7 Red Flags qu'on ne veut plus voir dans «Le Diable s'habille en Prada»
Il faut se l'avouer: en 2006, si on matait Le Diable s'habille en Prada en boucle, ce n'était pas uniquement pour le défilé de manteaux Chanel (même si ça comptait pour un bon 60%). Ce qu'on kiffait par-dessus tout, c'était notre posture d'anthropologue du dimanche observant, bien à l'abri dans notre canapé, la jungle impitoyable de la mode.
C’était un plaisir presque coupable de voir Miranda Priestly terroriser la pauvre Andy Sachs, aussi gauche que mal sapée, pendant qu’Emily Charlton en rajoutait une couche avec ses remarques assassines.
On savourait ce spectacle de gladiatrices en stilettos comme un combat de boxe où les coups bas se donnaient à coups de ceintures turquoise bleu céruléen. Sauf qu'avec le recul, ce qui nous faisait rire hier nous file aujourd'hui un léger tic nerveux au sourcil. Pas bien grand, mais tout de même présent.
Car, oui, entre la sortie du premier film Le diable s’habille en Prada en 2006 et nous, en 2026, il n’y a pas qu’une génération qui a passé: c’est tout un paradigme qui a implosé.
Aujourd’hui, les codes privilégiés par la Gen Z ne sont plus les mêmes que ceux des millenials; le eyeliner est devenu un truc cringe, on risque l’excommunication «boomer» si l'on marque une pause de deux secondes avant de parler face caméra, et les Labubus sont devenus nos nouveaux dieux vivants.
Mais au-delà du style, en vingt ans, la notion de «toxique» est sur toutes les lèvres, et certains voient des cartons rouges là où nous ne voyions que du divertissement.
Désormais, sur les réseaux, chaque comportement douteux possède son petit nom de baptême: on décrypte le «gaslighting», on fuit le «breadcrumbing» et on dénonce le «shreking» à grands coups de hashtags bien sentis.
Il y a fort à parier que le nouveau «Diable» va scinder les fans en deux tribus:
- Ceux qui sont bien contents que certains tropes considérés comme dépassés soient éradiqués de nos écrans.
- Ceux (comme nous, les viewers toxiques), qui frissonnent de plaisir quand il y a des prises de bec dignes de La villa des cœurs brisés.
Allez, voici sept facettes du film culte qui risquent de ne pas passer l'alarme des «Red Flags» de la Gen Z en 2026.
Taille 34 ou rien
A l'époque, la taille 38 d'Andy était presque traitée comme une erreur de la nature. Revoir ces scènes où manger un glucide équivaut à un licenciement immédiat, c'est presque collector. En 2026, la police du métabolisme a pris sa retraite: on a compris qu'avoir un estomac fonctionnel n'empêchait pas de boucler le numéro de septembre.
Nigel à Andy:
Exit le petit ami jaloux
On en parle de Nate, le mec d'Andy qui boudait parce que sa copine avait un job prestigieux et qu'elle était moins disponible? Le gars avait même fait une scène digne d'un opéra parce qu'Andy avait raté son anniversaire pour bosser.
Désormais, il y a fort à parier que la nouvelle génération préférera voir Andy avec un partenaire qui aime son esprit de la «grind» et de la gagne, et qui la soutiendra dans ses aventures professionnelles.
Adrian Grenier addresses Nate getting dropped from ‘The Devil Wears Prada 2’ in new ad https://t.co/BiqW3VYw61 pic.twitter.com/HY1X14LV55
— New York Post (@nypost) April 7, 2026
Jeter son smartphone dans l'eau
A la fin du film, Andy finit par balancer son téléphone portable à clapet (ô nostalgie) dans une fontaine de Paris de façon ultra dramatique, pour prouver qu'elle est une «vraie» gentille, et qu'elle n'acceptera plus jamais de se faire houspiller par Miranda.
Elle le fait aussi, en partie, pour se réconcilier avec un entourage qui n'a pourtant jamais soutenu ses ambitions.
Mais c'était tout de même un geste cruel. Déjà, ce pauvre téléphone n'avait rien demandé, comme les cannettes de bière qui gisent au fond de la fontaine.
Et puis, en 2026, on va préférer les héroïnes qui gardent leur smartphone (et leur dignité), évitent de polluer les égouts de Paris, sécurisent leur réseau, et bloquent tout simplement les numéros toxiques.
Le management à la cravache
En 2006, le comportement ultra-exigeant de Miranda Priestly était vu comme du «génie en progression».

En 2026, les appels en pleine nuit, les humiliations publiques, les tâches impossibles à exécuter et le mépris total des droits du travail, ça va être un peu plus dur à glamouriser auprès de la Gen Z. On se réjouit déjà de voir les réactions.
Style ou cerveau, il faut choisir
En 2006, Andy débarquait à Runway en mode «Je suis une intellectuelle, la mode c'est pour les débiles». Le snobisme «je lis des livres donc je m'habille mal» est sooo binaire: en 2026, on sait qu'on peut citer Simone de Beauvoir tout en sachant accorder sa ceinture à ses chaussures.
Les rivalités féminines systématiques
Le duel Andy vs Emily, c’était un peu Koh-Lanta version cachemire: il ne pouvait en rester qu’une.
Voir deux femmes brillantes s'écharper pour savoir qui aura le privilège de porter les manteaux de Miranda, c’est le summum du malaise pré-Internet. En 2026, on a compris que le «girl power» ne consistait pas à piquer la place de sa collègue pendant qu'elle est en arrêt maladie, mais plutôt à démissionner ensemble avec fracas pour lancer une chaîne Twitch commune.
Le burn-out, un truc cool
Le premier film nous vend qu'être une pro, c'est ne plus dormir, ne plus manger et ne plus avoir de vie. En 2026, on appellerait juste ça «avoir besoin de vacances et d'un bon syndicat». L'idée qu'il faille souffrir le martyre pour un job de rêve est une tendance que la Gen Z est ravie d'avoir laissée au placard.
La preuve: une partie de la nouvelle génération penche en faveur du «Lazy Girl Job», soit une tendance à choisir des postes à faible niveau stress, souvent en télétravail, offrant un bon équilibre vie pro/vie perso et un salaire décent. Popularisée sur TikTok, cette approche rejette la culture du surmenage, privilégiant la flexibilité et la santé mentale plutôt que l'effort intense. Tout le contraire de ce que prône Miranda Priestly.
Et donc...
Le nouveau Diable va-t-il nous offrir un clash des générations entre les aficionados des «lazy jobs» et les business girls toujours dans le «grind»?
Quoi qu'il en soit, comme tout viewer toxique que l'on est - et après avoir assisté à la rencontre du «Diable» original et son avatar - on se réjouit déjà de voir cohabiter anciens et nouveau «Red Flags».
