Suisse
Crans-Montana

Le chargé de sécurité incendie à Crans-Montana était bûcheron

Bucheron Crans-Montana enquête

Comment un bûcheron est devenu chargé de sécurité incendie à Crans-Montana

L'enquête sur le drame de Crans-Montana révèlerait des lacunes dans le dispositif de protection incendie de la commune: ses responsables manqueraient de qualifications et auraient été en surcharge chronique.
15.02.2026, 15:5515.02.2026, 18:25

De nouvelles révélations quant au drame du Nouvel An à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 jeunes et fait plus de cent blessés, ont émergé de l'enquête en cours, écrit le Tages Anzeiger qui dit citer des extraits du procès-verbal d'audition.

L’examen du dispositif local de protection incendie semble révéler de grandes lacunes. À savoir: outre des manquements dans les contrôles, les qualifications et la charge de travail des deux chargés de sécurité qui se sont succédés interrogent.

Le premier, S.*, bûcheron de formation, n'aurait suivi que dix jours de cours en protection incendie en tout et pour tout, écrit notre confrère. Son successeur, C., un ancien vendeur de voitures, aurait échoué à l'examen obligatoire en protection incendie avant sa prise de fonction en 2024.

«Un diplôme de bûcheron»

S. a occupé le poste de chef du service de la sécurité de Crans-Montana jusqu’en février 2024. Il a été entendu lundi dernier par les procureures. Quant à ses qualifications, il aurait déclaré, selon le procès-verbal que notre confrère dit avoir pu consulter: «J’ai un diplôme de bûcheron». Il se serait ensuite reconverti en conducteur de train.

«En 2017, j’ai commencé comme chargé de la protection incendie pour la commune de Crans-Montana. En 2021, je suis devenu chef du service de la sécurité»

Pour devenir chargé de la protection incendie, il aurait tout d'abord dû suivre une formation d’une demi-journée. Avec, supposément, un perfectionnement annuel d'une journée obligatoire.

Quand S. a pris ses fonctions, il se serait rapidement rendu compte que cette formation était insuffisante.

«J’ai donc suivi, en 2010 dans le canton de Vaud, une formation d’expert communal en protection incendie. Après un examen, j’ai reçu un diplôme. Cette formation a duré environ dix jours»

Manque de ressources

«Je n’ai jamais eu de cahier des charges», aurait expliqué S. Ses tâches auraient été aussi variées que examiner les dossiers de nouvelles constructions, délivrer des autorisations pour de nouveaux logements et locaux commerciaux, et contrôler les nombreuses installations thermiques de Crans-Montana, par exemple.

«Mais je devais aussi tondre des prés et de traiter les demandes d’autorisation pour les feux d’artifice»
S.

Il aurait vite constaté que, seul, il était dépassé: «J’ai remis à mon chef du service de la construction et au conseiller communal responsable de la sécurité plusieurs rapports pour signaler le manque de ressources», aurait-il affirmé face à la justice.

Vendeur de voiture

C'est en mai 2024 que C. prend la relève et devient chef de la sécurité à Crans-Montana. «J’ai exercé comme commandant des pompiers et chargé de la sécurité pour les trois communes d’Ayent, Arbaz et Grimisuat, dont les corps de sapeurs-pompiers avaient fusionné. J’y ai travaillé pendant onze ans», aurait-il déclaré lors de l’audition.

«J’ai suivi la formation de spécialiste en protection incendie. En 2017, j’ai passé l’examen. Comme 85% des candidates et candidats, j’ai échoué.»
C.

Il est tout de même devenu chef de la sécurité de Crans-Montana.

Contrôles lacunaires

Pour rappel, le dernier contrôle incendie au Constellation daterait de 2019; le suivant n’aurait été agendé qu’en avril 2026 — et C. n’aurait pas su dire pourquoi.

Et d'enchaîner: «Nous n’avons pas les ressources pour assurer sans failles ces contrôles périodiques. Nous planifions autant de visites que possible, en sachant que nous ne respectons pas l’ordonnance, faute de ressources.» Ce serait un problème connu depuis des années, dans les communes valaisannes.

D'après les estimations de notre confrère, si tous les contrôles devaient être effectués dans les règles de l'art, cela en ferait 500 par an pour C.

«Nous en avons réalisé 119», explique celui qui est par ailleurs un ancien vendeur de voitures, dont, supposément, 40 premières inspections, soit des dossiers nouvellement ouverts, et environ 80 de suivi. (val/dag)

*Lettre d'emprunt.

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