Lorsque l'Euro de foot est passé de 16 à 24 équipes en 2016, un grand scepticisme régnait. Deux choses étaient critiquées. On craignait d'abord que le tournoi s'affaiblisse. On fustigeait ensuite le nouveau format de la compétition. Ces quatre meilleurs troisièmes qualifiés pour les huitièmes de finale, ça ne convenait à quasiment personne.
Après trois tournois, on se rend compte que la première crainte était infondée. Les équipes supplémentaires ne nuisent pas au Championnat d'Europe. Elles le rendent meilleur. Quand on repensera à l'édition 2024 dans quelques années, personne ne se souviendra du triste 0-0 entre la France et les Pays-Bas et de la victoire de l'Espagne 1-0 contre l'Italie en phase de groupes.
Nous nous remémorerons en revanche les belles histoires, celles des nations les plus faibles. Nous nous arrêterons sur la victoire de la Géorgie face au Portugal. Nous montrerons les images de liesse de ce peuple, qualifié pour la phase à élimination directe. Ce sont ces émotions qui rendent les tournois si spéciaux.
Il n'y a pas que les rares succès de David contre Goliath qui rendent les matchs des «petits» à l'Euro attrayants. Les rencontres les moins attendues ont offert du grand spectacle. Turquie-Géorgie est peut-être le plus beau match de la compétition. Mais Croatie-Albanie, Pologne-Autriche et Tchéquie-Turquie sont également dans la course. C'était mieux que les purges de l'Angleterre, de la France et de la Belgique.
Reste le problème du format. Ce nouveau mode de qualification est problématique. Il n'est tout simplement pas juste. Premièrement, les équipes jouant plus tard peuvent calculer à l'avance le résultat permettant d'assurer la qualification. Deuxièmement, certains premiers affrontent en huitième de finale un troisième de groupe, alors que d'autres se coltinent un deuxième.
Là encore, de nombreux supporters pourraient craindre que le tournoi s'affaiblisse. Ce qu'on oublie, c'est que le niveau de performance en Europe est exceptionnellement élevé.
Les huit équipes supplémentaires ne seraient pas des nains comme le Liechtenstein ou les îles Féroé. Nous ajouterions la Norvège d'Erling Haaland et Martin Odegaard. Il y aurait aussi la Grèce, qui a démontré en 2004 que les outsiders sont capables d'aller au bout. Les Irlandais, les Bosniaques ou les Gallois pourraient aussi débarquer avec leurs supporters enthousiastes.
Avec 32 équipes, le Championnat d'Europe des nations ressemblerait à la Coupe du monde. Huit groupes, les deux premiers qualifiés pour les huitièmes de finale. L'équité serait garantie. Le niveau avec huit équipes supplémentaires ne serait guère plus faible. Et les émotions seraient encore plus grandes.