Sacrée vie que celle du prince Harry. Après une série de désagréments douloureux la semaine passée (le report de la nouvelle série Netflix de sa femme Meghan, les incendies dévastateurs tout proches de leur domicile de Los Angeles et enfin, un article calamiteux à leur sujet dans le Vanity Fair américain), cette semaine-ci ne s'est pas révélée beaucoup plus calme pour le duc et la duchesse de Sussex.
Après le retour en fanfare et au pouvoir de leur ennemi public n°1 (Donald Trump pour ne pas le citer), le prince a tout de même pu célébrer une victoire majeure dans son procès contre l'empire médiatique du magnat milliardaire Rupert Murdoch, qui devait débuter mardi devant la Haute Cour de Londres.
En effet, à l'issue d'un accord à l'amiable avec l'éditeur du tabloïd The Sun, News Group Newspapers, le prince Harry a non seulement échappé à un procès extrêmement coûteux, mais il aurait en plus empoché la somme rondelette de 12 millions de dollars, selon le Daily Beast.
Bien que le montant officiel n'ait pas été dévoilé, une source «familière» des détails de l'arrangement a affirmé que les dommages et intérêts versés au duc dépassaient «huit chiffres». De quoi assurer encore quelques bonnes bouffes dans les restaurants huppés de Montecito, où Harry et Meghan sont sur le point de célébrer leurs cinq ans d'installation dans leur manoir doré.
Cinq ans... mais Dieu sait combien de temps encore. Car le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche pourrait également marquer le déclenchement de nouveaux ennuis administratifs pour le couple exilé de la Couronne britannique.
Voilà presque deux ans que l'Heritage Fondation, groupe de réflexion aussi conservateur qu'influent à Washington, connu pour être à l’origine du tristement célèbre projet de gouvernement «Project 2025», fait pression pour que le dossier d'immigration de Harry soit révélé au grand jour.
Ces efforts font suite aux confessions du prince dans ses mémoires à succès en 2023, Spare, sur sa consommation de cocaïne, cannabis et autres champignons psychédéliques. Pour l'Heritage Foundation, il s'agit de déterminer si le prince a menti dans sa demande de visa - ou pire, s'il n'a pas bénéficié d'un traitement de faveur de la part de l'administration Biden pour s'installer en Amérique.
Pour rappel, tout demandeur de visa ou d'une carte verte est généralement tenu de divulguer ses antécédents en matière de drogues - et peut faire face à de lourdes conséquences en cas de mensonge ou de tromperie. Aussi lourdes que l'expulsion.
L'an dernier, pourtant, Harry avait bénéficié d'un sursis: un juge avait statué que «faute d'intérêt majeur», ses documents de candidature resteraient privés.
Le second mandat de Donald Trump change la donne - lui qui ne porte pas Harry et Meghan dans son cœur et qui avait promis lors de sa campagne pour la Maison-Blanche de prendre les «mesures appropriées» concernant le prince immigré.
Et comme le soulignait un avocat spécialiste de l'immigration dans le Daily Beast dans la foulée, le président a de nombreux moyens à sa disposition pour lui gâcher la vie. «Son visa pourrait être annulé. Il pourrait se voir refuser l’entrée aux Etats-Unis à son retour d’un voyage à l’étranger pour inadmissibilité en raison d’une consommation antérieure de drogue, malgré un visa non expiré dans son passeport», suggère l'expert.
Le 47e président fraîchement investi, les avocats et les membres de la Heritage Foundation espèrent désormais qu'il annulera la décision du tribunal de garder les documents scellés. «J'exhorterai le président à publier les dossiers d'immigration du prince Harry et il a l'autorité légale pour le faire», a confirmé le patron du groupe, Nile Gardiner, au New York Post, ce mercredi.
«L'administration Biden a fait de gros efforts pour tenter d'empêcher la publication des dossiers d'Harry», a ajouté Nile Gardiner, précisant encore que le prince et son épouse ont reçu un «traitement spécial».
S'il est probable que les Sussex ne soient pas encore très haut placés sur la liste des priorités du chef d'Etat américain, mieux vaudrait pour eux de se préparer à toute éventualité. Donald Trump, que Meghan avait qualifié en son temps de «misogyne» et snobé lors de sa visite au Royaume-Uni pendant son premier mandat, a bonne mémoire. Et la rancune tenace.
«S'ils disent quoi que ce soit d'autre pour le contrarier, je ne pense pas qu'il aura de scrupules», soufflait mercredi l'autrice royale Sarah Louise Robertson sur la chaîne GB News. En attendant, le feuilleton du visa continue. Et il s'annonce passionnant.