Suisse
Guerre contre l'Ukraine

Sommet du Bürgenstock: la Suisse a besoin de ces trois pays

Bürgenstock: supense concernant la liste des participants

Au moins 90 Etats et organisations participeront à la conférence de paix du 15 et 16 juin en Suisse. L'Inde, la Chine et le Brésil viendront-ils? Ils ont jusqu'à vendredi pour décider.
12.06.2024, 06:0312.06.2024, 10:38
Othmar von Matt / ch media
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Lorsque la présidente de la Confédération Viola Amherd et le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis sont entrés lundi matin dans la salle du Centre de presse de la Bundesgasse 8-12 à Berne, ils ont fait face à une salle comble. Un nombre remarquablement élevé de journalistes internationaux étaient présents – de la chaîne allemande ARD aux agences de presse Associated Press, basée à New York, et Reuters, basée à Londres.

Les deux conseillers fédéraux étaient accompagnés d'une délégation nidwaldienne composée de la conseillère d'Etat Karin Kayser-Frutschi et du commandant de police Stephan Grieder. Le divisionnaire Daniel Keller était présent en tant que représentant de l'armée.

L'intérêt des médias s'est surtout porté sur les nations qui participent à la conférence du Bürgenstock. 90 Etats et organisations se sont inscrits à la conférence de lundi. La moitié des Etats appartiennent au monde occidental, selon la présidente de la Confédération Viola Amherd; l'autre moitié à l'Amérique du Sud, à l'Asie, au Proche-Orient et à l'Afrique.

Selon certaines sources, aucun Etat invité n'a encore formellement décliné son invitation. Pas même la Chine, bien que le ministère chinois des Affaires étrangères ait publiquement rejeté l'invitation. Dans les milieux fédéraux, on dit que la liste définitive des Etats participants et de leurs délégations ne sera clarifiée que vendredi soir.

Le Brésil, l'Inde et la Chine en suspens

Comme l'ont montré les questions des médias internationaux, ce sont surtout les pays dits BRICS – le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud –, qui sont au centre de l'intérêt. La Russie, en tant que pays belligérant, n'a pas reçu d'invitation de la part de la Suisse. Les journalistes ont demandé s'il ne s'agissait pas d'une erreur. Mais Ignazio Cassis a rétorqué que la Russie a clairement signalé à plusieurs reprises à la Suisse qu'elle ne participerait pas à la conférence et ne souhaitait même pas y être invitée.

Le ministre des Affaires étrangères a également laissé entendre que l'Ukraine aurait peut-être retiré son engagement pour la conférence si la Russie avait été invitée et qu'elle avait accepté. C'est dans ce «contexte tendu», selon Ignazio Cassis, que la décision de ne pas inviter la Russie a été prise après des semaines de discussions.

La non-invitation est surtout un problème pour les pays des BRICS liés à la Russie, c'est-à-dire la Chine et le Brésil. La Chine a dans un premier temps fortement soutenu la conférence, mais a ensuite «fait un pas en arrière», selon les mots d'Ignazio Cassis, lorsqu'il est devenu clair que la Russie ne recevrait pas d'invitation. Le Brésil se trouve dans la même situation.

De son côté, l'Afrique du Sud participera certes à la conférence, mais uniquement au niveau diplomatique inférieur. Le pays n'envoie ni son président, Cyril Ramaphosa, ni un ministre. Une situation similaire se profile pour l'Inde. L'Inde participera, mais pas avec une délégation de haut niveau composée du Premier ministre ou du ministre des Affaires étrangères, selon le Hindustan Times.

Un ministre indien au Bürgenstock?

Le Premier ministre indien Narendra Modi a prêté serment dimanche pour son troisième mandat consécutif; mais il est sorti nettement affaibli des élections législatives: pour la première fois depuis dix ans, son parti nationaliste hindou BJP a perdu la majorité absolue à la chambre basse. Il doit désormais s'entendre avec l'Alliance nationale démocratique. Il est par ailleurs clair que l'actuel ministre des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar restera dans le cabinet de Narendra Modi. Il n'est toutefois pas sûr qu'il continue à être ministre des Affaires étrangères.

Ignazio Cassis lui-même a abandonné l'espoir de voir Narendra Modi se présenter en personne. «Il a gagné son élection, mais pas avec autant de succès qu'il l'aurait souhaité», a observé le conseiller fédéral PLR. Selon lui, Narendra Modi doit maintenant former un gouvernement:

«Il est donc tout à fait compréhensible qu'il fixe ses priorités différemment»

Selon les spécialistes, la question de la formation de son gouvernement sert d'excuse à Narendra Modi – car la Russie exerce en coulisses une forte pression sur l'Inde pour qu'elle n'envoie tout au plus qu'une délégation de second rang.

La question décisive est la suivante: l'Inde n'enverra-t-elle qu'un secrétaire d'Etat ou Berne parviendra-t-elle à la dernière minute à faire venir un ministre indien au Bürgenstock? Ce serait important. Piyush Goyal, qui, en tant que ministre du commerce, a joué un rôle central dans les discussions sur l'accord de libre-échange entre l'Inde et la Suisse, pourrait par exemple entrer en ligne de compte. Lui aussi fait partie du nouveau cabinet. Les contacts entre Berne et New Delhi sont étroits.

L'Arabie saoudite comme lieu de suivi?

L'objectif de la conférence du Bürgenstock est de mettre en place un processus de paix. Une déclaration finale commune doit en être l'instrument. Celle-ci est actuellement en consultation. Lundi, elle sera discutée pour la première fois lors d'une vidéoconférence à laquelle participeront les quatre-vingt-dix Etats inscrits.

Dans la mesure du possible, la déclaration finale devrait déjà contenir le lieu de suivi des résultats du Bürgenstock. Ce lieu devrait se situer «en dehors du monde occidental», a déclaré Ignazio Cassis, afin que «le plus grand nombre possible d'Etats du Sud global et du monde arabe» y participent.

Le ministre des Affaires étrangères vise ainsi – indirectement – l'Arabie saoudite. Avant même la conférence de presse, le pays était considéré comme le favori pour une conférence de suivi. Et l'Arabie saoudite s'implique fortement dans la préparation de la conférence du Bürgenstock, selon des sources du gouvernement.

Traduit et adapté par Tanja Maeder

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