Après l’attaque antisémite à Londres, un homme a été inculpé
La police britannique a annoncé vendredi l'inculpation du suspect arrêté après l'agression à l'arme blanche de deux hommes juifs mercredi dans le nord de Londres. Cet incident constitue la dernière d'une série d'attaques ces dernières semaines contre la communauté juive.
Le suspect a été inculpé de «deux chefs de tentative de meurtre» et pour «possession d'un objet tranchant dans un lieu public», a affirmé la police dans un communiqué. Cet homme de 45 ans est un ressortissant britannique né en Somalie. Il était arrivé enfant au Royaume-Uni dans les années 1990, selon la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood.
Il devait comparaître vendredi devant le tribunal de Westminster à Londres. L'attaque de mercredi, qualifiée de «terroriste» par la police, s'inscrit dans une série d'incendies et de tentatives d'incendie qui, depuis fin mars, visent notamment des synagogues dans plusieurs quartiers du nord-ouest de la capitale, où vit une importante communauté juive.
Elle a augmenté les inquiétudes de cette communauté, très remontée contre les autorités, qu'elle accuse de ne pas la protéger suffisamment.
Menace relevée
Le Royaume-Uni a rehaussé jeudi son niveau de menace terroriste d'un cran, à «sévère», évoquant à la fois l'attaque antisémite survenue la veille et une hausse de la «menace islamiste et d'extrême droite». Cela signifie qu'une action terroriste est considérée comme «hautement probable», a précisé la ministre de l'Intérieur.
«Nous sommes confrontés à une sorte de pandémie d'antisémitisme dans la société», s'est aussi inquiété vendredi le chef de la Metropolitan Police Mark Rowley sur Times Radio, ajoutant que des moyens supplémentaires sont déployés dans certains quartiers de Londres.
Le Premier ministre Keir Starmer a, lui, appelé jeudi le pays à «s'unir pour lutter contre l'antisémitisme», après s'être rendu dans le quartier de Golders Green, où s'est déroulée l'attaque de et où il a été hué par des habitants. Il a notamment mis en cause les slogans scandés lors de marches pro-palestiniennes, qui se tiennent régulièrement dans les grandes villes du pays depuis la guerre à Gaza.
«Antécédents de violence»
Les deux hommes blessés dans l'attaque sont respectivement âgés de 34 et 76 ans. Le plus jeune est sorti de l'hôpital et le second reste hospitalisé «dans un état stable», selon la police.
Elle a jusqu'ici donné peu d'informations sur le suspect, précisant qu'il était aussi inculpé pour un autre incident qui s'était produit mercredi matin dans un quartier du sud de Londres. Armé d'un couteau, il aurait eu une altercation avec une autre personne, légèrement blessée. Les forces de l'ordre avaient tenté de le localiser sans succès.
L'homme, qui a aussi des «antécédents de violence grave et des problèmes psychologiques», avait été signalé en 2020 au programme gouvernemental de prévention de l'extrémisme, mais son dossier avait été classé la même année.
Un groupe nébuleux, baptisé «Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya» (Hayi), et qui serait pro-Iran, a revendiqué les incendies et tentatives d'incendie à Londres ces dernières semaines, ainsi que d'autres ailleurs en Europe. Mercredi, il a salué l'attaque au couteau de Golders Green et l'a attribuée à ses «loups solitaires».
Sans citer ce groupe, Keir Starmer a promis jeudi d'agir «pour faire face à la menace malveillante que représentent des Etats comme l'Iran». «Nous savons pertinemment qu'ils veulent nuire aux Juifs britanniques», a dit le travailliste qui a récemment promis de présenter un projet de loi destiné à interdire le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), l'armée idéologique de l'Iran. (tib/ats)
