Le HC Bienne doit gérer un dossier très délicat
Il est encore beaucoup trop tôt, et il serait même franchement irresponsable et largement exagéré, de parler de crise à Bienne. Et pourtant, il y a bien un éléphant dans la pièce. Un problème que tout le monde devrait voir, mais que personne n’ose vraiment évoquer et qui risque de revenir régulièrement au fil de la saison: Harri Säteri.
Le Finlandais évolue à Bienne depuis 2022. Champion du monde et champion olympique cette même année, il figurait également dans l’équipe de Finlande sacrée championne du monde en 2026, sans toutefois entrer en jeu. Il fêtera ses 36 ans en décembre. Son palmarès impose le respect, interdit toute polémique gratuite et commande au journaliste qui écrit ces lignes de s’incliner aussi bas qu’il le peut.
Et pourtant: pour l’instant, c’est davantage son nom que ses performances qui le met à l’abri des critiques. Face à Gottéron, le but évitable qu’il a encaissé n’a eu aucune conséquence puisque Bienne s’est tout de même imposé 4-2. Mais contre Langnau, un but évitable et un autre qui n’était pas impossible à arrêter ont permis aux Emmentalois d’arracher le 3-3 après 60 minutes. Et lors de la séance de tirs au but, le gardien le plus titré de la Ligue n’a pas été en mesure de voler la victoire pour son équipe. Celui qui l’a fait, c’est Robin Meyer, 26 ans, le portier de Langnau, qui ne compte encore aucune sélection en équipe nationale.
Si Christian Dubé avait décidé d’aligner son numéro 2 Viktor Östlund, il aurait probablement essuyé de sévères critiques. On lui aurait reproché une décision presque insensée: laisser Harri Säteri en tribune pour un match aussi important et chargé d’émotion. D’autant qu’aux yeux de beaucoup, Viktor Östlund n’aurait guère plus que le profil d’un gardien de dépannage.
La question provocatrice finit donc par être posée à Christian Dubé: Bienne n’aurait-il pas, au fond, un problème de gardien dont personne n’ose parler? Harri Säteri, l’éléphant dans la pièce. L’entraîneur biennois ne tombe pas dans le piège et répond avec décontraction:
Soit. Mais le gardien finlandais de Bienne occupe tout de même l’une des six licences étrangères. Or un portier qui mobilise une telle licence doit être, avec constance, l’un des meilleurs de la Ligue. À l’image de Simon Hrubec aux ZSC Lions. Et cela vaut d’autant plus pour une équipe comme Bienne, qui aurait en réalité besoin de six étrangers parmi les joueurs de champ pour espérer évoluer dans la première moitié du classement.
Dès lors, la question mérite au moins d’être posée: cette cinquième saison de Harri Säteri à Bienne est-elle celle de trop?Martin Steinegger se retrouve ainsi face à l’un des dossiers les plus délicats depuis sa prise de fonction comme directeur sportif en 2012. Il devra trouver un nouveau numéro 1 pour la saison prochaine — si possible avec une licence suisse. Ou, à tout le moins, sérieusement envisager s’il ne serait pas préférable d’engager un nouveau gardien titulaire pour le prochain exercice. Si possible, là encore, avec une licence suisse.
