Voici combien la campagne sur l'initiative SSR a coûté
Les campagnes pour les quatre objets de la votation du 8 mars dernier ont coûté 10,71 millions de francs aux partisans et opposants. La majorité des dépenses était dédiée à la campagne autour de l'initiative SSR, qui a mobilisé 7,5 millions dont 5,7 millions du côté des opposants.
Les décomptes définitifs dépassent de 22% les budgets annoncés 30 jours avant le vote, indique vendredi le Contrôle fédéral des finances (CDF) dans un communiqué. La campagne autour de l'initiative SSR est une des plus chères depuis l'introduction des règles de la transparence du financement de la vie politique il y a plus de deux ans. Partisans et opposants ont déboursé 7,5 millions de francs, soit quelque 2 millions de plus que ce qui avait été annoncé au budget. Au final, le texte a été rejeté par 62% des voix.
Dans le détail, les opposants à l'initiative SSR ont dépensé 5,7 millions, dont 1,6 million provient du PS, 1,5 million de l'association «Médias souverains suisses» ou encore 480 000 francs de l'Alliance pour la diversité des médias. D'autres organisations ont aussi participé financièrement, comme Operation Libero ainsi que des organismes défendant la musique, les films ou le sport.
Du côté des partisans, le comité d'initiative a déboursé une somme similaire à ce qu'il avait annoncé, soit 1,4 million, grâce à une participation notamment de l'UDC et de l'Union suisse des arts et métiers (usam). Celle-ci a encore dépensé 260 000 francs de son côté. La dépense s'élève à 118 000 francs pour l'UDF et à 62 000 francs pour l'Union des PME et des arts et métiers de Zurich.
Les partisans ont plus investi pour l'imposition individuelle
Les autres objets soumis au vote le 8 mars ont moins mobilisé. Concernant l'initiative pour un fonds climat, refusée par 71% des voix, 1,78 million de francs ont été comptabilisés, soit un peu moins que les 2 millions budgétisés.
L'Alliance «Non au fonds de dette climatique» a déboursé 1,2 million contre le texte, dont 1 million provient d'economiesuisse. Les partisans ont eux dépensé quelque 600 000 francs, dont 278 000 francs venant du PS et 114 000 francs des Vert-e-s. Les deux partis ont aussi participé aux 140 000 francs du comité d'initiative. L'organisation Clima Now a donné 53 000 francs.
Quant à la réforme de l'imposition individuelle, combattue par référendum, elle a mobilisé 1,42 million de francs, soit plus que les 940 000 francs annoncés. Au final, la loi a été acceptée par 54% des voix.
Les partisans ont le plus investi, avec 900 000 francs. Le comité «Oui à l'imposition individuelle» a dépensé 747 000 francs, dont 310 000 francs viennent d'economiesuisse et 150 000 francs de la fondation zurichoise Müller-Möhl. Le PLR a participé au sein du comité mais aussi à titre individuel à hauteur de quelque 150 000 francs.
Du côté des opposants, l'enveloppe totale se monte à environ 530 000 francs. L'UDC a déboursé 221 000 francs, le Centre 187 000 francs et l'Initiative Famille 3plus 120 000 francs.
Aucune campagne n'a été déclarée pour l'initiative «L'argent liquide, c’est la liberté» et son contre-projet. Le texte a été refusé à la faveur du contre-projet.
La question des données erronées
Les acteurs politiques doivent déclarer les campagnes dont le budget dépasse 50 000 francs et les donations de plus de 15 000 francs, a rappelé le Contrôle fédéral des finances. Sur les 25 campagnes annoncées, ce dernier en a vérifié cinq.
Les contrôles ont porté sur 54% de l'ensemble des recettes, toutes campagnes confondues. Les acteurs politiques sont responsables de l'exactitude des données publiées, relève le CDF.
A plusieurs reprises, il a indiqué ne pas être le bon organe pour ces contrôles. L'affaire est récemment allée jusqu'au Tribunal administratif fédéral (TAF): si le CDF est tenu de publier des chiffres erronés concernant le financement de la vie politique, il n'est toutefois pas autorisé à signaler les cas. Le droit en vigueur n'offre pas de base suffisante pour publier les résultats des contrôles matériels, selon le CDF.
Le TAF a conclu que les données erronées relèvent du principe de transparence et peuvent donc être divulguées. Le Contrôle fédéral des finances va approfondir la question.
Un record pour les votations du 14 juin
Il a recueilli les données relatives à une votation pour la première fois en vue de celles du 3 mars 2024. Cela avait déjà été le cas pour les élections fédérales du 22 octobre 2023.
Jusqu'à présent, les moyens investis par les partisans à la réforme de l'imposition de l'immobilier, en votation le 28 septembre 2025, ont constitué un record. Le camp du oui avait budgétisé un peu plus de 7 millions de francs, contre moins d'un demi-million pour les opposants.
Quant à la votation du 24 novembre 2024 sur l'extension des autoroutes, elle avait coûté quelque 10 millions, plus ou moins à parts égales entre partisans et opposants. Mais les budgets annoncés la semaine passée en vue des votations du 14 juin changent la donne.
Partisans et opposants à l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions» ont budgétisé au total 15 millions de francs. Les partisans de l'initiative, issus principalement de l'entourage de l'UDC, ont annoncé 6,4 millions. Le camp du «non» a pour sa part réuni un peu plus de 9 millions. (jzs/ats)
