Denis Malgin: «Le changement d'entraîneur ne nous pénalise pas»
Denis Malgin, ce Mondial à domicile a quelque chose de particulier, n’est-ce pas?
Oui, cela fait quelque chose à l’équipe. Nous sommes à la maison, en Suisse, à Zurich. C’est une expérience assez grande et plutôt cool, parce que nous ne la vivrons sans doute pas une deuxième fois. Nous avons une très bonne équipe. Nous avons déjà eu beaucoup de succès lors des deux derniers Mondiaux, et nous devons maintenant poursuivre sur cette lancée. Nous nous réjouissons tous et nous sommes très concentrés.
La préparation a été perturbée par l’affaire Patrick Fischer et un changement d’entraîneur. Dans quelle mesure cela a-t-il touché l'équipe?
Je n’étais pas avec la Nati quand tout cela s'est passé, mais on m'en a parlé. Au début, cela a été un choc pour tout le monde, mais nous nous en sommes bien sortis. Depuis que je suis là, ce n’est presque plus un sujet de discussion et la normalité est revenue.
Jan Cadieux était déjà assistant de «Fischi». Sur la glace, quelque chose a-t-il vraiment changé?
Deux ou trois choses, mais pas beaucoup plus. Tout est assez similaire et, dans ces conditions, le changement d’entraîneur ne nuit pas du tout à nos automatismes.
Pour vous, ce tournoi est encore plus qu'un Mondial à domicile, puisque la Nati joue ses matchs à Zurich.
Exactement. Je suis chez moi, mais cela fait quand même un peu bizarre. Même si je suis à la maison, je dois m’habituer à dormir à l’hôtel et à ne pas voir ma famille. Au final, nous sommes ici pour jouer au hockey et c’est notre priorité.
En quoi le fait de devenir père vous a-t-il changé?
J’ai toujours eu de la facilité à tourner la page après les défaites, mais maintenant, c’est encore plus marqué: quand je rentre à la maison, je suis avec mon fils et je ne pense à rien d’autre.
Votre épouse est originaire de Suède, vous êtes de nationalité suisse, mais vos parents viennent de Russie. Quelle langue parlez-vous à la maison?
Nous élevons notre fils dans trois langues. Ma femme lui parle suédois, moi russe, et à la crèche il apprend l’allemand. Je me suis dit que si je pouvais lui transmettre une langue, autant le faire. Pour lui, ce sera vraiment génial plus tard. Tant que cela ne devient pas trop lourd pour lui, nous essayons donc de faire ainsi. Et jusqu’ici, il s’en sort super bien.
Sur la glace, Sven Andrighetto est votre partenaire idéal. Qu’est-ce qui vous rend si forts ensemble?
Nous nous comprenons très bien sur la glace. Cela a tout de suite fonctionné, même si nous n’avions jamais vraiment eu de contact auparavant. Nous avons tous deux une bonne vision du jeu, nous savons garder le puck et parfois faire la passe supplémentaire. Je crois que c’est ça.
Sans votre partenaire d’attaque, Zurich a été éliminé en play-offs contre Davos et vous n'avez pas inscrit le moindre point en cinq matchs...
Bien sûr, un tel joueur manque à l’équipe lorsqu’il est absent. C’est peut-être pour cela que nous avons été éliminés et que je n’ai pas inscrit de point. Mais en même temps, j’ai eu des occasions que je n’ai tout simplement pas concrétisées.
Comment voyez-vous votre rôle au sein de la Nati, avec toutes ces stars de NHL autour de vous?
J’essaie aussi d’être un leader. Nous avons un groupe très cool, dans lequel chacun peut apporter quelque chose. J’essaie de montrer l’exemple sur la glace et de donner le plus possible à l’équipe, comme je le fais aussi avec Zurich.
Lors des Jeux olympiques, vous vous êtes blessé au deuxième match. Y repensez-vous encore avec déception?
Bien sûr, cela m’a fait très mal que mes Jeux olympiques se soient terminés si tôt. Quand la saison sera terminée, je me dirai sûrement que ça aurait été sympa de jouer davantage, mais pour l’instant, je n’y pense pas. On a encore un temps fort devant nous avec ce Mondial, alors je regarde uniquement vers l’avant.
Quel est votre objectif personnel?
Je veux jouer chaque match à mon meilleur niveau et ensuite nous verrons où cela nous mènera.
(Traduction et adaptation en français: Bastien Trottet)
