Les fans des jeux de baston vont adorer
Ce test est découpé en deux gros morceaux. Le premier traite de la partie solo, et le second du mode multijoueur.
Arc System Works a enfin sorti le très attendu Marvel Tokon: Fighting Souls. Que l’on appellera pour le reste de ce test Marvel Tokon, parce qu’apparemment le mot veut dire Fighting Souls en japonais. Anecdote digne d’Arte, vous remarquerez.
Sony nous sort donc une exclusivité qui tombe à pic sur le marché des jeux de combat par équipe. Après un très sympa, mais inégal Invincible VS, nous voici avec les héros et certains vilains de l’univers Marvel qui doivent se battre pour sauver la Terre.
L’histoire
Pour le coup, l’histoire est honnêtement très, voire trop basique. Elle prend place dans un mode sobrement appelé «Episodes». On y trouve donc un grand méchant du nom de Champion qui s’amuse à se battre dans des tournois contre les meilleurs représentants de différentes planètes et à les transformer en esclaves s’ils perdent.
La bande-annonce qui tabasse 👇🏼
Voici que notre Champion arrive finalement sur Terre. Il est accompagné par la Promotrice, qui vient faire ses annonces avant d’arriver sur chaque planète. Promotrice, Champion… On est presque dans un univers de supermarché pour ceux qui auraient connu la chaîne de magasins Champion.
Bref, la Promotrice nous fait donc la promotion de sa tête de gondole favorite et nous explique que certains héros ont reçu une invitation pour un tournoi super sélect organisé par le Champion et son ego surdimensionné.
Le jeu nous propose donc cinq chapitres correspondant à cinq équipes différentes de super-héros. On trouve notamment un quatuor d’Avengers composé de Captain America, Iron Man, Black Panther et Hulk, ou encore les Chevaliers de Doom, dirigés par la main de fer du Docteur Fatalis avec l’aide de Magneto, du Bouffon Vert et de Carnage.
On trouvera plein d’autres héros présents pour répondre aux goûts des différents fans de Marvel, comme Spider-Man, Wolverine, Storm, Deadpool ou encore Ghost Rider. On regrettera l’absence, à l’heure actuelle, de certains super-héros comme Thor, qui est absent malgré la présence de Loki, ou encore celle de Cyclops, même si ce dernier a été confirmé en tant que DLC.
En fonction des équipes, le mode histoire sert aussi de tutoriel avancé pour nous pousser à découvrir les différentes synergies entre les personnages. On apprend comment changer de personnage en combat et à identifier les archétypes facilement basés sur la rapidité, le tanking ou encore les dégâts de zone.
On suit toujours le même schéma en jouant à ce mode, avec des vidéos de quelques secondes qui s’intercalent aux mêmes moments. Le reste du temps, entre chaque combat, on a affaire à des bandes dessinées avec des cases qui apparaissent et pour lesquelles on entend les doublages des héros.
Les voix sont bonnes et correspondent bien aux héros, avec des doublages dans plusieurs langues, pour le plaisir, ou pas, des joueuses et joueurs. Le YouTubeur Regelegorila appréciera.
Au fur et à mesure que l’on élimine les différentes équipes de héros dans le jeu, on se rapproche du combat final contre le fameux Champion. Celui-ci, comme prévu, pète un câble à chaque raclée qu’on lui met et change de forme. On passe donc d’une sorte de playboy de l’espace, qui aurait plus sa place à la table du fond d’une discothèque avec le champagne qui coule à flots, à une espèce de mélange entre Akuma et Blanka de Street Fighter pour un final qui ne ressemble plus à rien.
Après lui avoir mis sa raclée et fermé les magasins, même la Promotrice, qui encensait le Champion en début de tournoi, lui met des soldes dans sa gueule, le rendant invendable même au fond d’un tiroir d’un Black Friday. Musique triomphante, on a gagné, bravo! On recommence avec une autre équipe ou avec une autre difficulté. Ou alors…
Les autres modes solo
Ou alors on teste les autres surprises que nous réserve le jeu. Si, comme moi, vous aimez les jeux de baston pour jouer en solo ou avec des potes dans le salon, ce jeu est fait pour vous.
Les commandes du jeu ne sont pas compliquées, mais surtout elles sont lisibles! Le bouton carré sert à faire des petits coups ou à commencer un combo, R2 pour les pouvoirs, etc., etc. En quelques minutes, on peut faire des enchaînements sans souci, mais surtout on peut embêter l’adversaire sans avoir une maîtrise en archéologie ni une licence en langue étrangère.
On trouve un mode arcade fonctionnant comme une arène dans laquelle on fera face à différentes vagues d’ennemis en essayant de rester en vie le plus longtemps possible, avec quelques composantes roguelite.
Un autre mode très amusant est l’Arcadia Rumble, dans lequel on se déplace dans un mini open world en 3D avec des bonhommes Marvel dessinés à la manière chibi. On peut trouver des bonus et/ou taper les chefs des différentes équipes pour espérer gagner des avantages qui nous aideront dans nos différents combats. La première équipe à gagner dix points triomphe dans le tournoi.
Vous avez devant vous un testeur victorieux à maintes reprises. Oui, j’avoue, j’ai baissé la difficulté. Bien sûr, ce mode peut être joué en ligne, où le niveau est bien plus intense. Pour le multi, je vous laisserai lire l’encart plus bas de mon collègue, qui aime se faire martyriser en ligne.
La super vision
Comme prévu, Marvel et Arc System Works ont sorti les grands moyens en nous proposant des dessins magnifiques avec une palette de couleurs très douces et travaillées. Le mélange des genres rend très bien, notamment avec les héros Marvel auxquels cette touche très manga convient parfaitement.
Je trouve le visage de Captain America un peu trop jeune dans certains dessins ou sous certains angles, mais globalement, il faut féliciter le travail des dessinateurs et des graphistes pour ce qui est proposé. Les modèles des personnages ne jurent jamais avec les décors.
On regrettera qu’il n’y ait pas plus d’arènes disponibles, mais au fur et à mesure que l’on joue, cela ne dérange finalement pas tant que ça, vu le nombre d’actions que l’on doit gérer à l’écran.
On débloque assez facilement certains skins alternatifs en jouant les différents modes histoire, histoire de bien faire le malin en ligne ou devant les potes.
La super audition
Encore une fois, le travail effectué ici est remarquable, tant au niveau musical que du doublage. Pour avoir testé différentes langues audio, je trouve la version originale, en japonais ici, comme étant la plus intéressante et la plus agréable à écouter.
Les personnages ont de l’énergie, les attaques sont bien accompagnées et l’ensemble participe énormément au côté spectaculaire des affrontements. Dans un jeu où quatre personnages peuvent intervenir dans une même équipe, il fallait réussir à conserver une certaine lisibilité sonore malgré le bordel ambiant, et le résultat fonctionne très bien.
Le gameplay
Comme précisé précédemment, le jeu nous prend par la main pendant des dizaines d’heures pour être sûr que l’on rentre bien dans le bain, notamment au niveau des changements de personnages et de la manière de gérer les pouvoirs de chacun.
Très vite, on arrive à enchaîner quelques combos et à bloquer notre adversaire dans un coin sans lui laisser la moindre chance de respirer. Tout est clair, notamment la liste des commandes et des combos, que l’on peut consulter de manière lisible sans avoir l’impression de déchiffrer une tablette sumérienne.
Toute la particularité de Marvel Tokon repose évidemment sur son système de 4v4. Il ne s’agit pas simplement de choisir quatre personnages pour le fun, il faut apprendre à faire intervenir ses partenaires, changer de combattant au bon moment et surtout comprendre quelles associations fonctionnent le mieux.
C’est d’ailleurs là que le roster Marvel prend tout son sens. Mélanger des personnages qui n’ont parfois rien à faire ensemble devient une partie du plaisir. On peut se retrouver à chercher une véritable complémentarité entre les personnages ou simplement construire l’équipe de ses rêves parce qu’on a décidé que Wolverine, Spider-Man, Hulk et le Docteur Fatalis seraient désormais les meilleurs amis du monde.
Il faut par contre aimer ce concept de 4v4, car c’est tout l’intérêt de ce Marvel Tokon. Si vous aimez les jeux en 1v1 classiques comme Street Fighter ou Mortal Kombat, pour ne citer qu’eux, il se peut que les débuts dans ce jeu vous déstabilisent un peu.
Mais pas de quoi vous faire partir, bien au contraire. Le jeu réussit justement à rendre son système suffisamment accessible pour que l’on comprenne rapidement ce qui se passe, tout en laissant entrevoir une profondeur bien plus importante pour ceux qui voudront réellement maîtriser les synergies et les possibilités offertes par chaque équipe.
Pour finir la partie 1
Bravo Marvel Tokon pour ce jeu de combat qui nous permet d’explorer les différents personnages Marvel, de jouer avec eux et surtout de mélanger les équipes pour découvrir différentes alliances parfois improbables.
Graphiquement, le jeu est beau, propre et donne une nouvelle image sympathique des héros Marvel, comme avait pu le faire le concurrent DC Comics en sortant un spin-off animé avec un Batman situé au Japon intitulé Batman Ninja. Arc System Works arrive à imposer sa patte sans donner l’impression d’avoir simplement collé des personnages Marvel dans l’un de ses anciens jeux.
Le jeu est fait de sorte que l’on rentre très vite dedans. Les premières heures permettent de comprendre les mécaniques sans se faire écraser par une montagne de commandes, tandis que les différents modes solo permettent de profiter du titre même sans avoir envie d’aller se faire humilier en ligne par quelqu’un qui connaît déjà 74 variantes du même combo.
On pourra surtout reprocher à Marvel Tokon son histoire beaucoup trop sage. Avec tout le lore Marvel disponible, ses dizaines de vilains et ses événements capables de détruire l’univers tous les trois mercredis, le Champion fait un peu pâle figure. Il remplit son rôle, mais il donne surtout l’impression d’avoir été inventé pour justifier rapidement pourquoi tout le monde doit se mettre sur la gueule.
Heureusement, ce n’est clairement pas pour son scénario que l’on restera sur Marvel Tokon. Son accessibilité, son système de combat en équipe et sa direction artistique font largement le travail. Un jeu à avoir de côté pour s’éclater avec des potes, mais également suffisamment riche pour ceux qui décideront de prendre le 4v4 beaucoup plus au sérieux. (fafar)
Le mode multijoueur
Ghost Rider, mon pote, planque ta chaîne, on n’est pas dans un stand-up, on est là pour parler versus fighting en ligne. Autant dire que ça sent bon d’entrée, Arc System Works, ce sont les mêmes laborantins qui ont ramené dans des capsules des Saiyans il y a quelques années sur Dragon Ball FighterZ, et qui débarquent cette fois encore pour Marvel.
FaFar s’est déjà chargé de la campagne solo, le scénario, le roster complet et la direction artistique globale dans son test, donc je ne vais pas revenir dessus pour éviter les redondances. Cet article vient uniquement compléter le sien sur un seul terrain, ce qui se passe une fois qu’on va distribuer des mandales à des inconnus en ligne, loin du confort du mode solo. Et croyez-moi, il y a du monde à voir, et pas mal de choses à dire.
Ce qu'on nous promettait
Sur le papier toujours (oui, je radote un peu, mais c’est important), Arc System Works avait vendu du lourd côté online, rollback netcode de série, crossplay total entre PS5 et PC, modes ranked et casual, et un mode spectateur pour observer tranquillement tes potes se faire humilier en direct.
Rien de révolutionnaire dans l’idée, on a vu ces promesses cent fois dans le milieu du versus fighting, mais c’est exactement ce qu’on demande à un party fighter moderne pour ne pas finir comme tant d’autres, magnifique en solo et désert absolu en ranked trois semaines après la sortie. Bon bah super, mais est-ce que ça tient la route une fois la manette en main ? Oui. Voilà, c’est réglé.
Relativement fluide
Et là, bonne nouvelle, ça tient la route. Le rollback netcode est très bien abouti, j’ai enchaîné les versus contre pas mal de joueurs différents sans sentir le moindre à-coup, sans ce petit délai fantôme qui te fait rater ton input pile au mauvais moment et prendre une torgnole gratuite dans la mâchoire.
Les échanges sont fluides, les combos passent sans accroc, et j’ai pu jouer tranquillement face à plein d’adversaires sans latence perceptible, même en enchaînant les matchs. Alors non, je n’ai pas encore fait des milliers de versus, ce serait mentir que de vous dire le contraire, mais sur l’échantillon que j’ai testé (beaucoup de combats quand même), ça fonctionne plutôt bien, et c’est déjà un excellent signal.
Si la tendance se confirme dans la durée, Marvel Tokon tient une vraie promesse technique, celle qui manque cruellement à trop de jeux de combat au lancement et qui plombe des online pourtant prometteurs sur le papier.
Lisible même quand ça part en cacophonie
Je ne vais pas refaire ici la critique de la direction artistique, mais un point mérite d’être creusé côté multi, en plein match, avec quatre personnages qui se tapent dessus à l’écran et des effets spéciaux qui pètent dans tous les sens, la lisibilité tient bon.
Vous repérez toujours votre perso, vous voyez venir les coups spéciaux, et ce style anime assumé se révèle étonnamment lisible en plein chaos, là où d’autres jeux de baston finissent par noyer l’action sous les particules. En ranked, contre un inconnu qui spam ses assists dans tous les sens, c’est loin d’être un détail.
DBFZ reste le patron indétrônable
Parlons peu, parlons bien, sur le plan personnel, j’ai une nette préférence pour Dragon Ball FighterZ, qui reste pour moi une référence indétrônable dans le genre. L’ironie, c’est que c’est signé par la même maison, Arc System Works, ce qui rend la comparaison presque inévitable et un peu cruelle pour le petit dernier.
Après plusieurs heures de jeu, Marvel Tokon reste en dessous de DBFZ, mais c’est purement subjectif. Ce n’est clairement pas un désaveu du titre, c’est surtout une histoire de goût personnel et d’un jeu qui a posé la barre extrêmement haut il y a des années, difficile à égaler pour quiconque s’attaque au genre.
Objectivement, ce nouveau venu tient largement la comparaison sur le plan de la fluidité en ligne, et c’est déjà énorme pour un jeu qui vient tout juste de sortir.
Simple à prendre en main, technique pour les acharnés
Le système de tag en 4v4 fonctionne très bien aussi bien pour les nouveaux venus que pour les acharnés du versus fighting. Au début, tu te contentes d’appeler ton assist pour ouvrir une fenêtre, tu apprends à gérer ton entrée et ta sortie de terrain, et ça reste très lisible même pour quelqu’un qui débarque tout juste dans le genre.
Mais dès que tu creuses les Wall Break pour débloquer le reste de ton équipe et enchaîner les combos entre quatre personnages différents, le jeu devient vite très technique, avec des enchaînements qui demandent du timing et de la lecture sur l’adversaire.
C’est exactement l’équilibre qu’on demande à ce genre de titre, simple d’accès pour ne pas effrayer le néophyte, mais avec suffisamment de profondeur pour occuper les plus exigeants pendant des mois, voire des années si l’histoire se répète. Après, j’avoue, Ghost Rider me fout la rage quand je tombe sur lui et sa chaine qui a une plus grande allonge que Dhalsim.
Verdict pour le multijoueur
Marvel Tokon: Fighting Souls tient sa promesse en ligne. Le rollback netcode fait le travail, l’expérience est fluide même face à des inconnus, et ce qu'on a détaillé côté direction artistique tient tout aussi bien la route une fois plongé dans le chaos d’un vrai match.
Objectivement, c’est un excellent jeu de versus fighting, qui fonctionne très bien en ligne et qui a clairement sa place dans la compétition, entre un accès facile pour le grand public et une technicité capable de satisfaire les vétérans du genre les plus pointilleux.
Sur le plan du cœur, Dragon Ball FighterZ reste ma référence personnelle, et rien ne semble vraiment près de le détrôner. Mais ça, c’est mon problème, pas celui du jeu. Si vous cherchez un jeu fighter fiable, beau et costaud en ligne, Marvel Tokon mérite clairement votre attention, et probablement une place de choix dans votre rotation de ranked. (lapartdulion)
Note générale : 8/10
- Facile à prendre en main
- Des commandes facilement lisibles
- Très beau graphiquement
- Des voix parfaitement calibrées
- Plusieurs modes solo disponibles
- Le système de 4v4 et ses nombreuses associations
- Le Champion, ce méchant qui ne sert pas à grand-chose: on aurait préféré un vilain classique de Marvel
- Le mode Episodes aurait mérité un peu plus de recherche autour du lore Marvel
- Pas énormément d’arènes
- Certains personnages manquants, sûrement pour pousser les fans à passer par la case DLC
Des alternatives?
Il y a tout d’abord Invincible VS, qui propose un 3v3 avec une histoire trop courte mais bien plus intense et mieux écrite que celle de Marvel Tokon, ainsi qu’un gameplay plus poussé et plus difficile à maîtriser. Les deux jeux ne proposent pas exactement la même approche, mais si votre plaisir vient principalement des changements de personnages et des attaques en équipe, la comparaison paraît évidente.
Pour les joueuses et joueurs plus classiques, il reste l’excellent Street Fighter 6, qui dispose d’un line-up aux petits oignons, mais surtout d’un suivi toujours aussi solide pour un jeu sorti en 2023. Sur Switch 2, le jeu est incroyable graphiquement et reste une référence absolue du jeu de combat sur cette console.
Pour les fans de finish moves, il reste l’excellent reboot qu’est Mortal Kombat 1. Plus violent, plus traditionnel dans sa structure et évidemment beaucoup plus porté sur les Fatalities, il reste une très bonne alternative pour ceux qui préfèrent regarder leur adversaire terminer en douze morceaux plutôt que de changer de héros toutes les trente secondes.
Et puis il y a la grande inconnue: Injustice 3. S’il finit par arriver comme attendu, il pourrait devenir le concurrent naturel de Marvel Tokon, avec Batman, Superman, le Joker et toute la clique de DC Comics. Marvel contre DC, mais cette fois-ci chacun dans son propre jeu. Il ne manquerait plus qu’un crossover pour fermer définitivement Internet.
