Orbán pourrait fuir chez Trump: voici ses projets
En Hongrie, les événements s’enchaînent désormais à grande vitesse: deux semaines après sa défaite, Victor Orbán a annoncé ce week-end qu’il renonçait également à son mandat parlementaire. «Nous ne serons pas utiles au Parlement, mais dans la réorganisation du camp national», a annoncé le premier ministre sortant dans un message vidéo, recourant visiblement au pluriel de majesté. C’est la première fois depuis 1990 qu’Orbán ne siège plus à l’Assemblée nationale.
Au cours de près de quatre décennies, le parti Fidesz, qu’il a fondé, a connu succès et revers. Une chose n’a toutefois pas changé, selon Orbán:
S’agit-il d’un vœu pieux ou d’un déni de réalité? La cohésion interne du parti s’est depuis longtemps fissurée. Ces fractures ne sont pas apparues le soir de l’élection, mais se sont creusées au fil des années. L’exemple le plus marquant est celui de Peter Magyar, vainqueur du scrutin et futur chef du gouvernement. Ancien membre du système Orbán, il a rompu publiquement avec le parti il y a deux ans. Ce fut le début de la fin pour Orbán.
«Erreurs, péchés et trahison»
Dans les semaines précédant l’élection, de plus en plus d’initiés du Fidesz sont sortis de l’ombre. Le cas le plus marquant est celui de Bence Szabó, responsable d’une unité de lutte contre la cybercriminalité. Il a décrit les pressions politiques exercées sur son service pour orienter les enquêtes visant le parti Tisza de Magyar dans un sens favorable au gouvernement. Qu’un haut fonctionnaire prenne ainsi la parole a marqué une nouvelle étape dans la perte de confiance.
Des fractures encore plus profondes sont apparues immédiatement après le scrutin. Deux exemples: András Cser-Palkovics, maire de la grande ville de Székesfehérvár, a jugé le parti trop agressif et a appelé à un style de direction entièrement nouveau. Le portail d’information Telex a également rapporté qu’un maire affilié à Fidesz avait admis avoir voté pour le parti Tisza de Magyar.
Orban doit désormais assumer la défaite. Son départ du Parlement s’inscrit dans cette logique. Après 16 ans au pouvoir, il apparaît de toute façon difficilement crédible dans le rôle d’opposant au sein du travail parlementaire quotidien. Le nouveau chef du groupe parlementaire Fidesz sera Gergely Gulyás, ancien directeur de la chancellerie. Máté Kocsis, qui occupait jusqu’ici ce poste, l’a quitté en évoquant «de nombreuses erreurs, péchés et trahisons» dans les rangs du parti. Et d’ajouter, sur un ton combatif:
Prochaine étape: Coupe du monde
Orbán pourrait chercher refuge aux Etats-Unis dans un avenir proche, au moins pour quelques jours. C’est ce qu’a appris le journaliste hongrois Szabolcs Panyi auprès de sources internes. Au programme du dirigeant, fervent amateur de football: notamment une visite à la Coupe du monde. Le fait que sa fille Ráhel, son gendre István Tiborcz et leurs enfants vivent à New York depuis l’an dernier rend ce séjour plus aisé. Orbán ne voyagerait donc pas en exilé, mais en grand-père.
Si le nouvel appareil d’Etat dirigé par Tisza à Budapest devait commencer à poser des questions embarrassantes, Orbán pourrait se présenter aux Etats-Unis comme un patriote persécuté. Il y trouverait un environnement idéologique favorable: la Heritage Foundation, la CPAC et d’autres cercles conservateurs, entretenus pendant des années grâce à des fonds publics hongrois, pourraient lui servir de relais. Autant de tribunes et de structures d’accueil pour un mouvement politique qui, dans son pays, semble aujourd’hui en pleine recomposition. (trad. hun)
