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«Scream 7»: un film sauvé par la nostalgie

Mais qui se cache sous le masque de ce tueur increvable? La réponse va vous étonner (ou pas).
Mais qui se cache sous le masque de ce tueur increvable? La réponse va vous étonner.Image: Paramount Pictures

Le nouveau «Scream» est sauvé par la nostalgie

Le tueur Ghostface est de retour dans un nouveau volet qui s’annonçait catastrophique, mais qui s’en sort finalement sous la forme d'un doudou pour les fans de la franchise.
26.02.2026, 18:5526.02.2026, 21:05

Il y a tout juste 30 ans, sortait le premier Scream. Un petit film d’horreur promis à devenir culte, et bien plus encore. En effet, l'arrivée du tueur masqué surnommé Ghostface traquant la jeune Sidney Prescott (Neve Campbelle) a contribué à faire renaître sur les écrans le cinéma de genre, et plus particulièrement le slasher, ce registre où un tueur masqué traque des adolescents. Sans Scream, pas de Souviens-toi… l’été dernier, de Destination finale ou encore d’Urban Legend, autant de nouvelles sagas qui ont marqué toute une génération de cinéphiles en quête de frissons, en salles comme au vidéoclub.

Scream 7 débarque à une date anniversaire importante pour la saga, et autant dire que le film revient de loin. Lancée dans une nouvelle dynamique, la franchise avait amorcé un tournant avec un nouveau Scream en 2022, le cinquième volet, malgré son titre sans numéro, puis avec le très mauvais Scream 6, sorti l’année suivante. Ces deux films mettaient en avant de nouvelles héroïnes, les sœurs Carpenter, incarnées par Melissa Barrera et Jenna Ortega. Mais en 2023, la production a brutalement licencié Melissa Barrera pour des tweets jugés antisémites au sujet de la guerre à Gaza, entraînant le départ de Jenna Ortega en signe de soutien. Cerise sur le gâteau: le réalisateur Christopher Landon a lui aussi quitté le projet. Tout semblait alors compromis, forçant le studio à repartir de zéro.

Pourtant, il semblerait que ces départs aient été ce qui pouvait arriver de mieux à la saga, tant on ne peut que se réjouir du retour de Kevin Williamson, créateur et scénariste historique de la franchise, cette fois installé dans le fauteuil du réalisateur. Un come-back également marqué par la présence de Neve Campbell, avec la promesse d’une intrigue recentrée sur le personnage originel et sa fille adolescente.

Vidéo: watson

Retour donc dans une petite ville fictive de l’est des États-Unis. Sidney Prescott (Neve Campbell) y coule des jours paisibles aux côtés de son mari, le policier Mark Evans (Joel McHale), et de leur fille aînée, Tatum (Isabel May), avec laquelle la relation s’avère compliquée. Une tranquillité qui va basculer lorsqu’un tueur masqué en Ghostface se remet à sévir.

«Hello Sidney»

Le succès de Scream repose sur un savant mélange d’horreur viscérale, de comédie noire et de whodunit — cet art de traquer l’assassin, à la manière d’un roman d’Agatha Christie. Le tout est porté par une brillante mise en abyme: les personnages sont pleinement conscients de l’héritage du cinéma de genre, qu’ils commentent et détournent avec un sens aigu de la métafiction. Dans Scream, on parle beaucoup de cinéma, et la saga se veut un miroir de l’industrie ainsi que de l’évolution des mœurs.

Neve Campbell avait 23 ans dans le premier Scream, elle aujourd'hui 52 ans et n'a plus peur de rien.
Neve Campbell avait 23 ans dans le premier Scream, elle aujourd'hui 52 ans et son personnage n'a plus peur de rien.Image: Paramount Pictures

La carte méta est telle que la saga est allée jusqu'à intégrer les événements du premier volet dans les épisodes suivants sous la forme d’une saga fictive intitulée «Stab». Ces ingrédients sont devenus les piliers de la franchise, déclinés au fil des six volets suivants, pour le meilleur comme pour le pire, la série flirtant parfois avec sa propre caricature. D’autant qu’une véritable parodie a bel et bien vu le jour: Scary Movie (2000), qui s’amusait justement à détourner les codes popularisés par Scream avec un humour ultra potache.

En 30 ans, Scream a connu trois volets entre 1996 et 2001, ainsi qu'un quatrième en 2011 réalisés par Wes Craven (Les Griffes de la nuit) qui comptaient pour héroïne Sidney Prescott (Neve Campbell) et, à ses côtés, la journaliste Gale Weathers (Courteney Cox) ainsi que le policier Dewey Riley (David Arquette), toujours face à des tueurs à l'identité rocambolesque.

Scream 7, qui peut se découvrir aisément sans avoir vu les deux précédents, renoue donc avec son passé en mettant au centre de son histoire Sidney Prescott et Gale Weathers face à un assassin du passé censé être six pieds sous terre. Une résurrection qui questionne l'usage de l'intelligence artificielle et la création de fausses images pour coller à son temps, quitte à en faire un ressort narratif criard qui sert uniquement à livrer des caméos d’anciens personnages sans une once de logique.

Les pieds dans le tapis

Ce nouveau volet, sans doute aidé par le fait qu'il est chapeauté par l'un de ses créateurs, est, du moins dans sa première moitié, plein de promesses. Le long-métrage se dote d'une séquence prégénérique forte, renouant avec l'essence du premier film en mettant en scène un couple dans un Airbnb qui célèbre «Stab», le Scream de la métahistoire.

Retrouver Sidney Prescott en mère protectrice face à sa fille permet d’approfondir le personnage et d’orchestrer un passage de flambeau bienvenu, porté par un message féministe qui vient, une fois encore, bousculer le mythe de la «final girl», figure centrale du slasher. Il n’est désormais plus question d’être une simple survivante, mais une véritable guerrière.

Isabel May incarne Tatum Evans, la fille de Sidney et la final girl de ce septième volet.
Isabel May incarne Tatum Evans, la «final girl» de ce septième volet.Image: Paramount Pictures

Tatum, la fille de Sidney, ainsi que ses amis, deviennent évidemment les cibles du (ou des ?) tueur(s) masqué(s) et il faut d’ailleurs reconnaître que les apparitions du meurtrier sont particulièrement réussies, distillant leur lot de frissons et de sursauts.

Les qualités du film, qui donnent envie d’y croire, finissent néanmoins par se prendre les pieds dans le tapis lors d’une seconde partie grotesque. Car le succès d’un bon Scream repose avant tout sur la force de sa révélation finale. Ici, celle-ci fait figure de pétard mouillé et rappelle que l’on assiste, une énième fois, au même spectacle un peu scolaire, avec son lot de poursuites, de morts atroces et de personnages quasi indestructibles, le tout s’achevant sur un dénouement digne d’un épisode de Scooby-Doo.

Scream 7 pâtit inévitablement de sa production chaotique, malgré des intentions louables de renouer avec l’esprit des films originaux. Le film distille une certaine nostalgie tout en évitant l’écueil du remake déguisé, comme ce fut le cas avec le cinquième volet. Une maigre consolation, puisque l’ensemble paraît aussi artificiel que le Botox dans les joues de Courteney Cox.

On aurait pu espérer que ce volet insuffle un élan nouveau à la franchise; il semblerait au contraire que l’on assiste à son dernier souffle. Puisse désormais la saga reposer en paix, sur une note pas si mauvaise, puisque cet opus a au moins le mérite de nous donner envie de revoir le premier.

Scream 7 est sorti sur les écrans mecredi 25 février. Durée: 1h 54m.

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