Cette innovation de la RTS au Mondial est super
Les interviews d'après-match avec des sportifs ne sont, disons-le franchement, de loin pas toujours très intéressantes. Entre langue de bois des athlètes et questions fades des journalistes, on s'embête régulièrement. Mais pas sur la RTS après les rencontres de la Nati.
Grâce, d'abord, aux questions incisives et pertinentes de l'intervieweur attitré, Olivier Dominik. Il n'hésite pas, par exemple, à aborder des sujets sensibles (la question sur la célébration polémique de Granit Xhaka après son but contre la Bosnie, entre autres). Et, ensuite, à une innovation de la chaîne publique romande pendant ce Mondial.
A la fin des matchs de cette Coupe du monde, après les questions plus traditionnelles, Olivier Dominik a montré aux buteurs de la Nati qu'il interviewait des vidéos particulières: la réaction des supporters dans les fan zones en Suisse, qui ont suivi leurs goals. C'était le cas notamment avec Dan Ndoye ce dimanche, après le quart de finale contre l'Argentine, et Johan Manzambi après la victoire contre la Bosnie le 18 juin.
Dan Ndoye regarde la réaction des supporters en fan zone après son but contre l'Argentine 📺
Elle permet de créer un lien supplémentaire et émotionnel entre l'équipe de Suisse et ses fans. C'est d'autant plus important lors d'un tournoi comme la Coupe du monde, où la sélection vit recluse pendant plus d'un mois dans son hôtel, son centre d'entraînement et même durant les trajets au stade. Qui plus est de l'autre côté de l'Atlantique, avec la distance et le décalage horaire.
Il est aussi toujours intéressant de constater le recul qu'ont les footballeurs (ou non) sur leur métier et sa finalité. Même s'il était forcément déçu de l'élimination, Dan Ndoye avait ce recul dimanche:
Pour les téléspectateurs, ce genre de séquence est rafraîchissant. Et c'est également bien joué d'un point de vue journalistique: en suscitant des émotions positives chez les footballeurs, le journaliste détend l'interview. Conséquences: leurs langues se délient et offrent ainsi des informations intéressantes. C'est aussi une bonne manière de mettre en confiance l'athlète et de lui redonner le sourire, même après une grosse désillusion comme celle de dimanche. Sans devoir faire dans le mielleux. De quoi, aussi, soigner les contacts avec les membres de la Nati.
Olivier Dominik avouait d'ailleurs à la fin de sa discussion avec le buteur suisse contre l'Argentine:
Avec l'élimination de la Suisse, on n'aura plus droit à ces interviews innovantes pendant ce Mondial. Mais on se réjouit déjà de les retrouver à l'Euro 2028 au Royaume-Uni et en Irlande.
