Ce que cache la «tournée quasi royale» d'Harry et Meghan
C'est ce qu'on appelle un sens surnaturel du timing. Pendant que Charles et les siens se débattent avec les projections de la grenade Andrew et les retombées toxiques de l'affaire Epstein, Harry et Meghan, eux, savourent leur chance. Tout en se tenant à une soigneuse distance de la crise qui ébranle la Couronne britannique, le duc et la duchesse ont affiché sourire, unité et apaisement ce mercredi, en entamant une visite de deux jours en Jordanie. Une visite aux faux airs de tournée royale.
S'ils n'ont évidemment pas attendu l'arrestation d'Andrew pour planifier ce séjour surprise au Moyen-Orient (sur invitation du patron de l'Unicef himself), le message envoyé par cette première tournée «officielle» à l'étranger depuis près de deux ans n'en reste pas moins fort.
Depuis mercredi, les exilés de la Couronne reconvertis dans la philanthropie n'ont pas chômé: rencontres et activités avec des enfants palestiniens, visites d'hôpitaux et de camps de réfugiés, tables rondes entre plusieurs représentants de l'ONU. Les images, frappantes, n'étaient pas sans évoquer celle de Lady en son temps.
Et comme, dans le monde royal, «bonne action» rime d'abord et avant tout avec «communication XXL», le programme bien rempli des Sussex a été soigneusement documenté par un journaliste de l'agence Press Association, prévenu à l'avance, afin de «mettre en lumière des causes importantes dans la région».
Une chose est sûre: cette visite était un succès, d'autant plus marquant que la famille royale britannique fait face de son côté à une crise majeure. Un sans-faute bienvenu pour les Sussex, qui peinaient à redorer le blason de leur fondation, Archewell, plus habituée depuis cinq ans aux départs d'employés, accusations de financement opaque et déconvenues avec Netflix.
Une visite qui fait grincer
Si, à en croire les informations de People et du Telegraph, la famille royale a été informée du voyage au préalable, par «courtoisie», cela n'a probablement pas empêché quelques grincements de dents du côté de Buckingham Palace. Les Windsor, dotés d'un ego fragile, détestent partager la vedette. Encore plus avec le camp américain.
Ajoutez à cela le fait que la tournée des Sussex présente des similitudes avec celle du prince William en Arabie saoudite, mi-février, et que les Windsor entretiennent chacun depuis des années des relations étroites avec la famille royale jordanienne... Vous êtes sûr de récolter «l'agacement» et la jalousie d'une institution fragilisée.
Selon un sondage Ipsos réalisé au début du mois, mené avant même l'arrestation de l'ex-prince Andrew, le nombre de Britanniques ayant une opinion favorable du roi vient en effet de passer sous la barre des 50%. Quant aux citoyens qui estiment que la famille royale avait bien géré jusqu'à présent le scandale Epstein, ce taux est passé de 37% en novembre à 28% ce mois-ci.
Accoutumés à naviguer dans les basses couches des sondages d'opinion, c'est peu dire qu'Harry et Meghan doivent profiter de cet instant de grâce. Quant à savoir si leurs incursions sur les plates-bandes royales les aideront à se racheter les faveurs de la monarchie... Rien n'est moins sûr.
