Pourquoi ces incidents graves à l'aéroport de Genève restent sans réponse
Trois incidents graves survenus entre 2023 et 2024 à bord de vols commerciaux en route pour Cointrin n'ont toujours pas été élucidés, relate ce mercredi la Tribune de Genève. La faute à un Service suisse d’enquête de sécurité (SESE) débordé.
Le journal genevois fait état d'un premier cas en novembre 2023 à bord d'un avion d'Easyjet en provenance d'Edimbourg. Lors de son approche, l'Airbus s'est retrouvé à 230 mètres au-dessus du Léman, à un endroit où il aurait en temps normal dû voler à environ 750 mètres d'altitude.
Un événement similaire est ensuite intervenu un an plus tard lorsqu'un avion de la compagnie grecque Aegean a frôlé l'impact sur le lac. Venant d'Athènes, l'appareil est descendu jusqu'à 80 mètres au-dessus du lac, au lieu des quelques 400 mètres usuels.
La Tribune de Genève fait finalement état d'un vol EasyJet Nice-Genève en novembre 2023 qui, après plusieurs déroutement en raison de la météo, a évité in extremis la panne sèche.
Le crash d'un Ju-52 en 2018
Aussi inquiétants que soient ces événements, leurs conclusions officielles se font aujourd'hui toujours attendre. Selon la TdG, elles ne seront d'ailleurs pas connues avant 2027.
En charge d'établir les faits et d'émettre des recommandations, le Service suisse d’enquête de sécurité (SESE) peine en effet à respecter les délais pour boucler ses enquêtes, explique le journal. En 2023, seuls 4% de ces procédures ont été achevées dans les temps malgré un objectif fixé à 50%. Rebelote en 2024, avec un taux de clôture dans les délais de seulement 12%.
La Tribune de Genève trouve l'origine de ce retard accumulé par le SESE dans le crash d'un avion historique Ju-52 dans les Grisons en août 2018. Le drame avait alors fait 20 morts.
Dans un rapport de 2020, le Service expliquait que l'enquête sur ce drame mobilisait en permanence plus de la moitié des effectifs de son secteur aviation. Ces investigations ont coûté près de 4 millions de francs.
Un collaborateur du SESE confie en outre au journal que la reprise par la Suisse de la conduite de l'enquête sur l'incident survenu à bord d'un vol Swiss à Graz, en Autriche, n'a rien arrangé à cette surcharge de travail. Pour rappel, de la fumée était alors apparue dans la cabine et un steward avait perdu la vie.
Retour à la normale en 2028
Selon la Tribune de Genève, des mesures ont depuis été prises pour pallier cette à accumulation d'enquêtes. Parmi elles, l'ouverture par le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) de trois postes supplémentaires au sein du Service à pourvoir dès maintenant.
Mais un retour à l'équilibre ne devrait intervenir qu'au début de l'année 2028. (jzs)
