Cette femme pourrait devenir la grande rivale de Giorgia Meloni
Double participante aux Jeux olympiques pour l’Italie, elle pourrait désormais se retrouver engagée dans une tout autre compétition. La maire de Gênes est aujourd’hui connue bien au-delà de sa ville et circule comme une possible adversaire de la cheffe du gouvernement.
Agée de 40 ans et ancienne lanceuse de marteau, elle incarne une gauche modérée, souvent perçue comme un contrepoids au camp conservateur de Giorgia Meloni. Sans expérience politique nationale, elle s’exprime néanmoins avec clarté sur les grands enjeux du pays. «Je suis une candidate progressiste, fermement convaincue que le développement économique et la justice sociale peuvent aller de pair», a-t-elle déclaré à l’agence Bloomberg.
Salis a rallié l’opposition face à un candidat de Meloni
Giorgia Meloni traverse une période politique plus complexe. Sur le plan intérieur, son gouvernement a récemment subi un revers parlementaire sur la réforme de la justice. A l’international, elle a été critiquée par Donald Trump sur les restrictions d’atterrissage visant des avions militaires américains, tandis que ses relations avec l’ancien président américain se distendent. La défaite de Viktor Orban a, par ailleurs, affaibli un autre appui important de la droite européenne.
Dans ce contexte, Silvia Salis apparaît comme une personnalité susceptible d’apporter un nouveau souffle. Sans affiliation partisane, elle se situe à gauche de l’échiquier politique tout en conservant une sensibilité centriste. En 2025, sa victoire face à un candidat soutenu par Giorgia Meloni, grâce à une large mobilisation de l’opposition, a attiré l’attention de la classe politique nationale.
Une athlète devenue élue locale
Les prochaines élections nationales sont prévues l’an prochain. L’opposition reste fragmentée, allant du Parti démocrate au mouvement Cinq Étoiles, en passant par les Verts et l’Alliance de gauche. Aucune figure capable de fédérer l’ensemble du camp n’a encore émergé. Les noms de Giuseppe Conte et d’Elly Schlein dominent toutefois le paysage politique.Les noms de Giuseppe Conte et d’Elly Schlein dominent toutefois le paysage politique.
Silvia Salis, elle, dépasse déjà son seul rôle de maire. Ancienne vice-présidente du Comité olympique national italien, une première pour une femme, elle a conservé un lien symbolique fort avec le sport, jusqu’à se faire tatouer les anneaux olympiques sur le cou après sa carrière d’athlète.
Interrogée sur ses ambitions nationales, elle reconnaît l’intérêt suscité par son profil: «Il est évident que je ne peux pas échapper à cette attention nationale, ni aux questions. C’est intéressant, et cela me flatte» Elle dit ne pas envisager de participation directe aux primaires, tout en laissant la porte entrouverte:
Le week-end dernier, Silvia Salis est apparue lors d’un événement sur la Piazza Matteotti aux côtés de la DJ belge de renom Charlotte de Witte, lunettes de soleil tendance sur le nez et en train de danser. Une présence qui allait au-delà des obligations protocolaires de la maire. Elle entend investir davantage l’espace public, en particulier pour les jeunes. Il y a trois ans, la présidente du Conseil des ministres, Giorgia Meloni, avait fait adopter une loi contre les raves illégales, vivement critiquée.
Soutien d’un ancien cador
La responsable de gauche défend une réforme du système de santé, une hausse des recettes fiscales et un encadrement des prix lorsque cela est jugé nécessaire. En revanche, souligne Bloomberg, elle n’a pas encore pris position sur des sujets controversés comme le nucléaire ou le revenu de base.
Elle n’est pas seule dans l’hypothèse d’une carrière nationale. Le démocrate Matteo Renzi, ancien chef du gouvernement, figure parmi ses soutiens. Son conseiller, Marco Agnoletto, travaillerait déjà à ses côtés, selon Bloomberg.
Davide Ghiglione, journaliste originaire de Gênes, a déclaré au Guardian que Salis séduit notamment parce qu’elle accorde la priorité aux jeunes. «Gênes est l’une des villes dont la population est la plus âgée d’Europe, et les précédentes administrations ont été accusées d’avoir oublié les jeunes. Elle est jeune et dynamique», a-t-il expliqué.
Elle rejette, par ailleurs, les commentaires sexistes et les critiques sur ses apparitions en chaussures Manolo Blahnik coûteuses. «Je peux défendre des valeurs de gauche tout en m’habillant élégamment», cite le journal britannique.

