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SIG Sauer P320: on a fouillé les documents de l'armée suisse

AdA werden auf Schiessstand an der Pistole 75 ausgebildet (2011).
Lizenz: CC BY-NC-ND (https://www.mediathek.admin.ch/about/conditions)
Le pistolet de service de l'armée suisse doit être remplacé. Pas par un Glock, mais un modèle nettement plus complexe..Image: VBS/DDPS

Le futur pistolet de l'armée suisse présente beaucoup de défauts

L’armée suisse voulait en réalité adopter le Glock 17 comme nouvelle arme de service standard. Mais les responsables en ont décidé autrement. Les recherches de watson révèlent ce qui se cache derrière ce choix.
10.01.2026, 15:4710.01.2026, 15:47
Daniel Schurter
Daniel Schurter

L’Office fédéral de l’armement (Armasuisse) et l’armée suisse veulent se doter d’un nouveau pistolet de service. Leur choix s’est porté sur le P320, un modèle controversé du fabricant américain SIG Sauer, et qui devrait être assemblé en Suisse.

Seul un modèle plus cher de l'entreprise autrichienne Glock remplissait toutes les exigences techniques de l'armée suisse. L'arme avait également passé avec succès les tests de terrain. Moins coûteux, le SIG Sauer P320 avait en revanche échoué sur plusieurs points pourtant requis par la Suisse et jugés importants.

Nous nous sommes penchés sur le cahier des charges techniques établi en amont par des spécialistes de l’armée.

Que se passe-t-il avec le SIG Sauer P320 suisse?

Lorsqu'il s'agit du nouveau pistolet de l’armée, la sécurité des soldats est-elle vraiment la priorité? Le choix de la P320 laisse penser autrement.

Il y a de nombreux incidents connus, principalement aux Etats-Unis, lors desquels des coups sont partis soudainement. Lors du débat public autour de la fiabilité de fonctionnement, du SIG Sauer P320, ces accidents ont constitué l’élément le plus critique.

En anglais, on parle d’unintentional discharges, des tirs non intentionnels qui surviennent sans que la détente n’ait été actionnée. Dans de nombreux cas, les armes impliquées se trouvaient pourtant en sécurité dans un holster, portées à la ceinture ou même rangées ailleurs.

Le fabricant américain SIG Sauer, tout comme sa filiale suisse, a répété à plusieurs reprises que le P320 ne présentait ni défauts ni faiblesses à la sortie d’usine. Les tirs non intentionnels seraient dus à des erreurs de manipulation ou à d’autres négligences de la part des propriétaires.

Mais cette version est contestée. Et ces doutes étaient très certainement connus des spécialistes fédéraux chargés des acquisitions. D’où l’intérêt de se pencher sur les exigences techniques formulées par l’armée pour son nouveau pistolet de service. Car ce sont jusqu’à 140 000 exemplaires qui doivent être achetés, en plusieurs fois.

Des documents internes lèvent le voile sur la procédure d’acquisition

A la suite d’une demande de watson, et sur la base de la loi fédérale sur la transparence (LTrans), l’armée suisse a transmis, juste avant Noël, deux documents internes relatifs à la procédure d’acquisition du nouveau pistolet de service.

Armee-internes Dokument zu den technischen Anforderungen an die neue Schweizer Armeepistole (Pist 24).
Screenshot: watson

Il s’agit d’exigences techniques formulées par l’armée pour son nouveau pistolet. Un deuxième document entre dans le détail des critères élaborés entre septembre 2021 et fin 2022.

Les responsables ont procédé à des caviardages. D’une part, des données personnelles concernant les acteurs ont été rendues illisibles afin de protéger leur sphère privée. D’autre part, certains passages ont également été masqués, l’armée estimant qu’ils pourraient:

«Mettre en danger la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse»

Cette analyse vise avant tout à mettre en lumière les principaux éléments du cahier des charges de l’armée et à les examiner de manière critique.

Selon le porte-parole de l’armée Matthias Volken, un rapport confidentiel sur l’acquisition du pistolet – un document portant sur les essais de troupe menés avec les modèles des candidats Glock (Autriche), H&K (Heckler & Koch, Allemagne) et SIG Sauer (Etats-Unis, Suisse) – est «encore en cours d’examen juridique», avant qu'il soit remis aux journalistes et au public intéressé par l'affaire. Ce rapport d’évaluation devrait, espérons-le, livrer de précieux enseignements.

Il convient, par ailleurs, de souligner que le contrat d’acquisition avec SIG Sauer n’a pas encore été signé. Le fabricant américain doit procéder à de légères améliorations. Celles-ci ne concernent toutefois pas, selon le chef de l’armement suisse et directeur d’Armasuisse Urs Loher, une amélioration de la «sécurité technique» du P320.

La commande prévue devra ensuite être approuvée par le Conseil national et le Conseil des Etats dans le cadre du «message sur l’armée», le rapport annuel et la demande du Conseil fédéral au Parlement.

Quelles sont les nouvelles révélations sur cet achat?

Les recherches de watson montrent que l’armée envisageait déjà, il y a plusieurs années, de remplacer son pistolet de service actuel, le SIG P220, par le Glock 17, un modèle déjà introduit avec succès au sein des forces spéciales. Ce Glock s’était révélé fiable et économique. Mais pour des raisons juridiques et politiques, son adoption comme nouvelle arme standard de l’armée a échoué.

Schiesstraining mit einer SIG Sauer P320 (2024).
Ce n’était pas le premier choix de l’armée à l’origine: le P320 de SIG Sauer.Image: Shutterstock

Armasuisse avait opposé son veto en 2021, estimant que l’achat d’un grand nombre de Glock ne pouvait pas se faire «de gré à gré». La loi fédérale sur les marchés publics (LMP) impose en effet une procédure de sélection standardisée dès que les montants en jeu dépassent un certain seuil.

Auszug aus einem internen Armee-Dokument zur Beschaffung der neuen Armeepistole.
Screenshot: watson

L’armée voulait donc le Glock, mais Armasuisse avait imposé une mise en concurrence entre plusieurs fabricants. Le directeur d’Armasuisse était ensuite lui-même intervenu dans la procédure en cours en faveur de SIG Sauer. Résultat, un nouveau pistolet de service plus complexe et dont le système de sûreté est plus controversé, comme nous le verrons plus loin en détail.

Les documents internes de l’armée consultés par watson livrent des informations éclairantes sur la procédure actuelle, au terme de laquelle le SIG Sauer P320, techniquement plus faible, s’est imposé face au Glock 45.

Un point interpelle particulièrement. A la lumière des questions non résolues et des doutes entourant la sécurité de fonctionnement des P320, certaines exigences techniques formulées par l’armée apparaissent soudain sous un jour nouveau.

Qu’est-ce qui garantit la sécurité du nouveau pistolet de l’armée?

Les principales exigences de l’armée.

«Un coup ne doit pouvoir partir que par l’actionnement explicite de la détente par le tireur»
source: document de l'armée

Selon les documents disponibles, les responsables ont défini toute une série d’exigences techniques pour le nouveau pistolet de service. Les critères jugés indispensables ont été classés comme des must have.

La course de détente

Le cahier des charges technique pour le successeur du SIG P220 précise que les responsables souhaitaient un pistolet à percuteur lancé présentant «une course de détente courte et constante».

Auszug aus dem Armee-internen Dokument zum technischen Anforderungsprofil der neuen Armeepistole..
Le pistolet de service actuel de l’armée, le SIG P220, est un pistolet à simple et double action.Screenshot: watson

La course de détente désigne la distance totale que doit parcourir la détente, sous la pression de l’index, pour qu’un coup parte avec une arme chargée, qu’il s’agisse d’un Glock ou d’un SIG Sauer P320.

Le système de détente exigé doit offrir la même caractéristique à chaque tir. Un mécanisme comme celui du SIG P220, qui présente une détente longue et lourde au premier coup («double action»), est donc exclu.

Plus la course de détente est courte, plus la marge d’erreur est faible. Et plus les dispositifs de sécurité internes et externes deviennent déterminants.

La détente du P320 est considérée par les spécialistes comme étant crisp, c’est-à-dire sèche et nette. Elle se distingue aussi par un «reset» très court d’origine, autrement dit par une course de retour minimale après le tir. Plus ce reset est court, plus un tireur expérimenté ou correctement entraîné peut enchaîner rapidement un tir suivant de manière contrôlée.

Le poids de la détente

  • Selon les spécifications, le nouveau pistolet de l’armée doit présenter une force de détente relativement élevé, pouvant atteindre 45 newtons (environ 4,6 kilos). C’est nettement plus que pour les P320 utilisés dans le civil ou par la police, où le poids de la détente se situe souvent entre 25 et 29 newtons.
Screenshot aus einem Armee-internen Dokument zur Beschaffung der neuen Armeepistole.
screenshot: watson

Tests de résistance mécanique

La sécurité de fonctionnement du nouveau pistolet de l’armée est censée être garantie par la réussite de tests mécaniques standardisés. Concrètement, l’arme ne doit pas tirer de manière intempestive en cas de chute, de choc ou d’impact. De tels tests ont été menés par des spécialistes d’Armasuisse durant la procédure de sélection.

Dans le document de l’armée consacré aux exigences pour le nouveau pistolet de service, il est notamment précisé:

Screenshot aus einem Armee-internen Dokument zur Beschaffung der neuen Armeepistole. Stichwort: Fallsicherheit.
Le pistolet de l’armée doit aussi pouvoir être utilisé en toute sécurité comme arme de frappe.screenshot: watson
Rahmenkredit Ausbildungsmunition und Munitionsbewirtschaftung (AMB).
Côté munitions, rien ne va changer, l’armée restera fidèle au calibre de 9 millimètres..Image: vbs

Le port de l’arme dans un étui

Le risque de tirs non intentionnels dans le holster semble être abordé par l’armée avant tout via la qualité mécanique de l’étui. Celui-ci devrait être conçu de manière à empêcher que des objets étrangers – équipement ou vêtements – ne provoquent involontairement un départ de coup lors du «holstering» d’un P320 chargé.

Screenshot aus einem Armee-internen Dokument zur Beschaffung der neuen Armeepistole. Stichwort: Holster.
MBAS désigne le nouveau système modulaire d’habillement et d’équipement de l’armée.Screenshot: watson

L’utilisation doit être «rapide, simple, sûre et possible à une main» pour les porteurs du pistolet. Le holster devient ainsi le principal dispositif de protection mécanique contre toute action extérieure sur la détente, ou la queue de détente.

Certains risques de sécurité propres au P320 – détente courte, absence de sûreté externe de détente – seraient donc compensés par un système de holster hautement standardisé. L’armée met ici l’accent sur le fait que quelle que soit la position de port, y compris dans un cockpit ou en port dissimulé, l’arme doit être enveloppée par le holster de telle sorte qu’aucun corps étranger ne puisse atteindre la détente.

Cela est aussi une leçon tirée de l’acquisition du P320 par les forces armées canadiennes. Avant même que les soldats réguliers ne reçoivent l’arme à large échelle, un tir non intentionnel s’est produit au sein d’une unité d’élite. L’enquête avait révélé que le P320 était logé dans un holster inadapté.

Comment d’autres armées ont procédé lors de l’acquisition du P320

Dans le cadre de leur procédure d’acquisition, les experts en armement des forces armées américaines ont exigé de SIG Sauer deux variantes militaires, les M17 et M18 (compact), toutes deux équipés d’un levier de sûreté externe ambidextre.

Le concept de sécurité de l’armée américaine prévoit en effet une sûreté mécanique lorsque l’arme est portée en «condition 1» (chargée et désécurisée), ainsi qu’au moment du holstering.

Les forces armées australiennes (ADF) ont, elles aussi, opté pour un P320 X-Carry Pro dotée d’un levier de sûreté externe ambidextre. Baptisée F9, cette arme doit être introduite à large échelle dans l’armée et l’aviation entre fin 2024 et 2026.

Malgré les débats nourris autour du P320, déclenchés par de nombreux rapports faisant état de tirs non intentionnels, le ministère australien de la Défense assure que la configuration choisie par l’ADF a été soumise à des «tests extrêmement stricts» et qu’elle est sûre.

Le Canada et le Danemark, en revanche ont renoncé à toute sûreté externe sur leurs modèles de P320 utilisés comme arme de service militaire. Il s’agit, dans les deux cas, de variantes de la série X-Carry.
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Un Marine américain charge un M18, la version compacte militaire du P320.quelle: imago-images.de

Où est le problème avec le P320 de SIG Sauer?

Vous l’avez deviné, il y en a plusieurs.

Pas de sûreté de détente 🔥

Contrairement aux pistolets des concurrents battus lors de la procédure d’achat, Glock et Heckler & Koch (H&K), le SIG Sauer P320 ne dispose d’aucun mécanisme de sûreté externe. Il lui manque en particulier une sûreté de détente, cette petite languette intégrée à la queue de détente qu’il faut d’abord enfoncer pour qu’un tir puisse partir.

Qu’est-ce qui distingue les pistolets à percuteur lancé de Glock et de SIG Sauer?
Les pistolets à percuteur lancé – en anglais striker-fired – sont des armes de poing modernes qui fonctionnent sans chien. L’amorçage de la cartouche est assuré par un percuteur interne. Ce principe permet un poids de détente constant du premier au dernier tir et se passe de levier de sûreté manuel, ce qui est censé simplifier l’utilisation sous stress.

Les trois modèles de Glock, Heckler & Koch et SIG Sauer retenus pour la sélection finale du nouveau pistolet de l’armée reposent tous sur ce principe. Leur conception interne et leurs mécanismes de sécurité diffèrent toutefois sensiblement.

Le P320 est le premier pistolet à percuteur lancé développé par SIG Sauer. Il fonctionne selon le principe single action only (SAO). Après le mouvement de chargement, le percuteur est automatiquement préarmé, ce qui permet un départ de coup immédiat.

Aucune sûreté de détente externe n’est prévue d’origine. Des dispositifs de sécurité internes sont censés empêcher tout tir non intentionnel en cas de chute ou d’autres contraintes mécaniques.

Le principe «Safe Action» développé par Glock est un système de sécurité entièrement automatique, composé de trois sûretés mécaniques indépendantes – internes et externes:

1. La sûreté de détente (trigger safety). Pour éviter toute pression involontaire sur la détente, une languette est intégrée à l’avant de la queue de détente. Elle doit être enfoncée en premier pour que la détente puisse reculer.

2. La sûreté du percuteur (firing pin safety). Un verrou vertical, maintenu par un ressort robuste dans la culasse, bloque mécaniquement le canal du percuteur.

3. La sûreté antichute (drop safety). Une rampe de sécurité dans la glissière maintient la barre de détente de manière à ce que le percuteur, sous tension partielle, reste bloqué et ne puisse se libérer de lui-même.

Le système de sécurité du SIG Sauer P320 diffère fondamentalement de celui des autres pistolets à percuteur lancé et est souvent critiqué comme moins conventionnel. En revanche, le modèle successeur P365 présente une architecture de sécurité plus proche de celle de Glock. Dans l’industrie, il est considéré comme particulièrement fiable et moins sensible à l’encrassement interne et à l’usure des pièces, en particulier à la fatigue des ressorts.

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La sûreté de détente d’un Glock, avec la languette positionnée devant la queue de détente (en rouge).

A la place, le cahier des charges de l’armée impose un poids de détente plus élevé. Il repose aussi sur une application disciplinée des «règles de sécurité» en vigueur pour les armes de service, telles que définies dans le règlement de l’armée.

Aux Etats-Unis, le P320 est vivement critiqué parce qu’il ne dispose pas d’une sûreté intégrée à la queue de détente (trigger safety). Combinée à une course de détente courte, cette absence peut, en situation de stress ou lorsque des vêtements restent coincés dans le holster, favoriser un départ de coup involontaire.

La question se pose donc: est-ce suffisant, en particulier pour des soldats de milice à l’entraînement limité, de vouloir empêcher les tirs non intentionnels dans le holster tout en renonçant, en parallèle, à une sûreté mécanique?

Quel rôle joue le groupe Défense?
Le groupe Défense est l’organe de conduite suprême de l’armée suisse. Il est responsable de la planification stratégique, de la direction et de l’administration de l’ensemble des activités militaires.
Il chapeaute notamment l’état-major de l’armée, le Commandement des opérations, la Base logistique de l’armée, le Commandement cyber et le Commandement de l’instruction.
Ces entités constituent en quelque sorte l’épine dorsale des forces armées et jouent un rôle central dans les projets d’acquisition.

La complexité de l’arme 🔥

Le SIG Sauer P320 a été choisie par l’armée et Armasuisse alors qu’il compte presque deux fois plus de pièces individuelles qu’un Glock.

Selon le cahier des charges de l'armée, le nouveau pistolet doit non seulement être simple à démonter, à nettoyer et à remonter, mais devrait aussi présenter «un minimum de pièces», vraisemblablement afin de réduire les sources potentielles d’erreur.

Le problème, c’est que ce critère de «minimalisme» est particulièrement sensible, car SIG Sauer adopte avec le P320 un concept de conception totalement différent de celui de Glock.

Auszug aus dem Anforderungsprofil für die neue Schweizer Armeepistole (Pist 24).
Le nouveau pistolet de l’armée doit pouvoir être entretenu avec un minimum d’efforts.Screenshot: watson

Selon le modèle et la version, le P320 se compose de 70 à 80 pièces. Le Glock 17, chargeur compris, en compte moins de 35.

L'entretien du SIG Sauer P320

Sur le SIG Sauer P320, le système de détente repose sur un module relativement complexe, appelé Fire Control Unit (FCU). Ce dispositif fonctionne avec de petits ressorts et des leviers métalliques relativement délicats.

La direction de l’armée suisse privilégie ainsi le «minimalisme logistique», soit moins de types différents d’armes dans l’inventaire, au détriment du «minimalisme mécanique», c’est-à-dire un nombre réduit de pièces au sein de l’arme. Or, cet aspect est déterminant pour la sécurité de fonctionnement. D’autant plus à la lumière de plusieurs incidents impliquant le P320, pour lesquels l’usure de certaines pièces a été évoquée comme cause possible.

L’armée entend tenter de compenser les risques liés à la conception plus complexe du P320 par un concept de maintenance:

  • Il existe des échéances d’entretien et de contrôle relativement strictes fixées par le règlement.
  • Les armuriers disposent d’un assortiment d’outils spécialisés.

En Suisse, un nouveau «centre de compétence matériel» doit garantir la fiabilité technique des nouveaux pistolets de l’armée sur une période de 30 ans. On sait qu’à la suite de tirs non intentionnels impliquant le P320 aux Etats-Unis, certaines lacunes de maintenance ont été mises en évidence, notamment des ressorts de percussion défectueux et des dépôts de saleté.

Point intéressant, selon un autre critère du cahier des charges de l’armée, les principaux composants du nouveau pistolet de service – canon, culasse, carcasse et système de détente – doivent être conçus pour une durée de vie «d’au moins 20 000 coups».

Auszug aus dem Armee-Anforderungsprofil für die neue Schweizer Armeepistole (Pistole 24).
Le taux maximal de dysfonctionnements toléré pour 20 000 coups est de 2 pour mille, soit 40 incidents.Screenshot: watson

En conclusion?

A ce stade, la procédure d’acquisition du nouveau pistolet de service n’est pas encore achevée. Le contrat avec SIG Sauer n’a pas été signé et le Parlement devra encore se prononcer dans le cadre du message sur l’armée.

Les documents internes consultés montrent toutefois que le modèle retenu ne remplissait pas l’ensemble des exigences techniques définies initialement par l’armée, notamment en matière de conception et de sécurité mécanique. Ils révèlent aussi que d’autres candidats, dont le Glock 45, satisfaisaient davantage à ces critères.

Le rapport d’évaluation des essais de troupe, encore soumis à un examen juridique selon l’armée, devrait permettre de mieux comprendre les éléments ayant conduit à la sélection du SIG Sauer P320. Son contenu sera déterminant pour apprécier si les risques identifiés ont été jugés acceptables au regard des objectifs opérationnels, logistiques et financiers du projet.

Par ailleurs, une question demeure. Comment expliquer que le fabricant américain SIG Sauer, qui doit encore mettre en place ses capacités de production en Suisse, ait pu présenter une offre environ 20% moins chère que celles de ses concurrents européens Glock et Heckler & Koch (H&K), qui produisent déjà dans des pays de l’Union européenne?

Traduit de l'allemand par Joel Espi

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source: universal images group editorial / universal history archive
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