La Nati n’est plus la même
L’équipe de Suisse n’a pas toujours existé sur la planète football. Loin de là.
Néanmoins, au 21e siècle, elle a acquis une solide réputation, quand bien même son palmarès demeure vierge.
Depuis 2006, la Nati n’a manqué qu’une compétition majeure: l’Euro 2012. Et elle est, depuis 2014, la seule nation européenne, avec la France, à avoir participé à toutes les phases à élimination directe des grands tournois. Le jeu n’a peut-être pas toujours été à la hauteur, mais les résultats parlent pour eux-mêmes.
Cette belle aventure, la Suisse la doit avant tout à ses joueurs alémaniques. Non pas que le football romand n’ait produit aucun talent: des hommes comme Johan Djourou ou Philippe Senderos ont joué un rôle important en sélection durant cette période faste.
Mais ils pèsent bien peu face aux piliers de l'autre côté de la Sarine que sont Xherdan Shaqiri, Granit Xhaka et Yann Sommer, qui ont généré de la magie durant tant d'années et ont hissé haut les couleurs de la Suisse à l’international.
A ces trois légendes s’ajoutent de nombreux autres cadres, parmi lesquels Stephan Lichtsteiner, Manuel Akanji, Fabian Schär, Haris Seferovic, Hakan Yakin ou encore Breel Embolo. Sans oublier le meilleur buteur de l’histoire de la Nati: Alex Frei.
Le vent est cependant en train de tourner. L’air planant au-dessus de Berne, Lucerne et Zurich souffle désormais en direction du Sud-Ouest.
Ces dernières saisons, le contingent romand en équipe nationale n’a cessé de se renforcer. Ils sont aujourd'hui dix, sur les 25 appelés pour les quatre premiers matchs de la Ligue des nations, à être des «Welsches». Une représentation conséquente au regard du poids démographique de la Romandie.
Sans faire offense à l’excellent Dan Ndoye, chef de file des Romands en sélection ces deux dernières années, il manquait toutefois à la délégation francophone un joueur spécial, celui qui, dans plusieurs années, pourra s’installer à la table des plus grands.
Ce joueur se nomme Johan Manzambi qui, à 20 ans, est non seulement le footballeur suisse le plus cher de l’histoire, mais aussi la recrue la plus onéreuse de l’histoire d’Aston Villa. Son jeu puissant et percutant a fait un bien fou à la Nati lors de la dernière Coupe du monde.
Manzambi est par ailleurs loin d’être un phénomène isolé. Dans son sillage suivent deux autres Genevois: Winsley Boteli (20 ans), appelé à succéder à Breel Embolo en pointe et à réveiller le souvenir de Stéphane Chapuisat, ainsi que Zachary Athekame (21 ans), en feu depuis le début de saison avec l’Olympique Lyonnais.
La Nati pourra également compter dans le futur sur le très technique Alvyn Sanches (23 ans), qui illumine la Super League et dont le transfert vers un grand championnat ne saurait tarder.
Que ces quatre joueurs soient réunis pour la première fois sous le maillot de la Nati au tout début d’un nouveau cycle, et au moment même où, pour la première fois depuis des lustres, ni Shaqiri, ni Sommer, ni Xhaka ne font partie du rassemblement, est un signal clair: les Romands porteront à l’avenir la sélection. Ce sont eux qui permettront à l’équipe de Suisse de franchir de nouveaux caps, comme se qualifier pour les demi-finales d’un grand tournoi.
