Pourquoi le PLR jubile après les résultats de ce dimanche
Lorsque la nette approbation de l’imposition individuelle est annoncée, la coprésidente du PLR, Susanne Vincenz-Stauffacher, a les larmes aux yeux. Elle nous raconte cette journée historique et replace ce résultat dans son contexte.
👉 Le déroulé complet de cette journée de votations 👈
L’imposition individuelle va passer. Vous avez remporté une victoire historique et portez la responsabilité de la plus grande réforme fiscale de ces dernières décennies. Que ressentez-vous?
Susanne Vincenz-Stauffacher: J’ai délibérément essayé de rester très détendue. Mais c’est une journée chargée d’émotion et absolument merveilleuse, une journée où l’histoire s’écrit. Et cela tombe justement le jour de la Journée internationale des femmes.
Pourquoi cela vous touche-t-il autant?
Pouvoir franchir aujourd’hui cette étape, abolir des décennies d’injustices et la «pénalisation du mariage», tout en accomplissant un grand pas vers l’égalité, c’est remarquable. C’est une victoire pour la prospérité de notre pays. Et je tiens à souligner ceci. De nombreux hommes y ont aussi contribué. Un large mouvement s’est formé et a dit qu’il fallait désormais s’y atteler.
A un moment donné, il a semblé que le résultat pourrait être serré. Comment avez-vous vécu cette incertitude?
Nous avons perdu du soutien au moment de la deuxième vague de sondages. A ce moment-là, il était clair pour moi que les premiers sondages, qui montraient une très forte approbation, ne reflétaient pas la réalité. Cela s’est aussi vu au Parlement. Là, la situation a toujours été serrée.
A un moment donné, vous n’y croyiez plus vous-même?
Nous avons senti que de nombreuses électrices et de nombreux électeurs étaient déstabilisés, notamment à cause des campagnes de l’opposition, qui avançaient des chiffres très élevés et parfois erronés. La dramatisation fait partie de la politique, c’est légitime. Mais lorsque l’on attise l’incertitude avec de faux chiffres, cela devient problématique. Cela a certainement été l’une des phases les plus intenses de ma carrière politique.
Jusqu'à présent, le PLR ne s’était pas affiché comme un parti de l’égalité. En tant que nouvelle coprésidente, souhaitez-vous mettre l'accent sur d'autres éléments?
Lorsque les délégués m’ont élue en octobre avec Benjamin Mühlemann, ils savaient ce que je défendais. Je ne suis pas une inconnue. Ils savaient que j’avançais aussi sur les questions sociétales. Mais cette réforme n’est pas l’œuvre d’une seule personne. C’est un projet collectif, un compromis élaboré au Parlement. C’est aussi une évolution que nous avons traversée ensemble en tant que parti.
Sur tous les objets soumis au vote aujourd'hui, le PLR est du côté des vainqueurs. Est-ce un bon départ pour votre co-présidence, surtout en vue des élections de 2027?
Je dirais même que c’est un très bon départ, dans une campagne électorale qui a en réalité déjà commencé. Bien sûr, cela fait déjà un certain temps que nous travaillons bien. Mais une victoire lors d’une votation donne un bel élan. Nous le prenons volontiers.
Des critiques affirment qu'à gauche la mobilisation a été forte et qu’elle a influencé le résultat. Comment voyez-vous les choses?
Le vote portait sur la proposition de mise en œuvre du Parlement, pas sur l’initiative. C’était un compromis largement soutenu. Bien entendu, en politique il faut des majorités. Et à la fin, il s’est avéré que ce modèle était capable de réunir cette majorité.
Le Centre maintient son initiative. Trouvez-vous cela problématique?
Le peuple a désormais tranché. Les différences ne sont pas grandes entre la mise en œuvre et l’initiative initiale. Ceux qui prétendent aujourd’hui qu’il s’agissait d’un système complètement différent n’étaient sans doute pas très présents durant la campagne de votation. S’en tenir à l’initiative semble plutôt motivé par des considérations idéologiques.
Cela pourrait-il poser des problèmes juridiques?
Du point de vue strictement juridique, une initiative acceptée fait que celle-ci sera inscrite dans la Constitution. Si la Constitution et la loi se contredisent, il faudra trouver une solution. Mais j’en suis convaincue. Avec la décision prise aujourd’hui, la nécessité d’agir est clairement réglée. Il s’agit maintenant de mettre cela en œuvre de manière cohérente sur la voie engagée et de garder aussi un œil sur les finances.
Et maintenant, allez-vous ouvrir une bouteille de champagner?
Seulement lorsque tout sera définitivement réglé.
Traduit de l'allemand par Joel Espi
