Vendredi dernier, un chasseur a perdu la vie lors d'une partie de chasse à Oulens-sous-Echallens, dans le canton de Vaud. La victime, un homme de 64 ans domicilié dans le canton de Fribourg, a été mortellement atteinte par le tir d'un autre chasseur. Les deux individus faisaient partie d'un groupe de sept personnes qui s'étaient retrouvées pour traquer une harde de sangliers.
Les drames de ce type sont très rares, mais un certain nombre d'accidents de chasse se produisent chaque année en Suisse, et certains cas connaissent une issue fatale. Voici ce que disent les chiffres.
Les dernières données de ChasseSuisse, récoltées avec la Suva et relatives à la période 2016-2020, font état d'une moyenne de 297 incidents par an. Les accidents mortels ont été au nombre de cinq, soit un par année. En outre, 10 cas ont entraîné le versement d’une rente d’invalidité. Le Bureau de prévention des accidents (BPA) avance des chiffres similaires: sept accidents mortels ont été enregistrés entre 2019 et 2023.
Contrairement au drame qui s'est produit vendredi dernier, la plupart des décès ne sont pas dus à des tirs. C'était le cas d'un seul accident mortel recensé par ChasseSuisse entre 2016 et 2020. Les autres sont survenus suite à des chutes en terrain difficile, ce qui constitue «le plus grand risque d’accident lors de la chasse», assure l'association. Et de développer:
«Dans plus de 85% des cas, les décès sont consécutifs à une chute», lui fait écho Lucien Combaz, responsable du service presse du BPA.
Dans environ 8% des accidents signalés par ChasseSuisse et le BPA, une arme est impliquée. Pourtant, cela ne veut pas forcément dire qu'un tir accidentel a eu lieu. «Un accident avec une arme à feu est toujours enregistré en tant que tel dès qu’une personne en porte une sur elle», nuance ChasseSuisse. Cela inclut les blessures dues au recul ou survenant lors du nettoyage de l’arme à domicile. Le choc avec une arme lors d'une chute fait également partie de cette catégorie.
Une autre cause très répandue, à l'origine d'un tiers des accidents recensés par ChasseSuisse et le BPA, sont les piqûres et les morsures d'insectes - de tiques, la plupart du temps. «Outre la méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) et la borréliose de Lyme, les tiques peuvent également transmettre la peste du lièvre et provoquer des infections bactériennes potentiellement mortelles», explique l'association.
Concernant les blessures, le BPA note que leur nombre varie selon l’année. Entre 2010 et 2019, il en a comptabilisé une moyenne de 327 par an. «Les chiffres n’indiquent pas d’évolution significative au fil des ans», ajoute Lucien Combaz.
Sur la période 2017-2021, le BPA note encore que 13% des accidents sont survenus à l’étranger. Dans plus de la moitié des cas, il s'agissait de blessures superficielles et de contusions; 20% étaient des entorses, des foulures et des déchirures de tendon, alors que 16% étaient des plaies ouvertes.
Finalement, 8% des accidents touchaient des femmes, un pourcentage en hausse par rapport à la période 2000- 2009, pendant laquelle la part de chasseuses impliquées dans des incidents s'élevait à 4%.
Environ 30 000 chasseurs sont actifs en Suisse, rappelle finalement ChasseSuisse.