La RTS épingle Sunrise, Swisscom et Net+
Les abonnements internet des opérateurs suisses affichent des débits toujours plus élevés, parfois jusqu’à plusieurs gigabits par seconde. Mais dans la réalité, les performances obtenues par les clients sont parfois bien inférieures aux promesses commerciales. Une enquête menée par la RTS avec la HEIG-VD met en évidence plusieurs écarts notables.
Pour éviter les biais liés au Wi-Fi ou aux ordinateurs personnels, les tests de l'émission ABE ont été réalisés dans des conditions contrôlées: ordinateur standardisé, connexion directe au routeur par câble et mesures répétées toutes les trente minutes pendant plusieurs jours chez vingt Romands.
Deux paramètres ont été analysés: le débit entrant («download»), utilisé notamment pour le streaming et les téléchargements, ainsi que le débit sortant («upload»), important pour les visioconférences.
Les résultats montrent plusieurs cas problématiques. A Leysin, un client de Sunrise, qui paie un abonnement censé fournir 200 Mbit/s, n’obtenait en moyenne qu’environ 127 Mbit/s. L’opérateur blâme l’ancienne ligne en cuivre et explique qu’une amélioration nécessitait un passage à la fibre optique.
A Vevey, un autre client Sunrise disposant d’un abonnement à 2500 Mbit/s atteignait à peine plus de 1000 Mbit/s. Cette fois, l’opérateur reconnaît un problème d’activation du modem et promet une compensation financière.
Même constat chez Net+. A Mollens (VD), un abonnement annoncé à 2000 Mbit/s plafonnait en réalité à 500 Mbit/s. L’opérateur souligne que cette limitation figurait dans les petits caractères du contrat, notamment via la mention «best effort», qui signifie que les performances peuvent varier.
Enfin, à Grandson, un client de Swisscom ne dépassait pas 58 Mbit/s avec un abonnement à 100 Mbit/s. Swisscom a identifié un problème technique et proposé l’intervention d’un technicien.
Des besoins souvent surestimés
L’enquête rappelle aussi qu’il n’est pas toujours utile de choisir les offres les plus rapides:
Les offres à 10 Gbit/s séduisent sur le papier, mais peu d’utilisateurs disposent d’ordinateurs ou de réseaux Wi-Fi capables d’exploiter réellement de telles vitesses, explique ainsi Jürgen Ehrensberger, professeur à la HEIG d'Yverdon. Et en effet, 10Gbit/s permettrait de regarder A bon entendeur sur 1000 écrans simultanément, illustre l'émission.
Pour les consommateurs, le message est clair: le débit affiché dans les publicités ne garantit pas toujours la vitesse réellement disponible à la maison. (hun)
