Voici la somme versée par les Bezos pour «s'offrir» Anna Wintour
«La mode se démode, le style jamais», disait Gabrielle Chanel. Si elle aurait pu ajouter, en son temps, que tout l'argent du monde ne suffit pas à s'acheter une crédibilité stylistique, il semblerait que ce ne plus vraiment le cas en 2026.
Page Six vient de dévoiler la somme déboursée par le fondateur d'Amazon et son épouse pour devenir coprésidents du très fermé MET Gala - et, de ce fait, entrer dans les bonnes grâces d'Anna Wintour, ancienne rédactrice en cheffe historique de Vogue, réputée pour son intransigeance à l'égard de ses convives. Autant dire que c'est faramineux: au moins 10 millions de dollars auraient été posés sur la table par les Bezos, selon le tabloïd très bien informé. Une autre source va jusqu'à articuler un montant de 20 millions.
Dans le milieu, cette soudaine largesse d'Anna Wintour vis-à-vis des Bezos agace - et va à l'encontre des valeurs du MET Gala.
Interrogée par Page Six, l'ancienne organisatrice d'événements spéciaux de Vogue, Stephanie Winston Wolkoff, y voit un signe d'un changement sociétal plus profond. «A une époque, l'accès à des lieux comme le MET Gala, ou même aux pages de Vogue, n'était pas quelque chose qui s'obtenait facilement; c'était le fruit de l'influence, du travail et de l'impact. Cela véhiculait un prestige mérité, non pas un simple achat.»
«C'était autrefois une véritable célébration des créateurs, de leurs muses et de l'art de la mode. Chaque personne présente sur le tapis rouge semblait avoir sa place, comme si elle participait à une histoire plus vaste», décrit l'autrice.
Et bim.
L'attrait du gain
Une chose est sûre: il faut accorder à Anna Wintour, actuellement directrice du contenu chez Condé Nast et directrice éditoriale internationale du célèbre magazine, qu'elle a eu un impact considérable sur les résultats financiers de l'évènement. L'an dernier, la puissante septuagénaire a réuni quelque 31 millions de dollars - le plus gros montant jamais enregistré en 77 ans d'histoire de l'événement.
Cette année, le prix des billets individuels s'élevait à 100 000 dollars, contre 75 000 l'an dernier. Le prix des tables, quant à lui, est resté inchangé par rapport à 2025, à 35 000 dollars.
Selon William Norwich, ancien rédacteur en chef de Vogue, Anna Wintour aurait sollicité les Bezos pour financer le gala il y a au moins deux ans. Cependant, d'autres sources semblent plutôt affirmer qu'elle ne les aurait approchés qu'après leur mariage en grande pompe à Venise, période durant laquelle la mariée a reçu la bénédiction tant convoitée de la papesse de la mode.
Un pouvoir évident
Malgré les réticences et le snobisme ambiant d'une partie du milieu, il faut accorder au couple parmi les plus riches du monde qu'il possède un pouvoir et une autorité incontestables. Incarnation d'un certain type du rêve américain en matière de statut, de pouvoir et de richesse, ils représentent qui plus est d'excellents clients pour l'industrie.
«Ils font partie des 2% d’acheteurs de mode qui représentent 40% des ventes de luxe», résume Amy Odell, journaliste de mode. «Et la mode s’est réorganisée pour répondre aux besoins de ce groupe. Lauren est l’archétype de cette clientèle. Elle essaie de dédramatiser à nouveau l’étalage de richesse… beaucoup de gens riches aimeraient en faire autant.»
Dans tous les cas, le résultat est le même: si les Bezos ont apporté avec eux leurs millions pour cette édition du MET Gala, leur ralliement au comité de direction éphémère, aux côtés d'autres stars comme Nicole Kidman et Beyoncé, a également apporté son lot de polémiques. Entre les grognements contrits des initiés et les manifestations extérieures prévues par les détracteurs du milliardaire aux abords du gala, cette édition 2026 ne s'annonce pas de tout repos.
Réponse dans quelques heures, au moment pour les personnalités les plus connues du monde de s'avancer sur les marches parées de velours du Metropolitan Museum.
