Au terme de quatre jours de tournée «quasi royale» en Colombie, Harry et Meghan sont de retour à Montecito, remplis du sentiment du devoir accompli et nourris par les applaudissements d'une foule enthousiaste.
Tournée «quasi royale», précisons, car contrairement à une tournée traditionnelle, les journalistes n'étaient pas les bienvenus. Petite exception faite des médias locaux et d'une journaliste soigneusement sélectionnée du magazine américain Harper's Bazaar.
De cette escapade colombienne, on se souviendra surtout du flot d'images léchées et des nombreux changements de tenues de Meghan - même si l'objectif déclaré des Sussex était de mettre en lumière les «efforts philanthropiques de toute une vie», dixit des sources proches du couple.
Ce n'est pas tout à fait ce qu'on retiendra, nous, de l'article kilométrique consacré au prince Harry par le Times ce week-end. A l'occasion du 40ᵉ anniversaire du duc, le 15 septembre prochain, la très bien informée chroniqueuse Roya Nikkhah a dressé un bilan contrasté des quatre années d'exil en Californie.
Derrière les projets business, philanthropiques et de tournage, ainsi que les petites joies quotidiennes que lui procure sa vie de famille, un point noir plane encore sur l'existence lumineuse du duc de Sussex: sa famille au Royaume-Uni. Bien que Harry répète à qui veut l'entendre son espoir d'une «réconciliation», pour l'heure, tout est au point mort.
A commencer par sa relation avec son père, Charles. Après une tentative infructueuse de retrouvailles en mai dernier, officiellement pour des conflits d'agenda, le Daily Beast rapporte que les relations entre père et fils sont quasiment inexistantes. Pas même un coup de fil de temps en temps. Principale pierre d'achoppement? Les procès successifs intentés par Harry contre le gouvernement britannique, afin de rétablir sa sécurité policière dans son pays natal.
Selon la même source, Charles serait «frustré» par l'acharnement de son fils cadet à poursuivre le ministère de l'Intérieur. Plusieurs médias évoquent également les craintes du roi d'être mis sous pression par Harry afin d'intervenir en sa faveur. Une ingérence dans les affaires du royaume évidemment impensable pour le monarque, qui doit se tenir à bonne distance des affaires de l'Etat.
Du côté de William, c'est pire. «Le permafrost entre l'héritier et son frère cadet ne semble pas prêt de fondre», constate la chroniqueuse Roya Nikkhah. Après les mois de rébellion de son suppléant, l'héritier du trône semble toujours aussi peu enclin au pardon.
Pas faute pour Harry d'avoir récemment multiplié les tentatives timides de contact. Dont la plus notable remonte à mars dernier, après l'annonce publique du cancer de Kate. Selon le Times, lorsque les Sussex ont écrit à William et Kate «en privé» pour les assurer de leur soutien, «le contact n'a pas été réciproque».
William est toujours farouchement déterminé à reléguer son frangin rebelle dans les oubliettes de l'Histoire et le maintenir à l'écart des discussions. «Cette année, il s'est beaucoup concentré sur sa femme, ses enfants et son père», explique un ami. «Son frère n'est pas vraiment un sujet.»
Si bien que leTimes évoque ce dimanche une hypothèse... pour le moins radicale. Lorsque le moment sera venu pour William de monter sur le trône, le jeune roi pourrait être tenté de biffer purement et simplement son cadet de la liste des convives.
En attendant de voir cette supposition se concrétiser, du côté du prince Harry, la suite reste «floue». Père de famille et philanthrope investi, certains se demandent si le futur quadragénaire ne pourrait pas vouloir «plus». «Le travail avec Invictus est formidable et la paternité était le rôle qu’il voulait le plus, donc peut-être que ça lui suffit. Mais tout le reste est un peu flou. J’ai toujours pensé qu’il voulait plus de la vie», relève un ancien assistant au Times.
«Tous ceux qui le connaissent pensent qu'il préférerait être au sommet de la popularité ici, au Royaume-Uni, avec tout le monde qui l'aime, comme c'est le cas avec William et Kate», complète un vieil ami, encore en contact avec le duc de Sussex.
D'autant qu'en ce qui concerne les Etats-Unis, il reste encore un sacré job au prince en exil avant d'espérer atteindre un jour l'aura de sa mère, feu Lady Diana. Un prestige déjà atteint par une autre princesse de Galles, Kate Middleton, qui suscite une véritable frénésie dans la presse et l'imaginaire collectif américain. «Tout le monde veut savoir comment va la santé du roi et de Kate. Harry et Meghan, eux, sont absents des conversations», tranche un conseiller de la famille royale.
Charmer définitivement son nouveau pays et se racheter une réputation auprès de son ancienne patrie. De sacrés défis en perspective pour le prince Harry, à l'aune de cette nouvelle décennie.