La Suisse est à court de kérosène: ce qu'il faut savoir
Depuis que le détroit d’Ormuz est fermé en raison de la guerre en Iran, les carburants fossiles se raréfient dans toute l’Europe et deviennent plus chers.
En Suisse, les automobilistes ont jusqu’ici eu moins de raisons de s’inquiéter des prix du diesel et de l’essence qu'en Allemagne, par exemple. Mais ce qui commence à manquer progressivement dans le pays, c’est le carburant pour l'aviation, le kérosène.
Trois mois de réserve
L’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) estime que l’approvisionnement en kérosène est garanti jusqu’à la fin du mois mai.
En principe, la Suisse devrait stocker 90 jours de consommation moyenne dans ses aéroports, celui de Bâle exclu. Cette quantité est basée sur la moyenne des trois dernières années. C’est ce qu’a confirmé un porte-parole de l’OFAE.
Mais actuellement, les réserves suisses ne représentent l'équivalent que de 72 jours. La raison invoquée est une forte augmentation de la consommation de kérosène depuis la pandémie. Car depuis cette époque, le carburant arrive souvent avec du retard dans les stocks dits «obligatoires».
L'UE a des solutions
Au sein de l’Union européenne, le principe de solidarité énergétique s’applique. Lorsqu’un État membre manque de kérosène, les autres pays sont tenus de lui venir en aide et de lui en fournir.
Directrice de l'OFAE, Nicole Mathys déclare à la SSR:
Les réserves nationales sont avant tout destinées à la consommation intérieure.
Il existe toutefois une exception pour l’approvisionnement en gaz. Un accord a été conclu entre la Suisse, l’Allemagne et l’Italie. En cas de pénurie dans l’un de ces pays, une demande de soutien peut être formulée, précise Nicole Mathys:
Ces groupes seraient prioritaires en cas de situation de pénurie.
S'il n’existe pas de priorisation pour le kérosène, la Suisse serait néanmoins indirectement touchée par une pénurie. Dans de telles situations, les stocks obligatoires seraient libérés via les circuits habituels du marché. Des acteurs étrangers pourraient ainsi y accéder. Nicole Mathys explique:
Le marché resterait donc ouvert.
Le Conseil fédéral peut agir
Le Conseil fédéral pourrait toutefois intervenir et fixer des exceptions. Nicole Mathys explique:
Une telle situation n’est toutefois pas envisagée actuellement.
L’armée, elle, dispose de ses propres réserves de carburant. Selon l’OFAE, ces stocks ne font pas partie des réserves obligatoires organisées par la Confédération et l’industrie pétrolière. (val, tad. joe)
