Suisse
Société

Comment la SSR a conquis son indépendance

Die Geschichte der SRG vom Staatssender zum unabhängigen Service-public.
Avec l’arrivée de la télévision, la SSR s’est montrée toujours plus audacieuse dans ses programmes – s'attirant les foudres de certains, à gauche comme à droite.Image: keystone/ watson

Seins nus et scandales: comment la SSR a survécu jusqu'à maintenant

Une SSR constituée d'«extrémistes de gauche» et qui produit un journalisme «partisan»: l’accusation est vieille de plus de 65 ans. A l’époque déjà, les partis et le Conseil fédéral tentaient de contrôler le service public audiovisuel.
28.02.2026, 07:0528.02.2026, 07:05
Aylin Erol
Aylin Erol

«Chaîne d’Etat financée par une redevance obligatoire», «couverture biaisée», «fake news», «journalisme d’activistes»: depuis des années, l’UDC s'en prend à la SSR.

Le 8 mars, le parti porte ses menaces dans les urnes. L'initiative SSR exige que la redevance radio-TV passe de 335 à 200 francs par ménage et que les entreprises en soient totalement exemptées.

Les accusations de journalisme partisan ne datent pas d’hier. La SSR les a déjà entendues, à gauche comme à droite. Au final, c’est pourtant la volonté populaire qui a façonné l’entreprise telle qu’elle existe aujourd’hui. C’est ce que montre ce deuxième volet de la série watson consacrée à l’histoire de la SSR.

Emeutes et guerre

Retour dans les années 1960, en pleine guerre froide. La jeunesse suisse lit Marx et Mao. Elle écoute du rock. Et elle rêve de liberté. D’une vie sans contrôles policiers inopinés, destinés à contrôler qu’aucun couple non marié ne vive ensemble.

Le concubinage est alors interdit. L’avortement est punissable. Les femmes n’ont pas le droit de vote. Les maris peuvent interdire à leur épouse d’exercer une activité rémunérée. La police tient des registres sur les homosexuels, les clients de prostituées et les communistes. La colère gronde chez les jeunes.

Et, en 1965, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une guerre entre en direct dans les salons suisses: la guerre du Vietnam. Le téléjournal la documente, sans filtre. Les images mobilisent.

Moderator Léon Huber berichtet in der SRF-Tagesschau über Angriffe der US-amerikanischen Luftwaffe auf Vietnam, in der Woche vom 30. August bis 5. September 1965.
Le présentateur Léon Huber relate dans le Tagesschau de la SRF les attaques de l’aviation américaine contre le Vietnam, en 1965.Image: screenshot srf

En 1968, le ras-le-bol face à «l’establishment» débouche sur des manifestations dans tout le pays. Les féministes réclament l’égalité entre femmes et hommes. Les lesbiennes et gays exigent de pouvoir vivre sans peur. A Locarno, des manifestants occupent un séminaire d’enseignants. A Zurich, les «émeutes du Globus» opposent policiers armés de matraques et jeunes lançant des pavés.

The clashes between youth demonstrators and the police, which took place in Zurich on June 29, 1968, are the so-called Globus-riots. These riots were the prelude to the protests of 1968 in Switzerland ...
Deux policiers se protègent d’un canon à eau lors des émeutes devant l'entrepôt Globus à Zurich, le 29 juin 1968.Image: KEYSTONE

C’est précisément dans ce climat que la SSR obtient de nouvelles ressources et davantage de libertés. Surtout à la télévision.

Une télévision provocatrice

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Confédération investit dans la technologie télévisuelle. Elle confie à la Société suisse de radiodiffusion (SSR) la mission de créer des studios et de développer un programme. Elle n’a guère d’autre choix: la SSR détient le monopole de la radiodiffusion, le Conseil fédéral ayant maintenu l’interdiction des radios privées instaurée au début de la guerre.

Ein Kameramann mit Fernsehkamera bei der Fernsehdemonstration an der ETH Zuerich im Dezember 1952. (KEYSTONE/PHOTOPRESS-ARCHIV/Hermann Schmidli)
Une des premières démonstrations télévisuelles, à l’ETHZ, en décembre 1952.Image: PHOTOPRESS-ARCHIV

Au départ, la population se montre sceptique. Elle redoute un «recul culturel» et une atteinte à la vie de famille. Beaucoup s’irritent aussi de financer indirectement la télévision via la redevance radio, sans même posséder de téléviseur.

Das Stationssignet des Schweizer Fernsehens von 1953-1957. (KEYSTONE/Str)
Logo de la télévision suisse entre 1953 et 1957.Image: KEYSTONE

Les éditeurs de journaux, eux, s’inquiètent pour leur influence, d’autant plus que la SSR se conçoit de plus en plus comme un média d’information. Pendant la Seconde Guerre mondiale déjà, ses stations radio ont joué un rôle important au-delà des frontières en tant que voix anti-propagande.

Dès 1953, la SSR produit le Téléjournal. En 1960, la télévision alémanique lance le Freitagsmagazin, qui aborde des thèmes de société: le carnaval de Bâle, la famille d'un père de 19 enfants, les élèves battus par leurs enseignants, les logements de travailleurs immigrés.

A chaque émission, le Freitagsmagazin gagne en audace.

Die Familie Schuetz aus Spiegel bei Bern sitzt am 20. Maerz 1957 in ihrem Wohnzimmer vor dem Fernsehapparat und schaut fern. (KEYSTONE/PHOTOPRESS-ARCHIV/KRAFT)
La famille Schütz pose devant son téléviseur, le 20 mars 1957.Image: PHOTOPRESS-ARCHIV

En 1961, la Société suisse de radiodiffusion devient officiellement la Société suisse de radiodiffusion et télévision: la SSR telle qu'on la connaît aujourd'hui. La télévision fait désormais pleinement partie de son mandat.

La même année éclate le premier grand scandale: le Freitagsmagazin interviewe une prostituée. Un tabou est brisé.

La séquence en question👇

Les critiques fusent immédiatement des milieux ecclésiastiques et conservateurs: ces sujets devraient rester derrière des portes closes, la télévision corrompt la jeunesse. En 1963, sous pression politique, la SSR doit supprimer le Freitagsmagazin. Des reportages prévus sur l’antisémitisme en Suisse et les objecteurs de conscience ne verront jamais le jour.

Malgré cela, le Conseil fédéral accorde en 1964 une nouvelle concession à la SSR. Pour la première fois, celle-ci stipule que l’entreprise doit non seulement divertir et instruire, mais aussi informer. En 1965, le gouvernement autorise également 13 minutes de publicité télévisée par jour, moins pour résoudre les problèmes financiers de la SSR que pour répondre aux exigences du secteur publicitaire.

Der Eurovision Contest Grand Prix vom 29. Maerz 1960 gewinnt Frankreich mit dem Song "Tom Pillibi", gesungen von jacqueline Boyer. Hier im Bild Nora Brockestedt aus Norwegen, die ihr ...
Extrait du concours Eurovision de 1960. La SSR cherchait à coopérer avec d’autres chaînes publiques européennes afin d’offrir un programme plus varié malgré des moyens limités.Image: KEYSTONE

Ces nouvelles ressources financières permettent d’élargir rapidement l’offre télévisuelle. La Suisse doit rattraper son retard, notamment face aux chaînes étrangères déjà accessibles sur son territoire et proposant des programmes complets.

Pour lancer de nouvelles émissions comme «Temps présent» ou «A bon entendeur», la SSR recrute de nouveaux collaborateurs. Contrairement à la radio, elle engage souvent de jeunes journalistes – ceux-là mêmes qui descendent alors dans la rue contre l’establishment.

Les critiques ne tardent pas.

Peter Schellenberg (mitte) arbeitet am 25. Januar 1968 mit dem Kameramann Kurt Mathis (links) und Bernard Lang an einem Beitrag fuer die "Antenne", eine der meistverfolgten Aktualita ...
Kurt Mathis, Peter Schellenberg et Bernard Lang travaillent sur un reportage pour «Antenne», l’une des émissions d’actualité alémaniques les plus suivies, en 1968.Image: PHOTOPRESS-ARCHIV

Un club anti-SSR

En 1971, la Suisse introduit le droit de vote des femmes. La même année, la SSR doit licencier six collaborateurs du studio de télévision romand. Cela sous la pression massive de l’opinion publique.

Parce que de nombreux jeunes journalistes apparaissent à l’écran, les milieux conservateurs sont convaincus que les programmes ne sont plus neutres. A leurs yeux, jeunesse rime automatiquement avec gauche radicale.

Evelyne Bouvard, Moderatorin von Radio Television Suisse, RTS, und ein Kameramann aufgenommen um 1960. (KEYSTONE/LEN SIRMAN/STR)
Evelyne Bouvard, animatrice de la Télévision suisse romande (TSR, ancêtre de la RTS) et un caméraman, vers 1960.Image: LEN SIRMAN

En 1972, Hans Walder, procureur général de la Confédération et membre du Parti des paysans, artisans et indépendants (PAI, prédécesseur de l’UDC), se montre ferme:

«Les extrémistes de gauche qui ont réussi à s’infiltrer dans les médias [doivent être] évincés, même s’il est extraordinairement difficile de prouver leurs liens avec des organisations hostiles à l’Etat»

La même année, 500 acteurs culturels signent une pétition contre les licenciements à la télévision. Parmi eux, l’écrivain bernois Friedrich Dürrenmatt. En vain.

En 1974, Walther Hofer, historien et conseiller national PAI, se lance dans la lutte contre la «partialité, en particulier la dérive à gauche» de la SSR. Il fonde l’«Association suisse de télévision et de radio», bientôt surnommée «club Hofer». Celui-ci ne cible pas seulement les programmes, mais aussi des journalistes expressément désignés. Il accuse la SSR d’«empoisonner systématiquement le climat du pays» en traitant de sujets marginaux ou en questionnant des valeurs dites typiquement suisses.

Portrait von Walther Hofer, Professor im Bereich Politik und Geschichte, Mitglied des Europarats und seit 1963 Nationalrat der SVP, aufgenommen im Nationalrat in Bern im Juni 1970. (KEYSTONE/Walter Ru ...
Walther Hofer, fondateur du «club Hofer», au Conseil national à Berne, en juin 1970.Image: KEYSTONE

Pour la gauche, en revanche, la SSR n’est pas assez critique. Lorsqu’elle met en avant la culture helvétique à travers des reportages chaleureux, ses détracteurs y voient le porte-voix de l’establishment. Une télévision d’Etat.

Ausschnitt aus der Sendung Bodeständigi Choscht auf TV DRS vom 2. März 1975, in dem eine Gruppe Ländler spielt, während ein Postauto vorbeifährt. Ein Mal im Monat erfüllte Moderator Wysel Gyr musikali ...
Extrait de l’émission alémanique Bodeständigi Choscht, le 2 mars 1975: une fois par mois, l’animateur Wysel Gyr exauçait les souhaits musicaux du public.Image: screenshot srf

En 1974, la SSR tente d’apaiser les tensions en créant une émission destinée à accueillir régulièrement les critiques à son encontre. Pour la première, elle invite ses détracteurs de gauche et de droite à débattre en studio de l’orientation idéologique du téléjournal. Un échec.

Au Parlement comme au Conseil fédéral, le débat est déjà lancé: que peut faire la SSR? Qui doit la contrôler, et dans quelle mesure?

Die neuen Bundesraete Willi Ritschard, SP, links, Bundespraesident Ernst Brugger, zweiter von links; Hans Huerlimann, CVP, zweiter von rechts und Georges-Andre Chevallaz, FDP, rechts, stehen nach ihre ...
De gauche à droite: les conseillers fédéraux Willi Ritschard (PS), Ernst Brugger (PRD), Hans Hürlimann (PDC) et Georges-André Chevallaz (PRD), le 5 décembre 1973.Image: KEYSTONE

Le PDC, ancêtre du Centre, réclame au Parlement une surveillance politique directe, avec une représentation proportionnelle des partis dans l’élaboration des programmes. Le PS appelle à une «démocratisation du téléviseur», moins de proximité avec l’Etat et davantage de télévision éducative financée par la redevance. Les partis bourgeois souhaitent renforcer le contrôle étatique et promouvoir une télévision plus conservatrice.

Face aux attaques répétées, la SSR met en place une «commission des plaintes radio et télévision». Le club Hofer l’inonde aussitôt de courriers. En 1977, l’avocat de la SSR chargé du dossier confiera dans l'hebdomadaire Schweizer Illustrierte que ces plaintes proviennent «souvent de personnes politiquement opposées qui, au fond, ne supportent tout simplement pas que d’autres opinions soient diffusées à l’écran ou à la radio».

En 1975, le Conseil fédéral et le Parlement – alors largement dominés par les partis bourgeois – jugent néanmoins les revendications du club Hofer pertinentes. Ils élaborent un nouvel article constitutionnel sur la radio et la télévision. Seul le PS s’y oppose.

En 1976, le peuple tranche: le projet est rejeté par 56,7% des votants. Un échec cuisant pour le Conseil fédéral.

Radio guérilla contre le monopole de la SSR

Après la votation, une partie de la gauche reste convaincue que les programmes de la SSR sont trop proches du gouvernement et pas assez critiques. Les aspirations de la jeunesse, surtout à la radio, n’y trouvent pas leur place.

En 1979, la contestation s’organise contre l’interdiction des radios privées imposée par le Conseil fédéral. Roger Schawinski, ancien collaborateur de la SSR, fonde Radio 24. Depuis le Pizzo Groppera, en Italie, il diffuse vers Zurich de la musique rock et pop. Il crée un programme financé par la publicité, destiné aux jeunes.

Roger Schawinski vor dem Logo von Radio 24, aufgenommen im Maerz 1980. (KEYSTONE/PHOTOPRESS-ARCHIV/Str)
Roger Schawinski devant le logo de Radio 24, en mars 1980.Image: PHOTOPRESS-ARCHIV

A plusieurs reprises, les autorités suisses tentent de faire cesser les émissions – sans succès. En Italie, les radios privées sont autorisées. Et en Suisse, on capte déjà de nombreuses stations étrangères. La revendication d’abolir le monopole de la SSR gagne du terrain. A Zurich, les auditeurs de Radio 24 descendent dans la rue et récoltent 212 000 signatures.

Rund 3000 Personen demonstrieren am 26. Januar 1980 auf dem Buerkliplatz in Zuerich gegen die Stilllegung der Sendeanlagen von Radio 24 in Italien. (KEYSTONE/Str) === ===
Environ 3000 personnes manifestent le 26 janvier 1980 à Zurich contre la fermeture des installations d’émission de Radio 24 en Italie.Image: KEYSTONE

Sous cette pression, le Conseil fédéral finit par autoriser les radios privées. Le 1er novembre 1983, Radio 24 émet pour la première fois légalement depuis Zurich. Confrontée à cette concurrence, la SSR lance en 1981 son propre canal radio jeunesse, Egal 3, aujourd’hui Couleur 3.

Soutien de la population

Sur le front de la télévision aussi, les choses bougent. Partout en Europe, des chaînes privées émergent avec de nouveaux formats de divertissement et d’«infotainment» qui rencontrent un large succès. La SSR entend suivre le mouvement.

En 1984, la télévision publique alémanique DRS lance la série hebdomadaire Motel. Elle brise les tabous: consommation de drogue, racisme, apparition pour la première fois des tétons d’une femme à l’écran et baiser entre deux hommes. Le tout à une époque où de nombreux homosexuels meurent du sida en Suisse.

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La scène de Motel montrant la poitrine nue de l’actrice Silvia Jost aux côtés de l’acteur Jörg Schneider.Image: screenshot srf

Après chaque épisode, Blick publie un gros titre outré contre cette série financée par la redevance. Malgré cela, Motel reste populaire. Tout comme bien d’autres formats.

Schlagzeile des Blicks nach der Ausstrahlung einer Motel-Folge, in der der nackte Busen von Schauspielerin Silvia Jost im Bett neben Schauspieler Jörg Schneider (besser bekannt als die Stimme von Kasp ...
«"Nous avons gardé nos sous-vêtements", dit Jörg Schneider.» Une de Blick après la diffusion de l’épisode de Motel montrant un téton à l’écran.Image: screenshot srf

La télévision publique suisse, en particulier, gagne une place de choix dans le cœur de la population. Celle-ci le lui rend le 2 décembre 1984, en acceptant enfin, après deux tentatives infructueuses, le nouvel article constitutionnel sur la radio et la télévision proposé par le Conseil fédéral. Un jalon décisif qui façonne durablement le paysage médiatique helvétique.

=== AUS DER ORIGINALLEGENDE === "Neu auf die Sommersession hin, werden Techniker der SRG im kleinen Rat ein von der Journalistentribuene aus fernsteuerbare TV-Kamera installieren. Parlamentar ...
Une caméraman de la SSR filme au Conseil national, en juin 1986. Des parlementaires s’étaient auparavant offusqués qu’une femme occupe ce poste, estimant qu’elle attirerait trop l’attention et perturberait leur concentration.Image: KEYSTONE

En 1991, la loi autorise enfin les chaînes de télévision privées. Elle définit pour la première fois clairement le mandat de la SSR en tant que service public: proposer une information variée et appropriée contribuant à la libre formation de l’opinion, à l’éducation et au divertissement; tenir compte de la diversité du pays et de sa population; promouvoir la création culturelle suisse; entretenir les liens avec les Suisses de l’étranger.

Le texte précise en outre explicitement:

«L’ensemble des programmes dans une zone de desserte ne doit pas servir de manière unilatérale des partis, intérêts ou conceptions du monde.»

Et encore:

«Sauf disposition contraire du droit fédéral, les diffuseurs ne sont pas liés par des instructions des autorités fédérales, cantonales ou communales.»

L'héritage de Blocher

Ce retour sur les années tumultueuses entre 1960 et 1991 montre comment les partis et le Conseil fédéral ont longtemps tenté d’utiliser la radio et la télévision comme instruments de pouvoir. Et comment ils ont échoué. Car au final, c’est la population qui a tranché. Elle voulait une SSR indépendante, de droit public, informant de manière factuelle et neutre – parallèlement à des radios et télévisions privées.

La lutte de pouvoir autour de la SSR ne s’est toutefois pas arrêtée avec la victoire du peuple. Pas plus que les critiques du club Hofer. Parmi ses membres figurait une personnalité de poids: Christoph Blocher, ancien conseiller fédéral UDC. Son parti continue, aujourd’hui encore, de combattre la SSR. Mais cela sera l’objet du troisième et dernier volet de cette série. (adapt. tam)

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