Le Parlement vaudois demande à Valérie Dittli de démissionner
Le Grand Conseil vaudois a voté mardi une résolution demandant formellement à la conseillère d'Etat Valérie Dittli de démissionner. Même si le texte est symbolique, il veut être «un message fort» pour que la ministre centriste prenne cette décision par elle-même.
La résolution a été soumise au plénum par le député écologiste Kilian Duggan, chef de groupe des Vert-e-s, à la suite de la publication vendredi d'un nouveau rapport accablant. Elle a été soutenue par tous les partis de gauche ainsi que les Vert'libéraux. La droite (PLR et UDC) s'est en grande partie abstenue.
La résolution, qui formule un voeux et qui est non contraignante, a été acceptée par 72 oui, 5 non et 58 abstentions. Le Conseil d'Etat a trois mois pour y répondre, sachant qu'il n'a aucune prérogative légale pour suspendre et encore mois «licencier» un de ses membres.
Valérie Dittli a, elle, déjà exclu vendredi dernier de démissionner. Dans une déclaration personnelle, elle s'est défendue de certaines accusations et a réaffirmé sa volonté de continuer à agir pour le canton. Interrogés par Keystone-ATS, ses services ont indiqué qu'elle n'avait pas prévu de réagir au vote de la résolution et qu'elle «en restait à sa déclaration de vendredi».
Selon le rapport de l'ancien juge cantonal Jean-François Meylan, Valérie Dittli a bel et bien conclu un accord confidentiel pour qu'une plainte pénale à son encontre soit retirée, sans en avertir le Conseil d'Etat. Epinglée pour avoir menti et caché des informations, la ministre centriste n'a ainsi plus toute la confiance du gouvernement, qui souligne même qu'elle sera difficile à rétablir.
Dans la foulée, tous les partis de gauche ainsi que les Vert'libéraux ont appelé à sa démission. A droite, le PLR et l'UDC n'ont pas directement appelé à la démission, mais se sont désolidarisés de la ministre centriste, le PLR annonçant déjà qu'il «ne se voit pas mener campagne aux côtés de Valérie Dittli en 2027» dans le cadre de l'Alliance vaudoise (PLR, UDC, Centre).
«Inacceptable»
Intitulée «Il est enfin temps de prendre ses responsabilités», la résolution était concertée entre les Vert-e-s, les socialistes et Ensemble à gauche & POP. Pour Kilian Duggan, «la situation est aujourd'hui tout simplement inacceptable et entraîne un risque concret pour le fonctionnement des institutions ainsi que la réputation du canton dans son ensemble».
prendre ses responsabilités»
Lors du débat sur la résolution, les partis ont avancé pratiquement les mêmes arguments que lors de leurs réactions immédiates vendredi par voie de communiqués de presse, après la présentation du rapport Meylan devant les médias.
La gauche estime qu'on est arrivé à «un point de non-retour». Elle a dénoncé «les confusions et les mensonges» de Mme Dittli tant au Conseil d'Etat que devant le Grand Conseil. «Elle est dans l'incapacité de s'insérer et à travailler dans un collège gouvernemental», a critiqué le chef du groupe PS, Sébastien Cala. «Il y a désormais une exemplarité à reconnaître ses erreurs», a ajouté son camarade de parti Romain Pilloud.
A droite, la présidente du PLR Vaud Florence Bettschartt-Narbel a rappelé que le Grand Conseil n'avait pas la compétence pour demander une démission. «Seule Mme Dittli peut le faire d'elle-même. C'est donc de sa responsabilité, et non de celle du Parlement, de la pousser à le faire», a-t-elle dit, précisant que son parti s'abstiendrait en grande majorité lors du vote.
Même position de l'UDC. «Nous nous abstiendrons sur la forme, mais pas sur le fond. La situation est grave et la confiance est rompue. C'est à la ministre de décider. La résolution est un voeu pieux et électoraliste à une année des élections cantonales», a argué Cédric Weissert, chef du groupe UDC. Plusieurs élus à droite ont en outre estimé que c'était à la justice désormais de se prononcer et qu'il ne «fallait pas mettre de pression» sur le Ministère public et «éviter toute surenchère». (jah/mbr/ats)
