Johan Manzambi a donné un indice précieux à Murat Yakin
C’est une question que l’on pose souvent aux footballeurs les plus complets, à ceux qui sont capables de tout faire au milieu de terrain: à quel poste se sentent-ils le mieux? Souvent, ces mêmes joueurs répondent qu’ils peuvent évoluer dans plusieurs registres et qu’ils se tiennent avant tout à la disposition de leur entraîneur. C’est aussi ce que répétait Johan Manzambi cet été lorsque les journalistes l’interrogeaient sur le sujet. Avec, tout de même, une préférence assumée: celle de numéro 8, dans un rôle de box-to-box. Sa meilleure position, selon lui.
Samedi après-midi face à Tottenham (2-3), Unai Emery l’a pourtant installé dans un registre nettement plus offensif. Et ce choix s'est révélé payant. Auteur d’un but et d’une passe décisive, Manzambi a marqué les esprits. Positionné très haut, au plus près de l’attaquant Nicolas Jackson, le Genevois a parfaitement exploité les espaces et pesé sur la défense adverse. Une prestation qui pourrait bien donner des idées à Murat Yakin et rebattre les cartes avant les quatre prochains rendez-vous de l’équipe de Suisse, programmés entre la fin septembre et le début octobre.
Jusque-là, Murat Yakin a utilisé sa nouvelle pépite dans plusieurs zones du terrain: plus bas au milieu, sur un côté, en soutien de l’attaquant, voire comme deuxième pointe. Mais la prestation de Manzambi (16 sélections, 6 buts) face à Tottenham pourrait l’inciter à revoir ses plans et à se demander s’il ne tirerait pas davantage du Genevois en le rapprochant franchement du but. Par exemple aux côtés de Breel Embolo (suspendu pour le prochain match de la Suisse), dans un rôle libre de deuxième attaquant, où il pourrait bénéficier de liberté pour décrocher, porter le ballon et attaquer les espaces.
Les deux actions décisives de Johan Manzambi, samedi, résument à elles seules l’étendue de son registre. Sur l’ouverture du score, le Genevois attaque la zone de finition et termine l’action à quelques mètres du but, là où un milieu plus classique serait probablement resté en retrait, prêt à exploiter un éventuel deuxième ballon.
Le but de Manzambi avec Villa:
Sur sa passe décisive pour Nicolas Jackson, il montre une autre facette de son jeu. Manzambi négocie parfaitement un long ballon, sert de relais à l’attaquant et l’envoie vers le but. En l’espace d’un match et de deux actions, il rappelle ainsi qu’il sait aussi bien participer à la construction qu’être présent au moment de conclure.
Bien sûr, Murat Yakin n’a pas attendu que Manzambi évolue à Aston Villa pour connaître les qualités de son joueur. Après son doublé face à la Bosnie-Herzégovine, le sélectionneur expliquait déjà que le Genevois était un joueur auquel «il faut laisser de la liberté», précisant qu’il bénéficiait offensivement d’une «totale liberté». Il soulignait également sa capacité à presser, à dribbler et à terminer les actions.
C’est précisément ce que sa prestation face à Tottenham est venue illustrer. Et elle pourrait achever de convaincre Murat Yakin que Johan Manzambi est peut-être encore plus dangereux lorsqu’il évolue haut sur le terrain, au plus près du but adverse. Réponse le 26 septembre, lors du déplacement de la Suisse en Macédoine du Nord.
