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Inquiétudes suisses pour l’avenir de l’OMC

Inquiétudes suisses pour l’avenir de l’OMC

En marge de la ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Yaoundé, la secrétaire d’État suisse à l’économie fait part de ses préoccupations.
28.03.2026, 08:0628.03.2026, 08:06
Switzerland's Federal President Guy Parmelin, center, speaks to World Trade Organization (WTO) Director-General Ngozi Okonjo-Iweala, right, next to State Secretariat for Economic Affairs (SECO) H ...
La secrétaire d’État suisse Helene Budliger Artieda et Guy Parmelin.Keystone

La secrétaire d'Etat à l'économie Helene Budliger Artieda est «inquiète» pour l'avenir de l'OMC. En marge de la ministérielle de l'institution à Yaoundé, elle a pu avoir un bref dialogue avec le représentant américain au commerce dont elle ne dévoilera pas le contenu.

«Bien sûr, on est inquiets»
Budliger Artieda

L'institution reste la voie préférentielle d'un pays de la taille de la Suisse, même si Berne, «pas naïve», s'engage aussi dans des voies bilatérales.

Jeudi, le représentant américain Jamieson Greer n'a pas caché que les Etats-Unis pourraient vouloir avancer avec d'autres en dehors du cadre de l'OMC sur certaines questions. Washington veut aussi s'attaquer au principe de la nation la plus favorisée qui prévoit qu'un avantage attribué à un pays le soit à tous les autres.

L'UE souhaite aussi que ce principe soit discuté. La Suisse se demande quels seraient les effets de l'abandon de ce principe fondamental. Elle est, comme tous les pays sans politique de puissance et connectés à l'économie mondiale, favorable à celui-ci, ajoute la secrétaire d'Etat.

«Difficile» d'évaluer quel serait l'impact, mais il est facile de blâmer ce principe d'être responsable de tous les désagréments, selon elle. Le problème vient plutôt du fait «certains pays n'ont pas respecté les règles», sans les nommer.

«Optimiste» malgré tout

«La Suisse a fait tout ce qu'elle peut pour atténuer les effets pour l'organisation face à la fragmentation économique.»

Alors que les fronts habituels s'affrontent à la ministérielle, selon la secrétaire d'Etat. Malgré les tarifs douaniers et les assauts américains, plus de 70% du commerce mondial suit toujours les règles de l'OMC.

Mais comme Washington et d'autres pays, Budliger Artieda estime qu'«il est nécessaire d'arrêter de parler des réformes et de faire quelque chose» pour y parvenir. La Suisse est toutefois arrivée «optimiste» et «positive» à Yaoundé.

Elle souhaite une feuille de route ambitieuse au terme de la ministérielle dimanche, pour aboutir à du concret d'ici 2028. Mais cette volonté largement partagée se heurte aux positions des Etats-Unis ou de l'Inde. Il ne faut pas être «maximaliste», admet la Suissesse.

Tous les pays reconnaissent l'importance de réformes pour l'institution, selon la directrice générale de l'OMC Ngozi Okonjo-Iweala. «Ce sentiment de crise est peut-être utile», insiste la secrétaire d'Etat qui revendique la «crédibilité» et la force de proposition de la Suisse dans les discussions.

Efforts à mener face à une UE active

A Yaoundé, certaines bilatérales sont également très observées. Budliger Artieda a pu avoir un aparté improvisé jeudi soir de 15 minutes avec Greer au dîner de gala. Tant que les négociations avec Washington sur les tarifs douaniers se poursuivent, elle ne souhaite pas dévoiler le contenu de cette discussion.

Mais celle-ci était «très utile» et «importante», se bornera-t-elle à dire. La Suisse évalue toujours également la menace de nouvelles taxes américaines brandie par le président Donald Trump.

La secrétaire d'Etat a discuté dans un format similaire, plus court, avec le commissaire européen Maros Sefcovic. Une rencontre entre l'UE et les 12 pays du Partenariat transpacifique (TPP) était prévue vendredi. En cas d'accord commercial à terme entre ces différents acteurs, Berne devrait réfléchir au moyen d'éviter un désavantage concurrentiel, comme au moment du Mercosur.

«Pendant très longtemps, la Suisse était beaucoup plus active que l'UE.»

Malgré le marché plus réduit de l'AELE par rapport aux Vingt-Sept, insiste Budliger Artieda. Mais la situation a changé.

«Nous devons redoubler nos efforts» parce qu'il faut rester attractifs, alors que Bruxelles vient de conclure un accord avec l'Australie. Mais la secrétaire d'Etat d'ajouter qu'«une concurrence comme celle de l'UE est positive pour la Suisse» qui profite aussi indirectement des activités européennes. (dal/ats)

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