente alors comme une agression. La mise en scène aurait servi, selon le Ministère public (MP), à retarder la fin de S3, sachant que le prévenu se débattait alors pour obtenir des ajournements de faillite, en «trompant» la justice vaudoise. (jzs/ats)
